Archives de catégorie : Peinture

Musique échiquéenne

Juan Gris -Carafe, verre et damier, 1917

« Dans le domaine de la peinture, de la gravure et de la sculpture, dès la première décennie de notre siècle, les artistes abandonnent la représentation de la partie d’échecs pour se concentrer sur les pièces, sur les échiquiers et sur toutes les variations auxquelles les unes et les autres peuvent donner lieu. On passe en quelque sorte d’un thème social à un thème musical (au sens de la musica médiévale, c’est-à-dire d’une notion qui inclue le rythme, l’harmonie, la construction et la déconstruction, etc.). Graphiquement et picturalement, l’échiquier apparaît comme une structure ouverte, dynamique, d’une richesse infinie, autorisant toutes les combinatoires et débouchant sur des mouvements et des rythmes de nature exponentielle. »

Michel Pastoureau

Jeu de plein air

lithographie jeu échecs
Lithographie sans doute d’origine allemande vers 1860 – © Victoria and Albert Museum, London

Deux hommes assis sous un arbre en train de jouer aux échecs, tandis qu’une servante en tenue régionale leur verse du café ou du thé. À gauche, un groupe de garçons et un chien jouent à la guerre avec des drapeaux et des épées jouets, un petit garçon chevauchant les épaules d’un autre. Sur la droite, deux filles jouent une variante de jeu de graces*, avec un bâton (plutôt que deux) pour lancer le cerceau.

* Le jeu des grâces, inventé en France au cours du premier quart du XIXe siècle était une activité populaire pour les jeunes filles au début des années 1800.

Joueurs d’échecs

Suzanne Roger échecs
Suzanne Roger – Joueurs d’échecs ,  Paris Centre Pompidou

Mariée au peintre et sculpteur français André Beaudin (1895-1979), Suzanne Roger reste aujourd’hui encore trop dans l’ombre de ses contemporains. Son style s’appuie sur des lignes épurées que viennent emplir et déstructurer des aplats de couleur.

L’échiquier de voyage de Duchamp

Duchamp échiquier voyage
Jeu de voyage en cuir de Marcel Duchamp (1944) – Musée du du château de Blérancourt

Croquis-projet de Marcel Duchamp pour son échiquier de voyage, réalisé en au moins vingt-cinq exemplaires à New-York entre 1943-44. Les pièces en celluloïd étaient maintenues par de petites encoches découpées dans un panneau de cuir.

Centre Pompidou – Musée national d’art moderne

Nature morte

Henri Hayden échecs
Henri Hayden – Nature morte au jeu d’échecs (55,8 x 47,2 cm), 1913

Henri Hayden (1883 – 1970) est un peintre et lithographe français d’origine polonaise. Sous l’Occupation allemande, il se réfugie dans le sud de la France. De retour à Paris en 1944, il retrouve son atelier pillé.

Echiquier, verre, et plat

Juan  Gris échecs
Juan  Gris (dit), Gonzales Perez Jose Victoriano – Echiquier, verre, et plat, 1917  Philadelphia Museum of Art

José Victoriano Carmelo Carlos González-Pérez, connu sous le nom de Juan Gris, (1887 – 1927), était un peintre espagnol proche du cubisme. Il s’installa en France à partir de 1906, à dix-neuf ans. Il gagna sa vie alors comme illustrateur pour de célèbres revues françaises (L’assiette au beurre, Charivari, Le cri de Paris, etc.) et espagnoles. Il produira ainsi pour la presse plus de 700 dessins, le plus souvent humoristiques ou satiriques, mais se consacrera exclusivement à la peinture à partir de 1911. Il sut renouveler l’esthétique cubiste, lui apportant une dimension à la fois intellectuelle, sensible et intuitive.

Il utilisa le motif de l’échiquier dans quelques-unes de ses œuvres.

Échiquier, 1917

La partie d’échecs de Gustave Singier

Gustave Singier échecs
Gustave Singier – La partie d’échecs, 1941

Gustave Singier (1909 – 1984), peintre, graveur et lithographe non-figuratif français d’origine belge. Singier a réalisé de nombreux cartons de tapisserie et des vitraux, des mosaïques, des costumes et décors (notamment pour le TNP de Jean Vilar et l’Opéra de Paris). Il a illustré de ses gravures ou lithographies plusieurs livres.

Les projets de Man Ray

Man Ray échecs dessin
Man Ray – Graphite sur papier 34,9 x 43,2 cm, 1920, Metropolitan Museum of Art

Comme de nombreux artistes dadaïstes et surréalistes, le jeu d’Échecs fut pour lui une métaphore de la création artistique. Les motifs échiquéens sont récurrents dans les œuvres de Man Ray, peintures, photographies et objets. Dès 1920, il en esquisse quelques modèles. Ceux-ci, je crois, ne resteront que sur le papier.

Man Ray échecs dessin
Emmanuel Radnitsky, dit Man Ray – Dessins pour pièces d’échecs, 29 x 40 cm

Marchand de soupe

Andy Warhol échecs
En 1962, Andy Warhol crée Campbell’s Soup Cans et l’expose à la galerie Ferus de New-York, trente-deux posters représentant chacun une boîte de conserve comme de véritables œuvres d’art. Un événement historique, le Pop Art n’était jusqu’ici pas reconnus en Amérique. Le concept Pop art, né dans les années 50, affirme que l’art est dans l’attitude donnée à l’œuvre plutôt que par l’œuvre d’art elle-même.

Le musée Guggenheim met en vente, pour la coquette somme de 575 $, ce jeu d’échecs en vinyle inspiré de la célèbre œuvre de Warhol avec le nom de la pièce imprimée sur le couvercle « pour donner un aspect pop art à toute salle de jeux », peut-on lire. Marchand de soupe ?

Andy Warhol échecs
Étiquette de la galerie d’ Andy Warhol : boîtes à soupe et autres œuvres de Campbell, 1953-1967