Chessboxing

Chessboxing

La Trilogie Nikopol est vraisemblablement la plus célèbre des œuvres d’Enki Bilal. Débutée avec La Foire aux Immortels en 1980, ce fabuleux récit d’aventure et d’anticipation s’est poursuivi avec La Femme Piège en 1986 et achevé avec Froid Équateur en 1992. Jill Bioskop, journaliste indépendante aux cheveux bleus, retrouve Nikopol dans un hôpital psychiatrique, où il a échoué après sa « séparation » d’avec Horus. Le héros se livre à une compétition de chessboxing. Depuis qu’Enki Bilal a introduit l’idée, la discipline a été expérimentée dans la réalité. Lepe Rubingh, un artiste hollandais, a organisé le premier combat en 2003. Au fil des années, le chessboxing est devenu un sport à part entière, avec ses propres règles, son championnat du monde et d’Europe et ses premiers clubs.

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De Ludo Scachorum

De Ludo Scachorum ou Le jeu d’Échec fut écrit par Luca Pacioli, mathématicien et franciscain du XVIe siècle. Ce dernier fut un ami et un collaborateur de Léonard de Vinci. Certains experts estiment que Leonardo a peut-être aidé à dessiner les pièces élégantes qui illustrent ce manuel. Pourtant, bien qu’une telle possibilité suscite l’enthousiasme des amateurs d’Échec, Martin Kemp, professeur émérite à Oxford d’histoire de l’art, se montre un peu plus sceptique : « Il n’y pas pas la moindre chance que ces dessins soient le fait de Léonard. » Toute similitude est exagérée à son sens et les ressemblances absolument pas réalistes eu égard aux travaux attribués à Léonard. La « redécouverte » de ce codex de 48 pages aurait eu lieu en décembre 2006. Il aurait été acquis dans les années soixante, perdu parmi les nombreux livres médiévaux de la bibliothèque de la Fondation Coronini Cronberg Gorizia de Venise.

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De ludo scacchorum de Luca Pacioli.

De Ludo ScachorumLuca Bartolomes Pacioli, dit Luca di Borgo (v.1445 à Borgo Sansepolcro en Toscane – 1517 à Rome), est un franciscain italien mathématicien et fondateur de la comptabilité. En 1497, il accepte l’invitation du duc Ludovic Sforza pour travailler à Milan, où il rencontre Leonardo da Vinci. Leurs chemins semblent se séparer vers 1506. Franco Rocco pense, lui, quel les diagrammes sont de Da Vinci. Il travaillait alors avec le franciscain, ils étaient amis proches et collaborateurs au service du duc de Milan. Les pièces, à la superbe élégance, toutes proportionnée au nombre d’or que Léonardo utilisait essentiellement à cette période, évoquent la main du maître. L’étude du manuscrit semble révéler que les textes et les diagrammes furent écrits par des mains différentes. En 1499, lorsque l’armée française envahit le duché de Milan, les deux amis se réfugient à Mantua sous la protection de la Marquise Isabella d’Este. C’est là que Luca Pacioli dédicace son livre De ludo scachorum, manuscrit qui explique les nouvelles règles de notre jeu, au moment où les mouvements de la Dame et du Fou changent pour devenir ceux que nous connaissons aujourd’hui. Le livre contient des problèmes qui peuvent être résolus en utilisant les anciennes ou nouvelles règles. Les pièces furent sans doute dessinées par Léonardo.

Alekhine contre un officier nazi

Cette anecdote est tirée du film La Blanche Neige de Russie (Белый снег России) de 1980 d’après le livre Blancs et Noirs du Grand Maître Alexandre Kotov sur une période de la vie d’Alexander Alekhine, de 1927 quand il ravit la couronne à Capablanca, jusqu’à sa mort dans la triste chambre de l’hôtel Palace d’Estoril au Portugal. En 1943, Alekhine donne une simultanée à l’aveugle à Prague contre des officiers nazis. En cette année, les troupes allemandes subissent leurs premiers revers militaires et la situation n’est plus propice pour organiser des tournois utilisant la figure du champion à des fins de propagande. Alekhine, affaibli par une hospitalisation suite à une scarlatine, est convalescent et souhaite quitter les territoires sous contrôle allemand pour gagner la péninsule ibérique. Les Allemands acceptent à condition qu’il donne une simultanée pour les officiers de la Wehrmacht. Alekhine, fatigué, y consentit à la condition que, se sentant trop faible pour déambuler devant les échiquiers pendant de longues heures, ce soit à l’aveugle.

La Blanche Neige de Russie de Yuri Vishinski, scénario Alexander Kotov.

Un Général Allemand
alekhine1Alekhine

— J’abandonne, dit l’officier, je ne peux pas me défendre du mat en h8. Si je joue 1. .. g6 suivra 2. Qh7+ Kf8  3. Qh8+! Bxh8  4. Rxh8 mat.

— C’est bien, dit Alekhine, je vais jouer avec vos pièces noires. Et il commence à jouer : 1. .. Rh4.

Les personnes présentes sussurraient à l’oreille du Général de prendre la tour avec le Cavalier et non avec la Tour.

— Comme si je ne voyais pas qu’il me donnera le mat si je prends avec la Tour ! Après 1. .. Rh4  2. Nxh4  Qc3

Le nazi reste pensif puis de nouveau abandonne, indiquant que 3. Kc1, Qa1+  4. Kd2 Qxh1 et le Cavalier est perdu…

— Vous vous trompez, dit Alekhine, donnez-moi à nouveau les Blancs…

Et l’Allemand joua 1. .. Rh4 et Alekhine contesta 2. Nh4, Qc3  3. Qh8+!!  Kxh8  4.Ng6+ double Kg8  5.Rh8 mat.

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Le créateur éternel

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Jeu d’Échecs intitulé Hommage à Marcel Duchamp conçu par Salvador Dali.

Jeu d’Échecs intitulé Hommage à Marcel Duchamp  conçu par Salvador Dali entre 1966 et 1970 et moulé par F. J. Cooper. Toutes les pièces, sauf la reine et les tours, ont été coulées à partir des propres doigts de Dali. La reine est moulée à partir du pouce de sa femme Gala et il utilisa la salière de l’Hôtel St Régis de New York pour les tours. Les souverains sont couronnés d’une dent et les salières par le moulage d’un téton de Dali. Ce mélange quelque peu macabre crée une sculpture à l’étrange résonance.

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Quant aux explications de Dali : « J’avais un concept précis et pourtant symbolique. Aux Échecs, comme dans les autres formes de l’alchimie humaine, il y a toujours le créateur, par-dessus tout, l’artiste en tant que créateur. Ce que je voulais représenter : la main de l’artiste, le créateur éternel. Comment mieux exprimer cette vision que par la sculpture de ma propre main, de mes doigts ? »

Interrogé par F.J .Cooper :
Pourquoi les dents ? Dali répondit :
Pourquoi pas ?

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L’art est difficile… et les Échecs aussi – Salvador Dali

Karpov et Dali

Karpov Dali
Anatoly Karpov photographié avec Salvador Dali  dans un restaurant new-yorkais en 1979.

Karpov se souvient de sa rencontre avec le peintre surréaliste Savador Dali : « Je ne vis cette photo qu’il y a une douzaine d’années. Elle fut prise presque par accident par un des participants à ma seule rencontre avec cet artiste, trente-cinq ans auparavant. J’étais à New York, sur le chemin de retour d’un tournoi en Amérique du Nord (probablement le supertournoi de Montréal 1979, où Karpov a terminé à égalité au premier rang avec Mikhail Tal) pour une série d’exhibitions.

Les organisateurs du tournoi connaissaient l’intérêt de Dali pour les Échecs et quand ils apprirent que j’étais aussi intéressé par son travail… le résultat fut que nos chemins devaient tout simplement se croiser dans l’un ou l’autre des restaurants du centre-ville pour notre plus grand bénéfice à tous deux.

Nous pûmes communiquer en anglais que je maîtrisais maintenant et, de son côté, Dali vivait aux États-Unis depuis quelques années. Malgré ma jeunesse — j’avais vingt-huit ans —, Dali ne montra aucune arrogance. Nous parlâmes d’égal à égal. La différence entre nous, qui ne pouvait pas nous aider, était tout autre. Imaginez : Salvador était accompagné par deux de ses fans, deux dames extrêmement chics, alors que moi, j’étais chaperonné d’un officier du KGB. C’était normal à l’époque. Par exemple, quand peu de temps avant sa mort, Mikhail Tal m’aida lors de mon affrontement contre l’indésirable Viktor Korchnoi à Baguio, la menace d’emprisonnement qui pesait sur lui fut levée. Il était fini si je perdais. Cela semble exagéré, mais c’était ce genre de fardeau que nous devions porter durant ces années.

Nous parlâmes bien évidemment de peinture. Ma bibliothèque comportait une vaste collection de reproductions de son travail, de sorte que je connaissais bien le sujet. Lui, par contre, n’avait pas la moindre idée sur les Échecs — il savait simplement que j’avais gagné un championnat du monde et me posa quelques questions purement techniques. Bien sûr, nous avons parlé de sa vie. Dali était une personnage extraordinaire à l’image de ses œuvres avec une vie riche d’épisodes intéressants.

Je m’attendais qu’il montra un intérêt pour la Russie — après tout, une de ses épouses, Gala (Elena Diakonova) était russe. Il me demanda d’où j’étais et quand je répondis du sud de l’Oural, cela clôt sa curiosité pour la Russie. Par ailleurs, disait-on, l’on devait remercier son épouse russe de certaines de ses extravagances choquantes de sa vie. J’étais prêt à tout, car je connaissais certaines histoires sur la façon dont Salvador pouvait accueillir ses invités dans son château. En particulier comment un Dali nu avait galopé derrière le compositeur soviétique Aram Khatchatourian sur l’accompagnement tonitruant de la Dance du Sabre. Le pauvre Khatchatourian avait attendu deux heures pour cette entrée et sortie dramatique pour se faire annoncer aussitôt par le majordome que l’audience était terminée. J’avais la chance que nous étions dans un restaurant où il lui serait difficile de se livrer à des fantasmes similaires.

L’original de cette photographie fut vendu plus de 600 dollars sur eBay. Ce fut vraiment un moment historique. À l’époque, je ne me rendais pas souvent aux États-Unis (c’est un euphémisme) et Dali avait déjà cessé de voyager à travers le monde. Ce fut donc notre première et seule occasion de nous rencontrer. »

Dmitry Sokolov

Le jeu d'Échecs et ses rapports avec les arts, les sciences humaines, la politique, le quotidien…