Archives de catégorie : Humour

La Machine à remonter le Elo

Un chercheur vient de mettre au point une machine qui rend plus fort aux Échecs. Il songe à tester sa machine sur un être humain et propose à un copain de lui servir de cobaye.  Il va le rejoindre à son bar habituel où il le voit brailler avec ses potes, et ça discute foot, ça lit « l’Équipe » avec le coude scotché au zinc, le journal trempe à moitié dans la flotte, l’ambiance est chaleureuse et chargée d’un mélange de café, de cigarette et d’alcool.

Le scientifique l’accoste et lui dit :
—  Eh Maurice, j’aurais besoin d’un coup de main.
Oh putaiiiin ! Charles ! Wa con ça fait si longtemps que je t’ai pas vu ! T’as un problème ? Moi, tu sais, quand tu veux, je t’aide hé !
Non, je vais bien, c’est juste pour une expérience. Vois-tu, je viens de mettre au point une machine qui augmente le ELO. Bon, le Elo c’est une grandeur qui évalue le niveau de compréhension des Échecs d’un individu, et j’aimerais te faire profiter de ma création.

Maurice accepte et quitte tous ses potes pour se diriger vers le laboratoire du chercheur. Le chercheur fait rentrer Maurice dans un caisson d’où sortent des nappes de fils, des machines de partout et il commence à mettre la machine en marche.

Le chercheur pousse la manette et a les yeux rivés sur le compteur gradué de 1000 à 3000. 1000… 1050… 1200… 1500… Il interrompt la machine, ouvre le hublot et fait :

Maurice, ça va ?
Oui, je vais bien, je me sens un peu mieux en fait.
Bon alors, je continue, okay ?
Vas-y, procède à ton expérience, je me sens progresser.

1600… 1800… 2000… 2200…

Tu tiens le coup Maurice ? »
Hmmm… Mes idées s’éclaircissent. Je ne ressens aucun trouble.

2300… 2400… 2600… 2800… 3000… Là, le chercheur ouvre la porte et fait sortir son ami.

Maurice, comment te sens-tu ? 
Le bonhomme ressort et semble un peu plus agité :
Bien ! Mais excuse-moi, je pense avoir perdu bien trop de temps, j’ai des milliers de choses à accomplir, je dois corriger les analyses d’Alekhine et Fischer, réfuter la Française, revoir les écrits de Hubner, car je subodore une forte corrélation… 

Pendant plusieurs jours, Maurice disparaît. Après une semaine de travail acharné, il décide de retourner voir ses copains du bar. Mais il se sent bizarre. Il ne retrouve plus la même convivialité, il trouve que la compagnie de ses potes est moins drôle. Dépité, il retourne chez son ami scientifique et se plaint :
Charles, je suis heureux de te trouver dans ton labo. Vois-tu, depuis ton expérience, que je dois avouer fort fructueuse, je n’ai plus cette même joie de vivre, tout me paraît fade à côté des variantes ; aussi, je souhaiterai perdre un peu de mes capacités échiquéennes.
Écoute, ça tombe bien, je viens de terminer un module de ma machine qui permet une rétroaction du mécanisme cognitif. Monte donc dans la cabine.

Le chercheur abaisse la manette et l’aiguille descend progressivement : 2800… 2600… 2400… 2200… 2000… Le chercheur tente alors d’interrompre le processus, mais l’aiguille chute toujours et de plus en plus vite ! 1800… 1600… 1400… 1200… 1000… 600… Et puis s’arrête.

Charles ouvre avec appréhension la porte, et regarde fébrilement son ami sortir de la cabine.  Maurice va au milieu de la pièce, il met une cravate, bombe le torse et crie très fort :
Les Noirs appuient sur la pendule !

Mauvais Perdant

Dessin humoristique paru dans Let’s Play Chess – Chess Review (New York, 1950)

Avec l’aimable traduction de Philippe Laplace qui nous indique un jeu de mots dans le nom du club : Open Knights Chess Club peut aussi se lire Open Nights Chess Club, « Club d’échecs Soirées Portes Ouvertes ».

Arbitrage

Un stagiaire arbitre un gros championnat. Dès son premier jour, il prend son téléphone, appelle la buvette du championnat :
Apportez-moi un café ! Et en vitesse !
De l’autre côté, une voix répond :
Je pense que vous avez composé un mauvais numéro interne. Savez-vous à qui vous parlez, espèce de crétin ?
Heu… Non… , répond le jeune stagiaire.
— Je suis le directeur du championnat, imbécile !
Le gars lui répond alors en criant deux fois plus fort :
Et vous, vous savez à qui vous parlez espèce de gros bâtard.
—  Heu… Non… , répond le directeur, quelque peu interloqué.
Parfait ! répond le type. Et il raccroche son téléphone.

Funeste nouvellle

echecs mort

Un grand maître d’échecs décède. Après quelques jours, un de ses amis entend une voix. C’est lui ! Il lui demande :
— Comment est-ce, où es-tu maintenant ?
— Que veux-tu savoir d’abord, la bonne ou la mauvaise nouvelle ?
— Donne-moi la bonne nouvelle en premier.
— Et bien, c’est vraiment le paradis ici. Il y a des tournois et des parties de blitz en permanence. Morphy, Alekhine, Lasker, Tal, Capablanca, Botvinnik et tous les autres sont ici et on peut jouer contre eux.
— Fantastique ! 
répond son ami, et quelle est la mauvaise nouvelle ?
— Tu as les noirs contre Capablanca samedi.