Le coup de l’échiquier

quatre fils Aymon échecs
Les quatre fils Aymon de Huon de Villeneuve (auteur présumé du texte), 1483-1485

Renaud est l’un des quatre fils d’Aymon de Dordogne du noble lignage des grands vassaux de l’empereur Charlemagne. Deux de ses frères, Girard de Roussillon et Beuves d’Aigremont, se sont révoltés contre l’autorité impériale. Le prologue de la chanson raconte la révolte de Beuves, trouvant que l’effort de guerre infligé aux grands vassaux est inique. Il fait sécession, grave manquement vassalique. Aussitôt, un ambassadeur impérial est dépêché à sa cour pour l’obliger à remplir ses obligations militaires. Beuves accepte de faire allégeance et se rend à la cour de l’empereur. Mais en chemin, il tombe dans un guet-apens mortel. Ses frères se vengent en dévastant les terres impériales, c’est la faide (vengeance légale), puis ils se réconcilient avec Charlemagne. Aymon parvient à retrouver son rang à la cour et à faire adouber ses quatre fils. Mais, après la cérémonie, Renaud tue un neveu de Charlemagne, lors d’une querelle d’échecs. Pour échapper à la peine capitale, il décide de s’enfuir avec ses trois frères dans la forêt d’Ardenne.

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Echiquier, verre, et plat

Juan  Gris échecs
Juan  Gris (dit), Gonzales Perez Jose Victoriano – Echiquier, verre, et plat, 1917  Philadelphia Museum of Art

José Victoriano Carmelo Carlos González-Pérez, connu sous le nom de Juan Gris, (1887 – 1927), était un peintre espagnol proche du cubisme. Il s’installa en France à partir de 1906, à dix-neuf ans. Il gagna sa vie alors comme illustrateur pour de célèbres revues françaises (L’assiette au beurre, Charivari, Le cri de Paris, etc.) et espagnoles. Il produira ainsi pour la presse plus de 700 dessins, le plus souvent humoristiques ou satiriques, mais se consacrera exclusivement à la peinture à partir de 1911. Il sut renouveler l’esthétique cubiste, lui apportant une dimension à la fois intellectuelle, sensible et intuitive.

Il utilisa le motif de l’échiquier dans quelques-unes de ses œuvres.

Échiquier, 1917

Un modèle de président

Nancy Berg échecs
Nancy Berg, 1956 – Pthopgraphie de Inge Morath, Magnum

Nancy Berg, modèle et actrice américaine, née en 1931, commença sa carrière, après s’être enfuie de chez elle à 16 ans, dans des publicités télévisées pour les appareils ménagers. Le 4 août 1954, le chroniqueur Leonard Lyons la décrivait comme un « modèle à prix élevé » qui rapporte quarante dollars de l’heure. Le jeu n’est pas un élément du décor, passionnée des échecs, elle fut la présidente de l’Actors Studio Chess Club.

    Nancy Berg échecs    Nancy Berg échecs

Avec son mari, l’acteur Geoffrey Horne – Dino Jarach, 1958 et photographiée par Anthony Calvacca en 1955

La partie d’échecs de Gustave Singier

Gustave Singier échecs
Gustave Singier – La partie d’échecs, 1941

Gustave Singier (1909 – 1984), peintre, graveur et lithographe non-figuratif français d’origine belge. Singier a réalisé de nombreux cartons de tapisserie et des vitraux, des mosaïques, des costumes et décors (notamment pour le TNP de Jean Vilar et l’Opéra de Paris). Il a illustré de ses gravures ou lithographies plusieurs livres.

Les projets de Man Ray

Man Ray échecs dessin
Man Ray – Graphite sur papier 34,9 x 43,2 cm, 1920, Metropolitan Museum of Art

Comme de nombreux artistes dadaïstes et surréalistes, le jeu d’Échecs fut pour lui une métaphore de la création artistique. Les motifs échiquéens sont récurrents dans les œuvres de Man Ray, peintures, photographies et objets. Dès 1920, il en esquisse quelques modèles. Ceux-ci, je crois, ne resteront que sur le papier.

Man Ray échecs dessin
Emmanuel Radnitsky, dit Man Ray – Dessins pour pièces d’échecs, 29 x 40 cm

Le jeu d'Échecs et ses rapports avec les arts, les sciences humaines, la politique, le quotidien…