Archives de catégorie : Photos

Échecs au parc

Emerson echecs
Vue stéréoscopique de Ralph Waldo Emerson jouant aux échecs dans un parc, fin XIXe

Ralph Waldo Emerson, (1803 – 1882), essayiste, philosophe et poète américain, chef de file du mouvement transcendantaliste du début du XIIe siècle, joue, à gauche, dans un parc entouré d’amis et de membres de sa famille.

Emerson cita les échecs dans ses œuvres à diverses occasions, en particulier Morphy pour expliciter la différence entre le regard du professionnel quel qu’il soit et le regard du spectateur amateur : « Morphy a un jeu très audacieux : mais l’audace n’est qu’une illusion du spectateur, car ses coups sont forts et sûrs.* »

* Ralph Waldo Emerson, Les œuvres complètes. 1904. Vol VII. Société et Solitude.

Table (d’échecs) périodique

Mendeleïev échecs

Mendeleïev échecs

Le chimiste russe Dmitri Ivanovitch Mendeleïev, à gauche, créateur du célèbre tableau périodique, joue avec le peintre Arkhip Ivanovitch Kouïndji , observé par sa seconde épouse, Anna. Cette photo fut publié dans le journal Nuevo Mundo en juillet 1910, bien que le cliché date de 1882.

Pour la petite histoire, notre brave Dimitri, à l’âge de 42 ans, marié et père de trois enfants, fait l’expérience d’une toute autre chimie, celle des amours. Il tombe amoureux d’une jeune étudiante de 17 ans, Anna Popova. Sa passion contrariée, au bord du suicide, le Tsar Alexandre II intervient pour abréger la longue période d’attente de 7 ans après un divorce avant de pouvoir se remarier, s’excusant de cette entorse aux bonnes mœurs : « Mendeleïev a peut-être 2 femmes, mais moi, je n’ai qu’un Mendeleïev ».

Échecs Mongols

échecs mongolie
Joel Eriksson – Joueurs mongols, 1939 Musée de Copenhague

Les échecs mongols sont assez similaires aux échecs européens. Les côtés rouges et verts, identifiés par la couleur de leurs bases, remplacent les Blancs et les Noirs. Le roi vert est un puissant seigneur chinois tushimäl, accompagné d’un tigre maléfique barres en tant que reine. Du côté rouge, de gauche à droite, le prince mongol noyan, égal du roi, le chien lion sacré nohoi en reine, le chameau teme remplace le fou, le cheval mori est évidemment le cavalier et le chariot à bagages khasak, la tour.

Les pions sont appelés chüü, ce qui signifie « garçons » ou simplement « enfants ». Ces pièces, de même que le cliché, furent ramenés par une expédition danoise en Mongolie (1938-39).

Man Ray et son échiquier

Man Ray échiquier
Man Ray photographié par Baldomero Pestaña en 1975 dans son atelier à Paris

Man Ray en 1975 dans l’atelier parisien de l’artiste américain devant l’un des jeux d’échecs conçus par lui. Man Ray créa plusieurs modèles de jeux d’échecs très similaires entre les années 1920 et 1960. Celui-ci semble  semble être un de ceux réalisés au milieu des années 40 en bois, en bronze et en laiton émaillé. Le bord de l’échiquier porte des phrases faisant allusion aux pièces d’échecs.

Baldomero Pestaña était un photographe galicien, émigré en Argentine et Pérou, puis à Paris, combinant la photographie commerciale avec un travail personnel axé sur le portrait des grandes figures culturelles du XXe siècle. Neruda et Vargas Llosa, Carlos Fuentes et Gabriel García Márquez, Dizzy Gillespie et Man Ray, entre autres, ont posé devant son objectif. Il a également développé une photographie de reportage social, en particulier dans sa période américaine.

L’échiquier de Man Ray

man ray duchamp échiquier
Photographie de Man Ray – Marcel Duchamp et Raoul de Roussy de Sales  jouant aux échecs, 1925

Né Emmanuel Radnitzky, Man Ray adopte son pseudonyme en 1909 et deviendra l’une des figures clés du dadaïsme et du surréalisme, l’un des rares artistes américains associés à ces mouvements. En 1915, il est présenté à Marcel Duchamp, qui allait devenir un ami et une influence pour la vie. Les deux joueurs utilisent le jeu créé par Man Ray.

man ray duchamp échiquier
Version moderne du jeu de Man Ray, datant de 1926.

Man Ray était, comme Marcel Duchamp, un joueur d’échecs passionné. Il a fait sa première série de pièces d’échecs en 1920, en utilisant des objets qui se trouvaient à portée de main. Au fil des années, il a simplifié les formes. Le roi à l’origine pyramidal a été modelé sur les tombes des pharaons, les lignes plus douces de la reine ont été inspirées par les coiffures médiévales. Le fou (bishop), en forme de bouteille, fait allusion à la coutume du clergé de produire des boissons alcoolisées. La spirale d’un violon évoque la crinière d’un cheval.

man ray duchamp échiquier
Le Silver Chess Set de Man Ray

Monumental Journey

Joël Robison échecs
Monumental Journey – Joel Robison

« Pris à notre hôtel au Vanuatu. J’ai trouvé ce grand jeu d’échecs cool et c’était trop génial pour le laisser passer sans faire une photo ». Le photographe canadien primé Joël Robison est souvent imité, et pour de bonnes raisons. Même si vous n’avez pas entendu parler de lui, il est probable que vous avez vu son travail. Ses photos effervescentes et surréalistes apparaissent régulièrement dans des publications et ont circulé sur Internet pendant des années. Le voyage de Joël, tout comme ses photos, se déroule comme un livre d’histoire et prouve l’adage : « Parfois, il suffit d’une photo pour changer votre vie ».

C’est de l’ombre que naît la lumière

Sam Dromard photographie echecs

Des temps immémoriaux
Nous contemple ce jeu
Aux trente deux figures
Superbement rangées
Les blanches commencent
En de brillants mouvements
Les noires de suite suivent
Paradent en répliquant
Pour une fin subtile
Où un roi, c’est certain
Finira par céder
Pour n’en laisser plus qu’un

Sam Dromard

Sam Dromard au travers de ses clichés tente d’exprimer la magie du jeu au travers de ses échiquiers en suspens,  objets merveilleux, renvoyant aux échiquiers magiques des légendes arthuriennes où le héros affrontait les fées sublimes et terrifiantes.