Un roi sage

roi echecs moyen-âge cologne
Roi allemand en ivoire de morse (1300-1320) – © Victoria and Albert Museum, Londres

Au début de la période gothique, les pièces avaient déjà pris forme humaine. Ce roi assis, sans doute fabriqué à Cologne, est installé sur son trône à haut dossier. Il porte une couronne basse et un long manteau par-dessus une robe et tient un sabre gainé dans sa main droite. Les deux mains sont gantées et il tire l’attache de son manteau avec son pouce gauche, suggérant une autorité monarchique et une sage réflexion. Le trône est décoré sur les côtés et à l’arrière avec de simples motifs en losange.

Les ateliers de Cologne avaient une longue tradition de sculpture sur l’ivoire de morse et des pièces d’échecs y étaient encore fabriquées dans la seconde moitié du XIVe siècle, dans un style moins évolué par rapport à cette pièce.

Règle du jeu

On pourrait imaginer qu’au niveau d’un championnat du monde, les joueurs connaissent la règle du jeu. Imaginez l’émotion de l’arbitre O’Kelly au cours de la rencontre Korchnoi-Karpov à Moscou en 1974, lorsque Korchnoi, feignant l’indifférent, lui posa cette question de débutant :
Peut-on roquer quand la Tour est attaquée ?
Oui, répond l’arbitre étonné.
Cela ne m’était jamais arrivé auparavant, explique Korchnoi, penaud.

Les Échecs de Wladislaw Safronow

Wladislaw Safronow – Les Échecs, huile sur toile

Deux versions du peintre ukrainien Wladislaw Safronow, né en 1966 et résidant aujourd’hui en Allemagne, appartenant à sa série « Mystères ordinaires » offrant une grande diversité thématique, dans laquelle figurent les icônes de la littérature universelle, comme Don Quichotte, des scènes de cirque, des musiciens ou des personnages dans des activités quotidiennes telles que jouer aux échecs.

Son art a quelque chose de kabbalistique, en ce sens que ses œuvres sont pleines de symboles, de signes étranges et de textes parfois indéchiffrables qui semblent suggérer un sens caché. C’est peut-être pour cette raison que l’artiste appelle l’ensemble de son travail « Nouvelle mythologie ».

Matrone royale

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Reine assise d’origine allemande ou scandinave, fin du XIIIe, début du XIVe siècle – Glasgow Museums, Gothic Ivories Project

Reine couronnée sur son trône à décor feuilleté, encadrée de deux soldats en armure, tenant épées et boucliers à fleur de lys, et de ses dames de compagnie.

Une imposant matrone royale, superbement sculptée, mais nous sommes loin de la beauté hiératique et énigmatique des dames de Lewis, un siècle plus tôt.

Le roi n’est jamais pris

Illustration de John Tenniel
pour «Through the Looking Glass and what Alice found there » de Lewis Carroll.

« Apprends que même au jeu d’échecs, le roi n’est jamais pris ! », lança Louis VI le Gros dit le Batailleur, en fendant le crâne de l’archer qui croyait le tenir lors de la bataille de Brémule en 1119 contre les anglo-normands de Henri I. Il abandonnera tout de même sa bannière, puis son destrier !

Profondeur échiquéenne

La leçon d’échecs de Catherine Gout, dessinatrice et spéléologue réalisée dans le gouffre de Padirac en 2009.

Au cours d’une expédition qui dura huit jours, du 24 au 31 octobre 2009, pour célébrer « l’anniversaire des 120 ans d’exploration d’une nuit éternelle, à qui aucun rayon de soleil ne viendra jamais chercher querelle. »

Les Blancs perdent

Poetagráfico se décrit ainsi : « Société philosophique dédiée à la poésie dans des territoires plus proches, utilisant la communication visuelle comme un véhicule poétique et ludique ». Groupe de poésie visuelle qui élabore collectivement des numéros thématiques, libres de droit, sur différents aspects de la vie quotidienne. Le numéro 10, intitulé Blancas pierden (Les Blancs perdent), est dédié « aux gouvernants et gouvernés. Choisissez, Cher Lecteur, le jeu auquel vous préférez jouer. »

Le résultat n’est pas sans humour, mais si les auteurs sont sans doute des poètes, ils ne sont pas joueurs d’échecs, car ils semblent ignorer les deux principes de bases : une case blanche à main droite et la Q sur sa couleur.

Insomnie

Goodnight Mr. Bean est le treizième épisode de la série télévisée britannique Mr. Bean, créée par Rowan Atkinson et Richard Curtis, diffusée de janvier 1990 à décembre 1995 sur le réseau ITV. Elle met en scène le personnage de Mr Bean, créé par Rowan Atkinson alors qu’il était à l’université. Il s’agit, comme le décrit son créateur, d’un « enfant dans le corps d’un adulte » pour qui tout événement de la vie de tous les jours devient une source d’ennuis et prend parfois des proportions insoupçonnées. Il se caractérise également par sa tendance à trouver une solution totalement improbable à ses problèmes. Les treize épisodes d’une demi-heure, produits par Tiger Aspect, la compagnie d’Atkinson, furent vendus dans 94 pays. Aux Etats-Unis, Mr. Bean sauva, grâce à ses taux d’audience records, la chaîne publique PBS. Belle revanche pour cet artiste dont les débuts de Rowan Atkinson ne furent pourtant pas couronnés de succès : un one-man-show, qu’il monta à Broadway en 1986, avait été interrompu par manque de spectateur.

Carnets de voyage

Les superbes calligraphies et dessins de José Naranja.

« Il était une fois un si bon joueur d’échecs qu’il perdait toutes ses parties. Son esprit brillant pouvait anticiper de nombreux coups de ses rivaux. Mais son corps était si rempli d’inquiétude qu’à la fin, il abandonnait, ne considérant que les coups gagnants de ses adversaires. Il jouait quelques coups, puis abandonnait. Toujours de la même façon. Non seulement, il ne gagna jamais une partie, mais il ne sut jamais apprécier le jeu.

Comme dans la vraie vie, s’inquiéter trop et ne voir que le pire, paralyse. Nous devons laisser la vie s’écouler librement. »

José Naranja, ingénieur aéronautique madrilène, a une passion pour les voyages qu’il consigna tout d’abord dans de légendaires carnets de moleskine. Comme les autres voyageurs, Naranja y collectionne timbres et autres éléments des pays visités, mais les accompagnant d’une calligraphie exquise, d’une décoration et d’une illustration riches de superbes détails colorés, les transformant en de véritables œuvres d’art.

Au fil du temps, Naranja perfectionna son travail, fabriquant désormais ses propres cahiers, en choisissant les papiers qui répondent le mieux à ses idées et en expérimentant sans cesse avec des encres, des stylos et des pinceaux. Cuadernear* est le néologisme que Naranja a inventé pour décrire son activité.

* Cuaderno : carnet en castillan.

Le jeu d'Échecs et ses rapports avec les arts, les sciences humaines, la politique, le quotidien…