Archives de catégorie : Politique

Lenine

Pavel Fedorovich Sudakov – Vladímir Ilich Uliánov (Lenine)

Lénine jouant aux échecs par Pavel Fedorovich Sudakov, l’un des principaux représentants du réalisme socialiste. Le travail de Sudakov portait sur des sujets historiques : portraits des héros de la révolution, des natures mortes et des paysages d’une exécution rigoureusement naturaliste. Dans cette œuvre du milieu des années 50, il représente le leader révolutionnaire à l’automne 1920, analysant une partie jouée par Alekhine au cours des Olympiades de toutes les Russies à Moscou pendant la guerre civile. Ce tournoi fut considéré plus tard comme le premier championnat national soviétique.

Grand amateur d’échecs, Lenine les considéraient comme « seulement un divertissement et pas une occupation ». Cependant, confessait-il : « J’ai épousé Nadejda Kroupskaïa, seule capable de comprendre Marx et de jouer aux échecs. »

Prince et citoyens

Prince citoyens

« C’est aux échecs que le simple citoyen apprend ce qu’il doit à la société dont il est membre, ce qu’il doit au Prince dont il est le sujet ; il y voit que dans les relations sociales, il faut honorer les rangs et les services […] que la personne du Souverain est inviolable, et que de sa conservation dépendent la sûreté et le bonheur d’un peuple entier. C’est aux échecs que les Princes apprennent que leur puissance a besoin, pour se maintenir, du concours de leurs sujets, que l’autorité du plus grand des Rois est toujours précaire, si le zèle et le dévouement de son peuple ne lui forment un rempart contre ses ennemis ».

Anonyme, sans doute un émigré  français pendant la Révolution.

La Guerre des échecs

À l’époque où l’URSS régnait sur une moitié du monde et faisait trembler l’autre, certains « camarades » ont été chargés de mener une guerre particulière. Pendant quarante ans, ces combattants singuliers ont affronté le reste de la planète sur un territoire de quelques centimètres carrés. Le film raconte une de ces batailles, la plus féroce peut-être, qui opposa à en 1972 Boris Spassky et l’Américain Bobby Fischer. « La Guerre des échecs » est une histoire de sport, de propagande, de politique. Et aussi l’histoire d’un jeu millénaire fait d’intelligence et de férocité.

Un film de Valéry Gaillard 2002, Les Films d’ici.

Au cœur de la guerre froide

Le lundi 17 octobre 2016, dans son émission Affaires Sensibles, Fabrice Drouelle évoque le duel Fischer – Spassky dans le « Match du Siècle » de 1972.

À l’été 1972, sur une île isolée de l’océan atlantique, deux des plus grands champions d’échecs de tous les temps, deux immenses génies de la catégorie reine des Grands Maîtres se font face et s’affrontent dans ce qui reste aujourd’hui encore pour de nombreux spécialistes de la discipline comme : le « Match du Siècle »…
Conflit Est-Ouest oblige, la rencontre d’un américain et d’un soviétique pour une finale de championnat du monde, quelle qu’elle soit, ne pouvait pas rester exclusif au simple domaine du sport. Non, très vite, le combat intellectuel que se livrent Bobby Fischer et Boris Spassky dépasse de loin l’objectif de consécration personnelle et devient un enjeu de prestige national ! Avec en toile de fond, cette question devenue récurrente à l’époque : qui des États-Unis d’Amérique ou de l’Union Soviétique remportera cette victoire oh combien symbolique dans la bataille de l’image ?

Ainsi au cœur de l’été 1972, pendant 2 mois, l’épicentre de la guerre froide n’est plus à Cuba, ni au Vietnam, ni même à Berlin. Il est en Islande : sur un échiquier de 64 cases posé sur une table de bois dans le palais des sports de sa capitale, Reykjavik. Quant à l’équilibre du monde, celui qui mobilise d’habitude les espions, les chars de guerre et autres missiles balistiques, il tient désormais entre les mains de ces deux hommes qui, lorsqu’ils déplacent leur pion sur la table de jeu, donnent le sentiment de faire faire à leur pays respectif un pas imaginaire sur la carte du monde !

Fischer contre Spassky… Spassky contre Fischer… Retour sur l’une des plus fascinantes et des plus retentissantes rencontres d’échecs du siècle dernier !

Après le récit, pour revenir avec nous sur cette histoire et surtout pour en décrypter le contexte, nous recevrons, l’éminent historien spécialiste des questions de relations internationales et de la guerre froide, Maurice Vaïsse*.

Programmation musicale :

JAMIROQUAI – King for a day

BAZBAZ – Les échecs

* Texte de présentation de l’émission sur le site de France Inter.

Un Président joue aux Échecs

Jules Grevy
Caricature de Jules Grévy, juillet 1879.

Article du Matin, paru le 6 octobre 1991, évoquant la passion du Président Jules Grevy pour notre jeu. Jules Grevy, né à Mont-sous-Vaudrey (Jura), fut président de la République de 1871 à 1873. Réélu en décembre 1885, il est contraint de démissionner le 2 décembre 1887 à la suite du scandale provoqué par la découverte d’un trafic de décorations auquel est mêlé son gendre Daniel Wilson. Mais avant de squatter l’Élysée, Jules était un habitué du Café de La Régence où il se montrait un honnête joueur d’Échecs. Albert Clerc, l’un des plus forts joueurs de l’époque, lui rendait régulièrement visite au palais de l’Élysée pour jouer. Durant son mandat, Grévy essaya de promouvoir les Échecs en attribuant des objets d’art aux trois tournois nationaux de 1880, 1881 et 1883. La tradition d’offrir au vainqueur du championnat de France un vase de Sèvres date de cette époque. 

À PROPOS D’ÉCHECS

La passion de M. Jules Gréyy — Un joueur audacieux — Quelques souvenirs

grevy

Tout ce qui est ornement doit-il être effacé de notre existence ; par cette seule raison que l’esprit est assez en peine de creuser les choses utiles, et les jeux de combinaisons ou d’adresse sont-ils condamnables ? C’est un point que nous laisserons discuter par les moralistes, mais nous sommes de ceux qui pensent que dans la vie la mieux employée, il y a place pour la distraction comme pour le repos. Le président Grévy a été piqué de mille épigrammes à propos de son inclination à faire de temps en temps une partie d’Échecs ou de billard ; il s’inquiétait fort peu de telles critiques, peut-être même partageait-il à leur égard certaines vues du sage Alcibiade. Avant son élévation aux postes les plus élevés de la République, M. Jules Grévy aimait à pousser billes et pions, presque chaque jour, entre le déjeuner et le dîner ; il ne touchait jamais une carte. Il semble que son esprit réfléchi se sentait à l’aise au milieu des combinaisons de l’échiquier, tandis que les aléas des jeux de cartes troublaient sa sérénité. Sous ce calme apparent, la passion grondait ; on sera surpris d’apprendre que le style de jeu chez M. Grévy était encore plus audacieux que tenace, et que ses débuts favoris étaient ceux que la théorie signale comme les plus risqués. L’exemple que nous choisissons parmi les parties notées autrefois est vraiment caractéristique.

La Regence
Le café de la Régence en 1874, dessin de M.Horsin-Déon, Le Monde Illustré.

Voici une transcription de la partie ci-dessus encore dans la notation descriptive complexe à déchiffrer pour un joueur moderne. Certaines annotations sont celles du journal. Un clic sur la notation pour suivre la partie sur un échiquier que vous pouvez déplacer et agrandir.

Tout aux Échecs

L’antagoniste du président, M. Albert Clerc, est devenu un des plus forts joueurs d’Échecs de France ; il ne se passait guère de semaine qu’il n’allât à l’Élysée faire quelques parties contre M. de Freycinet, M. Paul Béthmont, le général Bataille, etc. Modeste et généreux, il se laissait battre quelquefois.

Le président n’a jamais été aux Échecs un joueur d’un rang supérieur, quoique sa force fut au-dessus de celle des simples amateurs qui ne jouent que dans les salons. Son titre à la reconnaissance des fervents disciples de Philidor, c’est d’avoir encouragé et protégé les Échecs, en accordant pour les concours nationaux et internationaux des prix magnifiques. Il estimait que le jeu des Échecs est une gymnastique où l’intelligence prend de la force et s’assouplit ; l’électricité cérébrale a plus de valeur que les ressorts des muscles si nos jeunes gens s’adonnaient à la pratique des Échecs, comme nos voisins les Anglais et les Allemands, nous compterions moins d’énervés cherchant sur les hippodromes et devant une table de baccara les émotions dont ils sont avides et les ressources qui leur manquent. C’est pourquoi les Échecs sont en honneur chez les nations les plus civilisées, et la France a eu, à toutes les époques, des joueurs capables de lutter contre les plus grandes célébrités de l’étranger ; mais faute de cohésion, ces bons éléments restent improductifs dans notre pays.

L’article dans sa version originale sur Rétro News.

Sous les pavés, les échecs !

uuuD’abord à l’atelier de l’École Supérieure des Beaux-arts de Paris, puis à celui de l’École des Arts décoratifs, les élèves, artistes, et même quelques personnes extérieures, réalisèrent les « affiches de mai ». Le 14 mai 1968, l’École Supérieure des Beaux-arts de Paris est occupée. Dès le lendemain, elle crée et imprime à 30 exemplaires la première affiche destinée à soutenir le mouvement en cours, dont le slogan est : U-sines, U-niversités, U-nion.

Il s’agit de la première affiche de l’atelier populaire des Beaux-Arts au service du mouvement de Mai 68, son slogan deviendra ensuite le sigle du groupe. La méthode d’imprimerie, la sérigraphie par pochoir, très peu utilisée à l’époque, joua un rôle essentiel, permettant la production alimentant cet affichage conséquent dont notre grand Charles fut la cible privilégiée.

affiche mai 68
Affiche placardée à la Fac de science, en mai 68 à Paris.