Archives de catégorie : Peinture

Queen

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Lorenzo Quinn, Chess Set -Queen, bronze et acier 107 x 73 x 69 cm

« J’aime le jeu d’Échecs, écrit Lorenzo, fils du célèbre acteur Anthony Quinn. Il est aussi lumineux qu’il est frustrant. Il peut vous laisser croire que vous êtes supérieur dans la mesure où il affecte la plupart des autres – plus intelligents. Quand vous perdez contre un adversaire plus fort, la défaite affecte non seulement votre humeur, mais elle touche vos émotions les plus profondes et vous fait sentir vide et muet. Les Échecs sont le jeu le plus juste que je connaisse. Il met toute chose et tout le monde à leur vraie place. Je passais des heures sur une finale avec mon père, et lentement, au long des années, je m’améliorais, et finalement je commençai à gagner. À ce moment, je remarquai à quel point il le prit aussitôt personnellement. Je le vis alors vieux et frêle, parce qu’il n’était plus en mesure de battre son fils. Le temps a laissé le jeu et son défi inchangé. C’est un jeu dans lequel le temps est relatif et je souhaiterais que nous puissions apprendre à vivre nos vies de la même manière que nous jouons aux Échecs ».

Lénine : le jeu des puissants

Lénine
Oliver Dunne & Siobhan Mc Cooey – Lénine jouant aux Échecs, collage.

Vladimir Ilitch Lénine (1870-1924) s’intéressait aux Échecs et joua dans les cafés européens durant son exil. À son retour en Russie, il ne joua plus aux Échecs que sur le plan géopolitique, avec un enjeu beaucoup plus élevé : la vie et la mort ! Sa maîtrise du jeu du pouvoir fit de lui le fondateur de l’État soviétique et la figure de proue du développement de l’école soviétique des Échecs.

Lénine était un joueur redoutable même si, selon l’auteur russe Maxime Gorki, il se fâchait quand on le battait. Voici une partie de Vladimir Lenine lors d’un séjour chez Maxim Gorki à Capri, entre le 10 et 17 avril 1908 :

Lénine affrontant Alexander Bogdanov en 1908, ches Maxim Gorki à Capri.

Maria Helena Vieira da Silva

Vieira da Silva
Maria Helena Vieira da Silva – La partie d’Échecs, 1943.

« J’ai songé à ce tableau très longtemps avant de commencer à le peindre, écrit Vieira da Silva,  une longue gestation. J’avais la notion de ce que je voulais faire, puis je dessinai de petits carrés et les joueurs apparurent d’eux-mêmes. Ils émergèrent du fond, ce n’était pas mon intention, pas ce que j’attendais, mais je fus satisfait qu’ils le fassent ». Maria Helena Vieira da Silva est née à Lisbonne en morte à Paris le , est une artiste peintre portugaise appartenant à l’École de Paris.

L’échiquier s’étend autour des personnages. « Étiré à l’infini, se confondant avec le carrelage au sol, il fusionne peu à peu avec les protagonistes. Mise en abîme de l’homme absorbé corps et âme par le jeu. L’espace qui se déploie autour des joueurs, cet échiquier géant, n’est plus ici l’espace matériel, mais bien l’immatériel espace où se déroule à l’infini la pensée ». La Labyrinthèque

Vieira da Silva
Maria Helena Vieira da Silva – Xeque-mate (Échec et mat),  huile sur toile 89 x 116 cm,1949.

Endgame

Dorothea Tanning
Dorothea Tanning – Endgame (Finale), huile sur toile 1944.

Ce tableau fut créé pour une exposition surréaliste organisée par Marcel Duchamp, intitulée L’imagerie du jeu d’Échecs. Dorothea Tanning, née en 1910, est morte 2012 à 101 ans. Peintre américain, éditrice, sculptrice et écrivain, elle confectionna également des décors et des costumes pour des ballets et des spectacles. Max Ernst la rencontra en 1942, dans son studio new-yorkais, vit sa toile Birthday, autoportrait mystérieux et sombre, et resta jouer aux Échecs. Elle fut sa muse pendant 24 ans, formant tous deux « le couple le plus extraordinaire du surréalisme ».  Dorothea Tanning garda sa vivacité d’esprit et son goût des Échecs, jusqu’à près de 100 ans.

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Max Ernst et Dorothea Tanning à Sedona, Arizona 1948, jouant avec le jeu créé par Ernst.

Strip Chess

Strip Chess
Olga Glumcher – Le Gambit d’une Reine

Olga Glumcher, peintre ukrainien (née en 1982), écrit : « le thème fondamental de mes œuvres est une personnalité, son but, ses relations avec la société et les autres personnes, sa mission, sa vie, ses craintes et ses désirs. Dans ce cas, je ne prête pas attention à la politique, je tente de trouver des facteurs communs entre les personnes et de me concentrer sur leurs différences.

Olga Glumcher      Olga Glumcher

Parler de l’indicible

Intruder
Samuel Bak – Intruder, huile sur toile.

Samuel Bak est un peintre surréaliste et écrivain américain d’origine juive polonaise, né à Vilnius (aujourd’hui en Lituanie) en 1933, rescapé de l’Holocauste nazi. « Ma famille était principalement laïque, mais fière de son identité juive. L’année 1939 brisa le paradis d’une enfance heureuse, irrévocablement marquée par cette expérience traumatisante. Je perdis beaucoup d’êtres chers, mais ma mère et moi passâmes à travers. Elle fut un bouclier de tant d’amour et de soins que cela sauva ma psyché. Lorsque, en 1944, les Soviétiques nous libérèrent, nous étions deux parmi deux cents survivants de Vilna — une communauté qui avait compté 70 ou 80 mille hommes.  Mon travail révèle une réalité observée à travers les yeux d’un enfant précocement vieilli. Certains pourraient appeler cela l’élaboration de trauma. Je souhaite que mon art soit plus que cela. Pour conclure, ce n’est pas moi qui ai choisi l’Holocauste, mais l’Holocauste qui fut mis sur mes épaules, un besoin très distinct, presque incontournable de témoigner ».

Samuel BakSamuel Bak au travers de l’échiquier, champ de bataille des pièces, décrit notre monde moderne. Le jeu d’Échecs, avec sa richesse, sa complexité et sa violence à peine contenue, est une extraordinaire métaphore de la condition humaine. Certains des plus importants écrivains et poètes de ces deux derniers siècles — Nabokov, Borges, Tolstoï, Canetti, Aleichem, Eliot, Zweig et bien d’autres — ont pleinement reconnu la capacité étonnante de ce jeu à représenter les contradictions, les luttes, et les espoirs de l’homme. L’utilisation du jeu dans l’art est ancienne, mais Bak a réalisé visuellement ce que ces écrivains ont fait verbalement, employer les Échecs pour explorer les fêlures de notre monde.

L’art de Samuel Bak est enraciné dans la perte, dans la certitude que toute la grandeur du monde, une fois possédée, est déjà révolue depuis longtemps.  Le sentiment de perte, de dislocation et de folie est palpable. À la fois surréaliste et d’une précision kafkaïenne extrême, ses œuvres explorent simultanément l’essence presque criminelle d’une grande partie de la société humaine, tout en laissant ouverte la possibilité d’une rédemption.

Knowledgeable
Samuel Bak – Knowledgeable, huile sur toile, 61 x 79 cm.

Les aspects traumatisants de la mémoire sont l’énergie qui produit le travail de Bak, mettant en image les sentiments déchirés de l’enfant survivant. Dans Knowledgeable, un échiquier incomplet, supporté par les livres, histoire des guerres passées ou à venir,  et les dés de la survie hasardeuse du temps de guerre, renforcée par le désarroi de quelques pièces mal posées sur l’échiquier.

Samuel Bak: The Art of Speaking About the Unspeakable, documentaire de 2001. La vidéo intégrale.

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Soir d’orage

Magritte publicité
René Magritte, Soir d’orage – Un étrange parfum pour homme, gouache sur papier (25 x 34 cm), 1946.

Dès 1927, Magritte dessina des affiches publicitaires pour des chocolats ou des vêtements de luxe. Une activité alimentaire (ce qu’il appelait ses travaux imbéciles) qu’il poursuivit sporadiquement jusqu’en 1965.