Archives de catégorie : Photos

C’est de l’ombre que naît la lumière

Des temps immémoriaux
Nous contemple ce jeu
Aux trente deux figures
Superbement rangées
Les blanches commencent
En de brillants mouvements
Les noires de suite suivent
Paradent en répliquant
Pour une fin subtile
Où un roi, c’est certain
Finira par céder
Pour n’en laisser plus qu’un

Sam Dromard

Sam Dromard au travers de ses clichés tente d’exprimer la magie du jeu au travers de ses échiquiers en suspens,  objets merveilleux, renvoyant aux échiquiers magiques des légendes arthuriennes où le héros affrontait les fées sublimes et terrifiantes.

Alger – Noirs jouant aux échecs

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Cliché pris vers 1899, conservé à la Library of Congress.

« Ce photochrome montrant un groupe d’hommes jouant aux échecs à Alger est extrait de « Regards sur les habitants et les sites d’Algérie », du catalogue de la Detroit Publishing Company (1905), peut-on lire sur Bibliothèque numérique mondiale. Dans l’édition de 1911 de son ouvrage La Méditerranée, ses ports et ses routes maritimes : manuel pour voyageurs, Baedeker écrit que la vieille ville d’Alger offre « une image très plaisante de la vie orientale, bien que sa population soit en partie constituée de Maltais et d’Espagnols, ainsi que de musulmans de races et de croyances diverses ». À cette époque comme aujourd’hui, elle était majoritairement peuplée d’Arabes, mais bon nombre de ses habitants étaient également des Berbères ou appartenaient à d’autres groupes d’origine maghrébine. »

Docteur Tartakower

Docteur Tartakower
Le plus grand joueur d’échecs du monde : Docteur Savielly Tartakower : photographie de presse par l’Agence Mondial (Paris) -1932. Source BNF.

Sans doute au cours d’une simultanée. Voici une partie de 1932 contre un illustre inconnu qui se fait mater joliment. Peut-être l’un de ces sérieux messieurs ? Voici la partie  :


Docteur Tartakower

Les Échecs, un jeu de dames

Le premier Championnat de France féminin se disputa au cercle Le Fou du Roi, à Montmartre, du 20 janvier au 10 février 1924. On ne joue que les dimanches. 12 concurrentes, éliminées quand elles perdent deux parties. Ce fut un événement considérable pour l’époque, très peu de pays organisaient de tels championnats féminins, le premier Championnat du monde féminin ne sera organisé qu’en 1927. La presse quotidienne se fit l’écho de l’événement dans le style gentiment machiste du temps.

Championnat France échecs féminin 1924
Mlle la doctoresse Landais disputant une partie  contre Mlle Lipstchutz, 20 janvier 1924, Agence Rol.

Un tournoi sur la butte Montmartre

En un tournoi qui commençait hier au flanc de la butte Montmartre et s’y continuera les deux dimanches prochains, le « Fou du Roi », cercle d’échecs, met aux prises une douzaine de dames.
— Pas davantage ?
— Mon Dieu, non : de toutes les femmes du monde, nous dit M. Barberis, le président du cercle, c’est la Française qui s’intéresse le moins au noble jeu d’échecs.
— Y joue-t-elle bien toutefois, quand elle s’y met ?
— Comme toutes les femmes beaucoup d’intuition, assez peu de logique : des coups de génie : tout à l’heure, un mat en huit coups à côté de ça, des étourderies inexcusables.
— Voyons cela..
Les championnes sont de tout âge ; dirons-nous qu’au premier abord, la valeur semble bousculer quelque peu le nombre des années ? Les blanches jouent… et ne gagnent guère ; mais peut-être elles temporisent : le sourire de la doctoresse Landais, chevalier de la Légion d’honneur, ne nous dit rien de bon pour sa partenaire.
Mme Gromer, dont le professeur est son fils, le petit prodige de quatorze ans que l’on sait, vient de perdre, en coup de foudre, une partie gagnée patiemment et à coup sûr. Fraîche et crépue, une fillette aux bras minces souffle un tout petit pion sans conséquence, avec la timidité qu’elle mettrait à ne pas choisir, sur une assiette de gâteaux, le plus gros, avec de la crème. Son adversaire, malicieuse et maternellement attendrie, lui souffle incontinent un joli cavalier : la jeune personne rougit et mord sa lèvre incarnadine : on vous revaudra ça, madame, quand on aura dix-huit, ans.
Deux de ces dames, seulement, fument la cigarette ; mais au bord de chaque table, il y a deux petits tas formés d’une paire de gants, d’un bouquet de violettes et d’un sac à main et la perdante, invariablement, dès qu’elle se voit sans autre recours possible, se dérobe à la façon des déesses vaincues dans un nuage… un petit nuage de poudre de riz. Tout est perdu, fors la face.

          
Les coupures de presse de l’époque.

« La phase éliminatoire va permettre de dégager 4 finalistes, peut-on lire dans Héritage des Échecs Français. Les différentes coupures de journaux permettent d’apprendre qu’outre les 4 finalistes, participaient aussi la doctoresse Camille Landais, Melle Lipschutz (14 ans), Mme Levasseur et Mme Gromer la mère du petit prodige des échecs Aristide Gromer. Le dimanche suivant, les 4 dernières joueuses devaient se rencontrer dans un tournoi quadrangulaire pour désigner la championne ».

Championnat France échecs féminin 1924
Tournoi féminin d’échecs, place des Abbesses. 20 janvier 1924, Agence Rol.

Lewis Carroll, photographe

lewis carroll photographe
Alice Pleasance Liddell (1852–1934), la vraie Alice photographiée par Lewiss Carrol en 1858.

lewis carroll photographeLewis Carroll (de son vrai nom Charles Ludwidge Dogson) achète son premier appareil photo à Londres, le 18 mars 1856. Quelques jours plus tard, il se rend dans le jardin du doyen Liddell au Christ Church College pour photographier la cathédrale. Il y trouve les trois fillettes Liddell, dont Alice, sa future inspiratrice, et les prend pour modèles. Rapidement, il excelle dans ce nouvel art et devient un photographe réputé. Son sujet favori restera les petites filles, mais il photographie également des connaissances : peintres, écrivains, scientifiques ainsi que des paysages, statues, et même des squelettes, par curiosité anatomique. À partir de 1879, il s’adonne de plus en plus à la photographie de petites filles très déshabillées et bientôt nues.

En 1880, il abandonne la photographie, ayant peut-être été trop loin dans son goût pour les nus au regard de la morale victorienne. Cette passion donnera naissance à quelque trois mille clichés dont un millier ont survécu au temps et à la destruction volontaire.

lewis carroll photographe
Henrietta et Margaret Lutwidge, les tantes de Lewis Carroll, été 1859.