Henri Matisse

Henri Matisse
Henri Matisse – Femme à côté d’un échiquier, 1928.

Matisse est fréquemment considéré, aux côtés de Marcel Duchamp et Picasso, comme l’un des trois artistes qui ont contribué à définir l’évolution révolutionnaire dans les arts plastiques durant les premières décennies du XXe siècle. « Il faut regarder toute la vie avec des yeux d’enfants », disait-il. Femme à côté d’un échiquier illustre une des façons d’utiliser le motif échiquéen en peinture : l’alternance des cases noires et blanches fournit à l’artiste un élément décoratif, l’échiquier est alors utilisé comme contrepartie visuelle au jeu des autres couleurs du tableau.

Le petit roi s’en ira tout penaud

Échecs et Folie

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Né à La Nouvelle-Orléans en 1837, Paul Morphy s’imposa en quelques mois comme l’un des plus extraordinaires champions qu’ait connu le jeu d’Échecs ; en 1857, il remporta le premier championnat des États-Unis et, au cours des deux années suivantes, il rencontra en Europe tous les forts joueurs de l’époque, dont il triompha de superbe manière, faisant montre d’une profondeur de conception et d’un niveau de jeu très en avance sur son temps. Seul l’Anglais Howard Staunton se déroba à un match contre le jeune américain. Le Chess Monthly, en décembre 1857, affirmait que « son génie, sa modestie et sa courtoisie l’ont rendu agréable à toutes les personnes rencontrées ». En 1859, ce dernier lança un défi aux joueurs du monde entier, défi que nul ne releva, et il abandonna alors la pratique du jeu de haute compétition.

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The Louisiana Retreat à la Nouvelle Orléans

C’est plusieurs années plus tard, vers la quarantaine, que les troubles mentaux apparurent. Il accusait sans raison son beau-frère de tenter de le spolier de son héritage, le provoquant en duel. Morphy était un bon épéiste et il faut dire que le duel, dans ces années-là et dans la culture créole, était encore un moyen pas si extraordinaire de résoudre un conflit. Craignant l’empoisonnement, il refusait toute nourriture qui n’avait pas été préparée par sa mère ou sa sœur. Déprimé, Morphy passait son temps à déambuler dans le quartier français de la ville, parlant avec des personnes imaginaires, agressant à plusieurs reprises ses amis. Sa famille se résout à le faire interner au Louisiana Retreat, établissement pour les faibles d’esprit comme il était dénommé alors. Les soins eurent sans doute qu’une efficacité modérée, car il continua à manifester des peurs irraisonnées envers les barbiers qu’il soupçonnait de vouloir lui trancher la gorge et on le vit souvent quitter leurs boutiques brusquement, en proie à une grande terreur, le visage encore couvert de mousse. Le tableau clinique, ainsi que l’âge d’apparition des troubles, laisse croire que Paul Morphy sombra peu à peu dans un délire paranoïaque.

Autre époque, autre style…

Le Bonheur Fantôme

Un clic pour écouter.

Ce titre est extrait de l’album : Le Bonheur Fantôme, Camille Bazbaz
Année de sortie : 2007  |  Label : Sony BMG Music

Les Échecs

J’ai avancé mon fou
Pour te prendre ma reine
Attendre me rend fou, je vais tenter le coup
J’ai avancé mon fou
Et je ne veux pas perdre
A part toi tout le reste, le reste je m’en fous

J’ai avancé mon fou pour t’arreter net
Te stopper ma reine dans ta jolie retraite
J’attend ton prochain coup de fil
Et de tonnerre
Je sais c’est encore flou
L’amour c’est pas très net

Les échecs , ah ! ah !
Chérie , cherie , ca me connait
Les échecs , ah ! ah !
C’est mon jeu préféré ,préféré

J’ai avancé mon fou
Pour t’empêcher ma reine
D’aller te coucher près de ton cavalier
Prise dans la diagonale d’un amour digital
Tu n’auras d’autres choix que d’être mon idéal , idéal

Tu connais tous les coups
Je connai tous les cas
Oh mais celui la en tout cas
Il est pour toi et moi
Ce qui va se passer la partie terminée
Pieds et points liés, les déssont jetés , jetés

Les échecs ah ! ah !
Chérie , chérie , ca me connait
Tu sais les échecs ah ! ah !
C’est mon jeu préféré , préféré
Les échecs ah ! ah !
Chérie , chérie , ca me connait
Tu sais les échecs ah ! ah !
C’est mon jeu préféré, préféré

Art divinatoire

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Husraw Ier et son vizir Buzurdjmihr. Firdawsî, Shâh-nâma. Iran, Shîrâz, XVe siècle

L’échiquier primitif de l’ancien jeu indien est un diagramme unicolore de soixante-quatre cases. Dans l’Inde védique, une telle figure géométrique est déjà employée par les brahmanes pour établir les plans des temples et des cités. Les quatre cases centrales incarnent la résidence de Brahma, le dieu créateur, les soixante autres celles des dieux secondaires du panthéon hindou.

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Les jeux de plateaux à l’origine étaient sans doute des instruments magiques et divinatoires, permettant aux prêtres de prédire l’avenir, annonçant l’issue victorieuse ou funeste d’une bataille à leur suzerain. « En dirigeant la chute d’objets sur un plan de divination, les dieux pouvaient communiquer avec les mortels, proposent David Hooper et Kenneth Whild dans leur Oxford Companion to Chess. Plus tard, les dés ont été ajoutés pour désigner impérativement les pièces à bouger et ainsi révéler davantage des intentions divines. Puis un sacrilège a eu l’audace de convertir le procédé en jeu, éliminant peut-être les dés à ce moment-là. C’est sans doute cette personne qui, ayant sécularisé le rite religieux, a le plus droit au titre d’inventeur du jeu d’Échecs ».

La Peste Noire

Joseph Henry BlackburneUn des personnages le plus curieux de l’histoire de notre jeu fut sans doute Joseph Henry Blackburne (1841-1924). Homme de caractère fort et changeant, passant de l’irritation à la dépression très facilement, acteur d’une série d’anecdotes qui lui valut le surnom de La Peste Noire ! Pour en avoir une idée, il suffit de dire que, après avoir perdu un match contre Steinitz, il se jeta par la fenêtre par désespoir d’avoir perdu. La bonne nouvelle était que l’on était au rez-de-chaussée, l’événement n’eut donc pas des conséquences funestes. Une autre anecdote afin d’évaluer l’autre extrémité de sa personnalité fantasque : au cours d’une simultanée donnée à l’Université de Cambridge, les étudiants pensèrent qu’il serait plus facile à battre en laissant une bouteille de whisky et un verre à chaque extrémité de la table. À la fin de la session, Blackburne avait bu les deux bouteilles et remporté tous les matchs en un temps record.

Une autre anecdote, probablement apocryphe, raconte que dans une simultanée, concentré et nerveux, il boit le verre de whisky de l’un des participants. Après le match, il déclare que son adversaire lui ayant mangé un pion « en passant » et que, incidemment, il avait, lui, bu son whisky « en passant ». Toujours, il a soutenu la théorie selon laquelle boire du whisky améliorait la qualité de jeu parce que « l’alcool éclaircit l’esprit. » Fidèle à ses idées, toute sa vie, il a tenté de prouver cette théorie toutes les fois qu’il le pouvait par des cuites sévères, qui furent nombreuses durant ses 83 années de vie.

Voici la partie Zukertort – Blackburne « L’immortelle » Londres, 1883 où Blackburne ne s’était sans doute point assez éclairci l’esprit :

Joseph Henry Blackburne

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Les Blancs au trait. Que joueriez-vous ? Un clic pour la partie. 

Johannes Hermann Zukertort 

Le jeu d'Échecs et ses rapports avec les arts, les sciences humaines, la politique, le quotidien…