Archives de catégorie : Peinture

Boîte à priser

Johann Heinrich Stobwasser
Boîte à priser – L’échec et mat inévitable, 9,9 cm  vers 1825

Johann Heinrich Stobwasser, né en 1740, sous le patronage du duc de Brunswick, développa un nouveau type de laque. En 1772, une usine fut ouverte à Berlin, produisant principalement des boîtes, le plus souvent en papier mâché, et quelques-unes en cuivre avec une finition d’un vernis de haute qualité. Il s’entoura des meilleurs artistes pour exécuter une grande qualité de portraits, de paysages et de peintures de genre rarement signées.

Une partie d’échecs

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José Gallegos (1859-1917) – Une partie d’échecs, huile sur panneau 15.5 x 25cm

José Gallegos y Arnosa, peintre et sculpteur espagnol, né à Cádiz, fut attiré par le dessin et la peinture dès son enfance. Après sa première étape d’apprentissage dans sa ville natale, Gallegos partit pour Madrid en 1873, aidé par son patron, Guillermo Garvey, un vigneron, et commença une nouvelle étape à l’Académie San Fernando. Plus tard, Gallegos a également voyagé en Tunisie et au Maroc, attirés par la lumière et l’atmosphère suggestive de ces terres exotiques. Gallegos y Arnosa faisait partie de l’école espagnole de la fin du XIXe siècle qui fut formée et a travailla à Rome où il s’installe en 1880.

Peinture orientaliste

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Une partie amicale – Paul Dominique Philippoteaux (1845-1923), huile sur toile

La peinture orientaliste reflète la vision occidentale de l’orient. Ce n’est pas à proprement parler un style, un mouvement ou une école. Cet intérêt apparut au courant du XVIIIe siècle, mais c’est surtout au XIXe siècle qu’il connaîtra son apogée pour décroître au XXe siècle, l’indépendance de l’Algérie en 1962 marquant la fin de la peinture orientaliste, en France du moins. D’un point de vue technique, cette peinture est lumineuse et contrastée, marquée par l’utilisation de couleurs chaudes, privilégiant des teintes rouges, jaunes ou brunes. Les échecs, nous venant d’orient, furent un des thèmes classiques pour ces peintres.

En odeur de sainteté

Erwin Eichlinger (1892 – 1950) – Échec et mat

Les tableaux des petits-maîtres du XIXe représentant de braves ecclésiastique à la face rubiconde devant l’échiquier sont innombrables. Et pourtant, il fut un temps où notre jeu n’était point en odeur de sainteté au regard de l’église. En 1061, l’évêque de Florence, Michi, voyageant avec le cardinal Damiani, en fit les frais. Notre brave ecclésiastique, dans l’auberge où ils se sont arrêtés, passe la nuit à jouer dans la salle commune. Le sévère cardinal apprend par son palefrenier le lendemain matin que « l’évêque avait pris la tête aux échecs dans une vaste demeure au milieu de la foule des voyageurs en désordre ».

Aussitôt, le cardinal envoie une missive accusatrice au pape Alexandre II, reprochant à son collègue de s’être donné en spectacle et d’avoir joué aux dés.

Les échecs (scacus) sont une chose, les dés (alea) une autre, se défend vainement le pauvre Michi.

Mais Damiani fourre dans le même sac les jeux de hasard et jeu de dés (alea) et les échecs (scacus). Il faut dire à sa décharge qu’il existait une confusion étymologique, notre échiquier actuel était alors désigné par le mot latin « tabula » et Isidore de Séville écrivit en 636, bien avant l’arrivée des Échecs en Europe : « Alea est tabula », amalgame des dés et du plateau de jeu. Et pour compliquer existait un jeu appelé « scacus », en français « dringuet, drinquet » ou le Blanc ou noir, ce jeu médiéval où les adversaires lançaient les dés sur un plateau quadrillé de cases noires et blanches dans l’espoir qu’ils atteignent tous une case de même couleur pour empocher la mise. Scacus désignait à la fois le jeu d’échecs et le jeu de dés pratiqué sur l’échiquier. Et il existait un point de droit canon qui permettait de déposer les évêques ayant joué aux dés, mesure pour éviter le détournement par les joueurs de sommes d’argent destinées à la collectivité.

Il est vrai également qu’il existait alors deux manières de jouer aux échecs, avec ou sans dés. Dans le roman Huon de Bordeaux, Huon demande :
Madame, quelle partie voulez-vous jouer ? Jouez-vous aux échecs avec les coups ou avec les dés ?
— Jouons le avec les coups, dit la dame d’une voix claire.

Pour s’affranchir de cet opprobre, les aristocrates abandonnèrent rapidement les dés, privilégiant la réflexion et la stratégie, mais il faudra attendre un siècle pour que l’interdiction soit levée et que les échecs soient admis, mais « sans dés, pour le seul amusement et sans espoir de gain ».

Nos braves prélats étaient-ils si passionnés du jeu des rois, ou était-ce simplement un thème familier aux peintres du XIXe ?

Joueurs d’échecs

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Marcel Duchamp – Eau-forte, 1965, signée au crayon, dédiée «pour Robert Motherwell»

« Si tous les artistes ne sont pas des joueurs d’échecs, tous les joueurs d’échecs sont des artistes. » La phrase célèbre est de Marcel Duchamp, inventeur du ready made, et passionné d’échecs, discipline dans laquelle il excellait. Le père de l’art moderne et contemporain était aussi un joueur d’échecs passionné, lui qui les considérait comme une « drogue », qui a participé à des championnats, et même écrit un manuel en 1932.

Jeu d’orient

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Edwin Lord Weeks – A game of chess, huile sut toile 140.3 x 186.1 cm. Salon des Artistes Français, 1904

Après des années de voyage à travers l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Inde, l’artiste américain Edwin Lord Weeks est resté captivé par les vues rencontrées à l’étranger. Vers la fin de sa carrière, il a commencé une ambitieuse série de peintures basées sur Mille et Une Nuits. Ayant documenté ses voyages à travers des esquisses, des peintures et des photographies, Weeks était bien équipé et veillait à rendre l’architecture, avec son treillis de pierre délicatement sculpté, ainsi que les costumes des deux personnages.