Archives de catégorie : Peinture

Joueurs d’échecs

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Marcel Duchamp – Eau-forte, 1965, signée au crayon, dédiée «pour Robert Motherwell»

« Si tous les artistes ne sont pas des joueurs d’échecs, tous les joueurs d’échecs sont des artistes. » La phrase célèbre est de Marcel Duchamp, inventeur du ready made, et passionné d’échecs, discipline dans laquelle il excellait. Le père de l’art moderne et contemporain était aussi un joueur d’échecs passionné, lui qui les considérait comme une « drogue », qui a participé à des championnats, et même écrit un manuel en 1932.

Jeu d’orient

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Edwin Lord Weeks – A game of chess, huile sut toile 140.3 x 186.1 cm. Salon des Artistes Français, 1904

Après des années de voyage à travers l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Inde, l’artiste américain Edwin Lord Weeks est resté captivé par les vues rencontrées à l’étranger. Vers la fin de sa carrière, il a commencé une ambitieuse série de peintures basées sur Mille et Une Nuits. Ayant documenté ses voyages à travers des esquisses, des peintures et des photographies, Weeks était bien équipé et veillait à rendre l’architecture, avec son treillis de pierre délicatement sculpté, ainsi que les costumes des deux personnages.

Un homme nommé Cheval

Michael Cheval echecs
Trojan Defense

Né en 1966 à Kotelnikovo, une petite ville du sud de la Russie, Michael Cheval a développé sa passion pour l’art dans sa petite enfance, se spécialisant dans les peintures, dessins et portraits absurdistes. Dans sa définition, « l’absurdité » est le côté inversé de la réalité, un envers de la logique. Il ne ressort pas des rêves des surréalistes, ni du travail du subconscient. C’est un jeu d’imagination, où tous les liens sont soigneusement choisis pour construire un complot littéraire. Son travail est allégorique et nécessite un regard acéré pour déchiffrer les allusions souvent cachées. La métaphore des échecs revient souvent dans ses œuvres.

Cavalier menaçant

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Une des centaines de couvertures que Sempé dessina pour le New Yorker

Dès son adolescence à Bordeaux, Sempé rêvait de pouvoir intégrer la famille des dessinateurs du New Yorker, le prestigieux magazine américain dont il admirait l’esprit. Ce rêve devenu possible, en 1978, il se rend régulièrement à New York pour travailler avec une équipe qui lui laisse une totale liberté. Bien que français, Sempé dessine cent une couvertures et autant de cartoons en pages intérieures, ce qui est sans précédent dans l’histoire d’un magazine américain.

Lenine

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Pavel Fedorovich Sudakov – Vladímir Ilich Uliánov (Lenine)

Lénine jouant aux échecs par Pavel Fedorovich Sudakov, l’un des principaux représentants du réalisme socialiste. Le travail de Sudakov portait sur des sujets historiques : portraits des héros de la révolution, des natures mortes et des paysages d’une exécution rigoureusement naturaliste. Dans cette œuvre du milieu des années 50, il représente le leader révolutionnaire à l’automne 1920, analysant une partie jouée par Alekhine au cours des Olympiades de toutes les Russies à Moscou pendant la guerre civile. Ce tournoi fut considéré plus tard comme le premier championnat national soviétique.

Grand amateur d’échecs, Lenine les considéraient comme « seulement un divertissement et pas une occupation ». Cependant, confessait-il : « J’ai épousé Nadejda Kroupskaïa, seule capable de comprendre Marx et de jouer aux échecs. »

Jeffrey Batchelor

Jeffrey Batchelor échecs
Interruption, huile sur toile, 2005

Jeffrey G. Batchelor est un artiste américain, né en 1960 en Caroline du Nord. Après avoir peint pour la scène, il se consacre à la peinture. Les échecs et le temps sont deux des symboles métaphoriques les plus utilisés dans ces œuvres. « J’aime utiliser les échecs comme symbole du combat quotidien de notre vie. Interruption, écrit-il, est une allégorie de la vie ou d’un aspect de la vie perturbée : l’horloge, grande et centrale, cassée représente l’arrêt du temps, l’action s’est arrêtée et tout reste en suspend. En dessous, les débris d’un jeu d’échecs, à moitié enterré. Un événement dévastateur a stoppé le temps et la partie irrémédiablement, métaphore des événements importants et imprévus de nos vies qui changent notre direction et notre perception. Au loin, des pièces monumentales, statues que des vignes recouvrent peu à peu. Elles représentent le long passage du temps immobile, l’attente statique de l’action à venir. »

« Sur le plan conceptuel, écrit-il encore, mon travail va du réalisme au surréalisme, et des toiles rectangulaires aux panneaux en toile que je construis, grâce à ma formation approfondie dans la construction scénique théâtrale. »

« Lorsque le réalisme devient trop contraignant pour moi, j’aime atteindre le surréalisme, prendre une idée ou un concept et le développer avec une saveur magique. Cela me permet de susciter les processus de réflexion du spectateur et de définir visuellement un concept, une idée ou un sentiment. Quand un rectangle devient contraignant, je crée des panneaux façonnés que je peins en mode trompe-l’œil. Cela me donne des possibilités infinies d’illusions de forme et de profondeur. »

Jeffrey Batchelor échecs