Archives de catégorie : Peinture

Garçons jouant aux échecs

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Zwy Milshtein – Garçons jouant aux échecs, huile sur toile (95 x147 cm)

« Peintre, graveur, sculpteur, écrivain, fabricant de papiers et de livres, joueur d’échecs, amant de l’amour et de la vodka, Milshtein court le demi-siècle de l’après-guerre en Protée amoureux de l’éclat des belles prunelles, des couleurs et du verbe. Il poursuit aujourd’hui une éblouissante carrière dont témoigne le flux ininterrompu des expositions de ses œuvres dans les musées et les galeries d’art des quatre continents… » Robert Albouker

Les échecs en couleur

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Paul Ygartua – Girl’s Game

« Lorsqu’il peint des abstraits, écrit-on dans Carré d’Artistes, Paul n’intellectualise pas sa peinture, il cherche simplement à exprimer l’énergie, la joie et le désir puisés en lui. Laissant toujours libre cours à son instinct, il découvre presque avec curiosité ce que sa main peint. » Après avoir exploré plusieurs styles picturaux, Paul Ygartua s’oriente vers l’abstrait, où il peut exprimer librement, à l’aide de grands formats et de couleurs vives, toute la richesse métaphoriques des échecs.

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J’entre dans le jeu

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Paul Ygartua – The Strech

Paul Ygartua est un peintre instinctif à la joie de vivre communicative qu’il aime exprimer sur de grandes toiles colorées. Le jeu d’échecs est l’un de ses thèmes de prédilection : « Les échecs me permettent d’entrer dans un monde imaginaire dans lequel je peux inventer une situation de vie dans mon esprit, puis mettre mon imagination dans chaque personnage, le roi, la reine, le fou, les pions, la tour. Chacun décrivant, sous un angle différent, une personnalité différente. J’entre dans le jeu et j’en fais partie. »

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Leonardo da Cutro et Ruy Lopez

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Luigi Mussini – Leonardo da Cutro et Ruy Lopez jouent aux échecs à la cour d’Espagne, 77 x133 cm, 1871

De gauche à droite : Ruy López (assis), le duc de Lorraine, Fray Diego de Chaues (alors confesseur du roi), Leonardo Da Cutro, Don Cristóbal de Mora, Philippe II (assis), l’Infante Isabelle Clara Eugenia, fille de Philippe II, sa femme de chambre, la duchesse de Lerma, la reine Anna Maria von Oesterreich, troisième épouse de Philippe II (assise), intendants du palais, et Jean d’Autriche (assis), vainqueur de la bataille de Lépante. Ruy Lopez est le seul à regarder l’échiquier.

Felipe II organisa à l’Escorial, ce qui sera le premier tournoi international d’échecs de l’histoire, bien que n’ayant pas encore de personnage « officiel ». L’atmosphère d’échange culturel de l’époque conduit à la rencontre des meilleurs joueurs d’Espagne et d’Italie. Les participants étaient les Espagnols Ruy López et Alfonso Cerón, ainsi que les Italiens Paolo Boi et Leonardo da Cutro, surnommé « Il Puttino » le petit, qui avaient déjà été vaincus par López lors de ses voyages à Rome en 1560 et 1573.

Il fut établi que le vainqueur du tournoi serait le premier à remporter trois parties. Contre toute attente, alors que Lopez en avait remporté deux et qu’il ne lui en fallait plus qu’un pour conserver le titre, « Il Puttino » remporta trois matchs de suite et fut proclamé champion du monde. Cinq ans plus tard, Ruy López mourrait.

Les échecs de Paul Ygartua

Paul Ygartua échecs
Paul Ygartua – Check Mate

« Pour moi, le jeu d’échecs est comme le jeu de la vie. Le but du jeu est de gagner, de survivre, comme dans la vie réelle. L’objectif est de gagner, mais le défi consiste à concevoir et à mettre en œuvre une stratégie pour atteindre cet objectif — comme dans la vie, vous devez constamment évaluer et modifier votre stratégie de jeu. »

Paul Ygartua

Paul Ygartua, né en 1945 à Liverpool d’un père espagnol basque et d’une mère anglaise. Il fait ses études d’art au Liverpool Art College avant de partir s’installer à 19 ans à Vancouver, où il commence à peindre. Il s’est largement inspiré du jeu d’échecs pour ses compositions riches en couleurs. En voici quelques exemples :

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Les joueurs de Minas Avetisian

Minas Avetisian – Chess players

Minas Avetisian (1928-1975) est un peintre arménien, décédé sous les roues d’une voiture. Selon certaines sources, il aurait été assassiné par le KGB. En 1915, les parents de l’artiste échappent au massacre, alors que des milliers de personnes sont tuées. Souvent, les soirs d’hiver, assis près du foyer de sa maison de campagne, le peintre a entendu des récits de témoins qui avaient vécu ces terribles événements. Les peintures d’Avetisyan sont devenues un hommage silencieux à ces morts innocents.

Duchamp devant l’échiquier


L’artiste, passionné du jeu, rencontra à New-York pour la première fois un rival de haut niveau en 1922, José Raúl Capablanca, qui sera champion du monde cinq ans plus tard. L’année suivante, à 36 ans, il commence une carrière en tant que joueur d’échecs dans des tournois professionnels. À ce moment-là, les critiques et les historiens de l’art perdent sa trace. Duchamp, dont le travail avait grandement influencé l’évolution des mouvements artistiques du XXe siècle, se consacra pendant plus de dix ans  à sa passion. « Quand vous jouez, c’est comme concevoir quelque chose ou construire un mécanisme par lequel vous gagnez ou perdez. Le jeu lui-même est très plastique. C’est probablement ce qui m’a tellement attiré vers lui ». Le peintre avait trouvé dans les échecs une forme d’expression artistique immatérielle ou, en d’autres termes, un moyen d’exprimer la pensée dans toute sa pureté. Duchamp cessa d’être un artiste actif pendant douze ans et se consacra presque exclusivement aux échecs, avec un style très influencé par Aaron Nimzowitsch, le père des échecs hypermodernes. Bien qu’il n’atteignit jamais un niveau équivalent au reste de son art, il devint un très bon joueur¹ et participa à de nombreux tournois aux côtés des meilleurs joueurs du monde. Le voici devant l’échiquier dans le film de Lewis Jacobs In His Own Words, réfléchissant à sa vie et son œuvre.

¹ Chessmetrics (site qui évalue la force des joueurs dans toute l’histoire des échecs sur la base de calculs statistiques et d’autres techniques) a calculé que Duchamp avait atteint 2455 point elo en 1929.

Max sur un bateau

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Dorothea Tanning – Max dans un bateau bleu, 1947 huile sur toile de 61 x 51 cm

Dorothea se peint avec son mari, Max Ernst, jouant aux échecs dans un bateau. Alors que Max occupe le centre de la composition, l’artiste est à peine visible par sa chevelure, exprimant peut-être son malaise, car malgré son immense talent, elle était toujours considérée comme la femme de l’artiste respecté, restant toujours aux yeux des critiques en arrière-plan. L’échiquier, cependant, symbolise l’union des époux, non seulement en tant qu’amant, mais aussi en tant que compagnon intellectuel. La voile est un gigantesque Loplop, reconnaissance de l’épouse du monde poétique de son compagnon. C’est vers 1930 qu’apparaît dans l’œuvre de Max Ernst une figure dominante, énigmatique, qui prend la forme d’un oiseau et n’est pas sans présenter quelques traits de son créateur. Loplop est susceptible de toutes les métamorphoses : passant du règne animal à celui des objets, tantôt coq ou serpent, il se mue souvent en chevalet de peintre pour donner à voir les collages les plus divers et les plus inattendus.

Tristant Yseut echecs
Tristan boit le philtre d’amour, enluminure, 1470 du “Livre de Messire Lancelot du Lac” de Gautier de Map, fol. 239 (2e livre), Paris Bnf

Dorothea a-t-elle pensé à cette enluminure du XIVe siècle en composant son tableau ? Sur le bateau qui les emporte vers la Cornouaille, Tristant et Yseut boivent par mégarde le philtre d’amour.

Jihel

Les dessins sont toujours proposés aimablement par Jihel. Merci à lui.

« L’artiste Jihel (Jacques Lardie) est sans aucun doute, parmi tous les adeptes de l’art de la caricature, le plus important qui existe aujourd’hui en France, et peut-être même dans le monde entier. Il a très certainement hérité d’une longue tradition française de l’art de la caricature, pratiqué par le passé notamment par des maîtres en la matière comme Rostro et Orens. Comme eux, il construit souvent ses images comme des montages d’éléments étranges et à première vue incongrus tirés de diverses sources humaines, animales et inanimées. Une fois associés, il en ressort souvent une sorte d’histoire, qui peut toutefois être interprétée bien différemment d’une personne à l’autre. Ces récits visuels sont le plus souvent centrés sur une sorte de commentaire satirique sur l’histoire, sur les événements contemporains et la culture populaire, sur les personnes ou sur la vie en général. »

Richard Meyer