Archives de catégorie : Télé-Échecs

Bob et Bobby

Le 5 octobre 1972, Robert James Fischer, un mois et quatre jours après son sacre à Reykjavik, passa à l’émission de télévision de Bob Hope et fut salué comme ce qu’il était : le nouveau héros du rêve américain. On y découvre un Bobby sachant encore rire de lui, loin du barbu hirsute et échevelé, éructant sa haine contre son pays et les Juifs.

The Bob Hope Special television show. Traduction de Philippe Laplace.

HOPE. — Ladies and gentlemen since the time is about to expire, I’m declaring myself the winner, which I’ve just done by laying down my opponent’s king. This symbolically says ‘The king is dead !’
FISCHER. — Not yet, he isn’t!
HOPE. — You are too late. I’m the new champ !
FISCHER. — Oh, you are funny !
HOPE. — Ok, I’ll give you a break, I’ll let you lose gracefully.
FISCHER. — There are no cameras, are there ?
HOPE. — No, it’s just as we agreed… Are you comfortable ?
FISCHER. — Yes, thank you.
HOPE. — How about the noise, does it bother you ?
FISCHER. — No no, that’s why I like it here, the audience is so quiet.
HOPE. — Bob you’re incredible, you know, you’re world champion you’re only 29, you beat men a lot older than yourself.
FISCHER. — It’s not because a man is older this means he’s smarter.
HOPE. — Now I know why Spassky got sick… Is it true Bobby that chess develops the mind ?
FISCHER. — I suppose so, but you don’t need it, you have one of the sharpest minds I’ve ever encountered.
HOPE. — Oh really? Where did you get that idea ?
Well I read the contract.
HOPE. — Bobby you’ve made it to the top. How does it feel to be up there ?
FISCHER. — It’s been a long tough battle, but it’s a great thrill to be the best in the world at what you’re doing, to be the king, to wear the crown.
HOPE. — I know!
FISCHER. — Really? How do you know ?
HOPE. — Well I once did a margarine commercial… I guess you were always destined to be a chess wizard.
FISCHER. — Probably, but you know how it is. You couldn’t have been anything but a comedian. I bet you were the high school clown.
HOPE. — Oh yeah, for ten years… I guess you have to be really dedicated to master chess.
HOPE. — That’s true, you have to give up everything. Make chess your whole life. What about girls ?
FISCHER. — I had a date last night.
HOPE. — No kidding, how did you do ?
FISCHER. — Great, I beat her in four moves !
HOPE. — There was a lot in the paper about you holding out for a bigger cut of the purse ; were you misquoted ?
FISCHER. — All that talk about money, money, money. The important thing to me is what a person gets out of playing the game.
HOPE. — And what’s that ?
FISCHER. — Money !
HOPE. — Bobby I heard that all through you match you were getting advice from Henry Kissinger. Is that true ?
FISCHER. — That’s right.
HOPE. — Did it help ?
FISCHER. — It will if I’d meet Jill St John.
HOPE. — Well how did you and Boris Spassky get along ?
FISCHER. — He’s a nice guy, Bob, but we spoke very little to each other. In the morning he’d say ‘you’re late’ and in the evening I’d say ‘checkmate’.
HOPE. — Alright, shall we start the game ?
FISCHER. — I’m ready.
HOPE. — Ok, my move.
……
HOPE. — That’s the way I play!  … I hate a slow player.
……
FISCHER. — Hey, this is an interesting position. I’d like to study the move…
HOPE. — Go ahead, study. … Say is it true that some players tried to destroy your concentration with noisy distraction ?
Who would do a thing like that ?
HOPE. — Oh I don’t know, I’ve just heard that there are some spoilsports who want to win at any price.
FISCHER. — If you’re properly trained you don’t hear it.
HOPE. — Really ? Where do you train ?
FISCHER. — At the Laura Sccuder potato chip factory. It’s your move…
FISCHER. — Congratulations !
HOPE. — You mean I’ve got a checkmate ?
FISCHER. — No, you’ve got Gin !

Les Blondes

blondes

Les Blondes, série de bandes dessinées humoristiques de Gaby & Dzack, répertorient la majorité des blagues connues sur les femmes blondes et leur prétendue stupidité. Stéréotypes et fantasmes se mêlent pour aboutir à la conclusion suivante : les hommes préfèrent les blondes !

Lesblondes
Un clic pour agrandir et voir la planche en format PDF.

Depuis 2011, une équipe de joueuses blondes, maîtres et grands maîtres, est opposée à une équipe de brunes du même niveau chaque 1er avril au restaurant Carlson de Moscou. Sur l’ensemble des matches organisés depuis 2011, les Blondes prennent la tête 2,5-1,5 (2 victoires, 1 match nul et 1 défaite). De quoi faire taire les affreux machos qui colportent ces blagues sur la prétendue faiblesse du quotient intellectuel de nos charmantes blondes.

La série fut adaptée en dessin animé en 2007 par Yann Bonnin :

Envoûtement

Dans ce très court-métrage d’animation, travail de Létitia Lambrecht, étudiante en jeu vidéo, des échiquiers semblent figés pour l’éternité dans un univers médiéval. « Le personnage principal est la créatrice du jeu d’Échecs, explique-t-elle. Elle vit dans un village où ils vénéraient autrefois les signes astrologiques en tant que dieux depuis des siècles. Ces signes astrologiques, vexés d’avoir été oubliés, envoûtent les pièces d’Échecs ».

Les Quatre

Hercule Poirot
David Suchet arbora la légendaire moustache du détective Hercule Poirot pendant 24 ans.

Alors que la menace d’une nouvelle guerre plane, Hercule Poirot assiste à un gala d’Échecs en faveur de la paix, organisé par Abe Ryland. L’hôte doit y affronter le célèbre maître russe Savaranoff. Mais peu après le début de la partie, le professeur s’effondre, comme foudroyé. Hercule Poirot enquête avec son vieil ami Japp, désormais commissaire adjoint, mais meurtres et disparitions commencent à s’enchaîner. Tysoe, un journaliste, affirme que Ryland n’est pas celui qu’il prétend être et qu’il aurait des liens avec les «quatre grands», une organisation criminelle qui cherche à dominer le monde.

G-Star

G-StarG-Star
Quatre ans après leur première collaboration, Magnus Carlsen resigne en 2014 avec la marque de vêtement G-Star Raw. Le champion du monde, âgé de 23 ans, incarne la collection Printemps-Eté 2014 de la marque aux côtés de l’actrice et mannequin britannique Lily Cole, dans un clip déstructuré, mettant en avant leurs visages si singuliers. Carlsen et Lily Cole mènent une partie d’Échecs surréaliste « qui met à la fois la force et la stratégie à l’épreuve » écrit l’entreprise dans un communiqué de presse. Carlsen reçut beaucoup d’éloges (et beaucoup d’argent ?!) pour promouvoir les Échecs d’une manière moderne et jeune. Mais il est resté « un type assez normal », affirme Nigel Short et ce, malgré le million de dollars qu’il gagne par an. Nous voilà rassurés !

Concentration

Au journal de 20 h, dimanche 13 décembre 2015.

Comment faire abstraction et permettre à notre cerveau de prendre la bonne décision. Des méthodes existent comme la pratique de la sophrologie qui permet de se focaliser sur sa respiration, en oubliant les bruits extérieurs. Dans une entreprise parisienne, toutes les deux semaines, la cafétéria se transforme en salle de méditation, pendant une quinzaine de minutes, une façon d’évacuer le stress et de se remettre au travail, en toute sérénité.

Caguade

C’est rassurant de voir que même les Grands Maîtres font parfois de caguades ! Effondré, Kasparov abandonna et quitta la scène immédiatement. La partie Anand – Kasparov, Geneve PCA-GP Credit Suisse 1996 commentée par Éric Birmingham dans L’humanité :

64 cases pour un Génie – Partie 2

Été 1972, en plein bourbier vietnamien et irlandais, le Monde a les yeux rivés sur Reykjavik où se déroule « le match du siècle » entre le prodige américain des échecs Bobby Fisher et le Soviétique Boris Spassky, champion du monde en titre. Lorsqu’en 1972 le grand maître américain Robert James Fischer ravit la couronne mondiale au champion russe Boris Spassky, le jeu d’échecs, pour la première fois de son histoire, fait la Une des journaux du monde entier. Pour le grand public, influencé par les mass media, Fischer, représentant de la culture occidentale, a terrassé un symbole fort du bolchevisme. Manichéenne, cette théorie simpliste est intelligemment revisitée par la réalisatrice du film, Liz Garbus, qui a orienté la trame de son œuvre sur la personnalité singulière de Fischer.

64 cases pour un Génie – Partie 1

« Les Échecs abiment les maîtres, tourmentent leur esprit de telle façon que la liberté intérieure des plus forts doit en souffrir », a écrit Albert Einstein. C’est sur cette citation que s’ouvre ce documentaire passionnant dont les 88 minutes semblent illustrer ce terrible résumé en retraçant l’histoire de Bobby Fischer décrit comme « isolé, étrange, dérangé, génial et arrogant », qui a voulu être champion du monde d’échecs, remporta ce titre prestigieux et se retira des compétitions pendant 20 ans. En 1958, Robert James Bobby Fischer, alors âgé de quatorze ans, stupéfia le monde des Échecs en devenant le plus jeune Grand Maître de l’histoire, lançant ainsi une carrière qui allait faire de lui une légende. Pendant les quinze années qui suivirent, son incroyable ascension au sommet du jeu captiva le monde entier et permit aux Échecs de connaître un essor international considérable. Puis, à l’apogée de sa réussite, Bobby Fischer prit tout le monde par surprise en décidant de disparaître des yeux du grand public.

Été 1972, en plein bourbier vietnamien et irlandais, le Monde a les yeux rivés sur Reykjavik où se déroule « le match du siècle » entre le prodige américain des échecs Bobby Fisher et le Soviétique Boris Spassky, champion du monde en titre. Lorsqu’en 1972 le grand maître américain Robert James Fischer ravit la couronne mondiale au champion russe Boris Spassky, le jeu d’échecs, pour la première fois de son histoire, fait la Une des journaux du monde entier. Pour le grand public, influencé par les mass media, Fischer, représentant de la culture occidentale, a terrassé un symbole fort du bolchevisme. Manichéenne, cette théorie simpliste est intelligemment revisitée par la réalisatrice du film, Liz Garbus, qui a orienté la trame de son œuvre sur la personnalité singulière de Fischer.