Archives de catégorie : Histoire

L’éléphant qui se prenait pour un cheval

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Un roi ou une reine du XIè siècle – Collection de Nicolas Devigne

Habituellement, le décrochement entre l’arrière, le souverain sur son trône, et l’avant, l’éléphant porteur, est plus important. La vue de face évoquerait, avec la partie sommitale triangulaire, plutôt la tête du cheval d’un Cavalier islamique, mais pourrait tout aussi bien stylisé la face et la trompe d’un éléphant.

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Le Cavalier de Tübingen

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Cette pièce du XI-XIIe siècle fut découverte en 1932, lors de fouilles dans le centre-ville médiéval de Tübingen. D’environ quatre centimètres de hauteur, en bois de cervidé, elle représente un cavalier de type arabe. Sa surface, suite à une utilisation fréquente, est extrêmement lisse et sombre. La pièce appartient à la collection du département d’archéologie du Moyen Age de l’Université de Tübingen.

Aux échecs, il faut garder…

… la tête sur les épaules !

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La procédure de destitution de Louis XVI, 1791 – Bnf

Louis XVI, qui, au jeu de la politique, ne sut pas garder la tête froide, joue sa dernière partie contre un garde nationale. Pour Marie-Antoinette, derrière le prélat, la partie fut belle. « Je vous ais porté malheur », avoue Élisabeth de France, la sœur du roi. Le dauphin et sa sœur se chamaille la couronne. Marie-Thérèse Charlotte de France, surnommée « Madame Royale », la fille aînée du roi, fut la seule à sauver sa tête dans cette partie d’échecs révolutionnaire.

Notre bon roi n’a point écouté les sages préceptes de François-André Danican Philidor, pourtant d’actualité, il n’a pas sut jouer avec le peuple des petits pions : « Mon but principal et de rendre recommandable par une nouveauté dont personne ne s’est avisé, où peut-être n’en a été capable ; c’est celle de bien jouer les pions. Ils sont l’âme des échecs, ce sont eux uniquement qui forme l’attaque et la défense, et de leur bon ou mauvais arrangement, dépend entièrement le gain ou la perte de la partie. »

La Partie d’échecs, eau-forte bistre 13,5 x 18 cm, 1792 – Bnf

Philidor met en scène innocemment sur l’échiquier, les idées politiques nouvelles qui émergent dans ce siècle des lumières, illustrant une fois de plus cette étrange symbiose entre ce jeu et la vie des hommes. La portée de la révolution introduite sur l’échiquier ne fut probablement pas clairement perçue par tous ces lecteurs, et le succès de l’ouvrage doit plus de son vivant aux larges victoires de son auteur sur ses rivaux européens qu’à la profondeur de ses conceptions. Mais c’est bien une transformation radicale des échecs qu’opère L’analyse du jeu des Échecs, et qui ne se limite pas au progrès qu’elle apporte dans le jeu. Dans ce jeu des élites politiques et militaires où, depuis le moyen-âge, les pièces figurent nobles et chevaliers et les pions, le petit peuple, il n’est pas illogique que dans cette perspective, personne ne s’avisa en effet, que les pions étaient  l’âme autant sur l’échiquier que dans la vie d’une nation.

Le guerrier de Siglufjörður

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Pion ou Tour, H: 45 mm, Ø: 20 mm

En 2011, une expédition archéologique à Siglufjörður, localité islandaise située au nord de l’île, mit au jour une pièce d’échecs, portant casque et armes, sculptée au XIIe ou XIIIe siècle dans une arête de hareng. Elle fut découverte dans les restes d’un camp de pêcheurs, maintenant en danger à cause des fortes vagues déferlant sur la côte. La figurine, à la sculpture plus sommaire, ressemble aux pièces découvertes en 1831 sur l’île de Lewis dans les Hébrides en Écosse. Bien qu’évoquant un fantassin, elle représente sans doute une tour. Le bouclier semble avoir des caractéristiques héraldiques, impliquant qu’elle est postérieure à 1250.

Jusqu’à récemment, la meilleure hypothèse parmi les érudits et les historiens était que les pièces de Lewis provenaient probablement de Trondheim, en Norvège. Mais en 2010, Gudmundur G. Thórarinsson a présenté une nouvelle théorie convaincante sur l’énigme de leur origine. Thórarinsson est mieux connu comme président de la Fédération islandaise des échecs lors du match du siècle Fischer-Spassky pour le Championnat du monde d’échecs, à Reykjavík en 1972. Son hypothèse séduisante — fondée sur des preuves circonstancielles — est que ces pièces auraient pu être fabriquées en Islande, sous l’impulsion de l’évêque Páll Jónsson, dans l’ancien atelier de Skálholt par Margret l’Adroit, Thorsteinn le Schrinesmith et d’autres artisans. Les ruines de l’ancien atelier et de son tas de ferraille sont encore là, intactes, en attente de fouilles.

Une dame et son pion

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Une reine et un pion du XI-XIIe siècle (3cm), les pièces d’échecs les plus anciennes de Westphalie. Photo : LWL / Brentführer

En 2005, les archéologues de l’Association régionale de Westphalie-Lippe (LWL) ont fait une découverte importante aux cours des fouilles d’une cour noble médiévale du XI-XIIe siècle à Sendenhorst en Rhénanie : deux jetons de backgammon et deux pièces d’échecs.

« Les pièces d’échecs, déclarait le Dr. Stefan Eismann, une reine* et un pion, sans précédent en Westphalie, ont très peu de ressemblance avec les pièces d’aujourd’hui, mais sont — de manière habituelle au Moyen Age — abstraites. Elles soulignent la provenance indienne du jeu, mais furent probablement produites dans la région. »

Elles sont en os d’animaux, mais seule l’espèce put être identifiée pour la reine : le cheval. Ce qui est pour le moins inhabituel. Les jeux médiévaux occidentaux sont le plus souvent en ivoire de morse ou en bois de cervidés. Si les pièces d’échecs appartiennent au même jeu, elles représentent les deux couleurs en raison de leur nuance différente. Les jetons de backgammon et le pion gisaient dans le sous-sol d’une maison en bois d’environ dix mètres de large et d’au moins trente mètres de long. La dame, abîmée, avait été jetée (ou perdue) dans la boue d’un enclos à bétail à proximité. Des paysans médiévaux pousseurs de bois ? Mais les échecs et autres jeux similaires étaient au Moyen Age un passe-temps de l’élite. D’autres trouvailles telles qu’un pendentif en bronze orné d’or, des pièces de harnais en bronze, une flûte en os et quelques tessons de coupe en verre bleu foncé témoignent de l’art de vivre aristocratique de ses habitants.

* L’éminent professeur s’avance peut-être, car il est difficile, sans la présence du royal époux, de déterminer le genre de la pièce. Dans le modèle islamique d’avant l’an mille qui fut adopté par l’occident, seul la taille différencie le roi de son épouse.

Le Fou de Poméranie

Au printemps 2006, au cours d’une enquête de construction préliminaire sur l’ancienne colline du château de Crivitz, petite ville de Poméranie, l’on découvre un fou en bois de cervidé de style islamique datant du XII-XIIIe siècle.

poméranie échecs pièce archéologiePetite pièce d’un jeu peut-être de voyage, décorée de lignes et d’ocelles et fabriquée dans le nord de l’Allemagne. La présence d’un château féodale proche révèle une fois de plus que notre jeu, en ces époques médiévales, était encore un passe-temps aristocratique. Il est possible également que le jeu puisse commencer à se rependre dans des couches sociales plus modestes, utilisant pour jouer des pièces moins luxueuses, sculptées dans du bois, et ne résistant pas au passage du temps.

Le Cavalier de Valencia

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Cavalier en argile, antérieur au XIe

En 2016, des archéologues espagnoles découvrent à Valencia (Plaza de l’Almoina) dans la zone de l’ancienne forteresse musulmane, une pièce d’échecs, un cavalier, datant de l’occupation musulmane avant 1238. En argile, la pièce de 7 centimètres possède une base plate pour tenir en équilibre sur un échiquier.

Les pièces de l’époque islamique étaient habituellement fabriquées dans des matériaux plus riches, l’ivoire ou le cristal de roche, mais il existe d’autre exemple de jeux de facture plus modeste qui traduisent sans doute une démocratisation de ce jeu plutôt au Moyen Age réservé à l’élite. L’archéologue municipal, Vicente Lerma, souligne l’intérêt de cette découverte, « la première preuve archéologique du jeu d’échecs à Valence avant la conquête féodale de la ville, qui plus tard, au XVe siècle, jouera un rôle fondamental dans l’introduction des échecs modernes ». Car, c’est à Valence, dans son âge d’or, que naissent les échecs modernes, défendus par les premiers maîtres. C’est aussi à Valence que Francesco di Castellvi et Narciso Vinyoles publient en 1475 le poème catalan Scachs d’Amor (Le Jeu d’Échecs de l’Amour), qui est aussi la plus ancienne partie conservée.

Une affaire de style

L’origine du jeu fait l’objet de plusieurs hypothèses. Dans sa forme primitive, il naît en Asie entre le IIIe et le VIe siècle de notre ère. Le lieu précis est toujours discuté : Inde, Chine, ou Asie centrale (entre la Perse et l’Ouzbékistan). Arrivé en Perse sous le nom de chatrang au VIe siècle, il est adopté, devenant le shatranj, par le monde musulman lors de la conquête islamique de l’Iran (637-751) et y connaît un grand développement qui prépare sa forme moderne. Le jeu d’échecs arrive sans doute en Europe par l’Espagne musulmane aux alentours du Xe siècle, ou par l’Italie du Sud (Sicile), puis progresse dans toute l’Europe à partir du XIe siècle. Depuis l’Inde jusqu’en Espagne, l’élite de la société musulmane joue aux échecs dans tout l’Empire islamique à la fin du Xe siècle. Toute une littérature technique, allégorique et symbolique leur est déjà consacrée. Les occidentaux le découvrirent sans doute sous l’aspect islamisé et stylisé des pièces figuratives indiennes et perses.

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Le modèle islamique adopté par l’Occident : Roi ou Reine, Tour, Cavalier, Pion et Fou.

C’est ce style (A) qui fut adopté en Europe. Il perdura pendant plusieurs siècles, remplacé peu à peu par des figurines retrouvant leurs racines indiennes figuratives.  Le Roi (shah) et la Reine (firzan) ont une forme identique, interprétée comme un personnage installé sur un trône ou sur un palanquin sur le dos d’un éléphant. La reine est plus petite que le roi. La Tour (rukhkh), rectangulaire, est généralement deux fois plus large que longue avec une entaille profonde en V, créant deux cornes latérales, vestiges d’une forteresse. Le Cavalier (faras), comme dans nos échecs modernes, est un cheval, stylisé par une seule excroissance pour la tête. Le pion (baidaq) a une forme conique plus ou moins arrondie.  Le Fou (fil) est un éléphant, où seulement subsistent les défenses, suggérées par deux protubérances sommitales.

Cependant, dans les royaumes islamiques, les pièces continuèrent à évoluer en différents styles qui n’atteignirent jamais l’occident.

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Les différents styles par ordre chronologique

Le roi et la reine sont alors cylindriques, au sommet bombé ou se terminant par un bouton. Le pion a la même forme, les trois ne différant que par la taille : le roi est le plus grand, la reine de taille moyenne et le pion est le plus petit. Le fou et le Cavalier ont une base ronde et un long col cylindrique et il n’est pas facile de distinguer entre les deux, mais on peut généralement dire que le fou a un cou se terminant par une division en deux parties (qui rappelle toujours les défenses de l’éléphant), tandis que le Cavalier conserve une seule petite protubérance, la tête du cheval, au sommet. Parfois, le Fou se termine simplement avec une petite tête ronde, tandis que le cavalier a un sommet plus plat (style C). La Tour a généralement une base ronde se terminant en X.

Le style A, apparu le premier vers le IXe siècle, fut sans doute le plus réussi de l’époque médiévale islamique et survécu longtemps, influençant grandement les pièces médiévales occidentales.

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Cavalier ou fou (style C), pions et roi (style D) XVe-XVIIe en ivoire –  Ashmolean Museum

Afrasiyab, les premières pièces connues

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Les premières pièces d’échecs connues, trouvées à Afrasiab, près de Samarcande, en Ouzbékistan par l’archéologue Jurij F. Burjakov en 1977.

Les pièces d’échecs au cours de l’ère islamique se divisent en deux grandes familles. Dans l’une, les pièces sont des représentations plus ou moins naturalistes des figures, tandis que dans l’autre, elles sont des formes abstraites. Quand, où et pourquoi les pièces ont commencé à devenir abstraites est encore un sujet de débat. Il est probable que les deux types aient été déjà utilisés peu avant l’ère islamique, mais malheureusement, notre connaissance de cette période est très limitée. Nous n’avons aucun objet identifiable comme pièce d’échecs avant le IXe siècle, à l’exception des sept pièces découvertes à Afrasiyab du VIIe siècle. Notre connaissance de l’époque pré-islamique repose donc essentiellement sur la littérature.

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Le pion fantassin (padati), le cavalier et le fierzan( l’antique reine) assez semblables), le chariot-tour et le roi.

À un stade précoce de l’histoire des échecs, les figures étaient réalistes et artistiquement exécutées représentant une armées avec son infanterie, sa cavalerie, le roi et sa cour.

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Roi, Chariot, Vizir et Éléphant d’Afrasiyab

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Sit-tu-yin

Pièces d’échecs birmanes XIXe (24.8 x 22.2 cm) – Philadelphia Museum of Art

Au sit-tu-yin (en birman : စစ်တုရင်), le jeu d’échecs traditionnel de la Birmanie (maintenant Myanmar), descendant direct du chaturanga indien, chaque joueur a un roi, un général, deux tours, deux cavaliers, deux éléphants et huit pions. Ces pièces sont exceptionnelles par leurs tailles et leurs décorations colorées. Le chameau monté est probablement une forme variante de l’éléphant sittuyin (l’équivalent du fou dans les échecs occidentaux).

Les échecs traditionnels de Birmanie ont de nombreuses similitudes avec les anciennes formes d’échecs indiens et offrent une particularité unique : contrairement à la plupart des jeux d’échecs, les pièces birmanes ne se sont jamais installés dans un modèle simplifié et abstrait, mais sont presque toujours des figures soigneusement sculptées, représentant des personnages, des animaux et parfois des personnages légendaires sur le champ de bataille. Ces ensembles uniques sont très prisés par les collectionneurs.

Comme dans les autres formes d’échecs, chacune des six différentes pièces a son propre mouvement sur l’échiquier. Certains sont similaires aux échecs modernes et internationaux et certains sont plus anciens.


Le roi est appelé min-gyi, le mot birman pour « roi ». Son mouvement nous est également familier, une case dans n’importe quelle direction. Comme dans d’autres formes d’échecs, le roi ne peut pas aller là où il est menacé de capture, car sa préservation est primordiale.

La reine, sit-ke, est un « général ». Il se déplace seulement d’une case en diagonale, mouvement très commun retrouvé dans les formes d’échecs antiques et asiatiques. Il est identique au firz, le wizir, quand il arriva en Europe, mais très différent de la reine toute puissante apparue au Moyen Âge en Europe.

L’Éléphant, péché, notre Fou, peut se déplacer d’une case dans cinq directions. C’est-à-dire, une direction pour chacun de ses appendices, y compris le tronc. En conséquence, se déplaçant dans l’une des quatre directions diagonales (pour les jambes) ou d’une case vers l’avant (pour le tronc). Ce déplacement fut très répandu dans les anciennes formes des échecs, et repéré en Inde au début du XIe siècle.

Le Cavalier est appelé myin, « cheval ». Il se déplace de ce mouvement particulier en forme de L vu dans d’autres types d’échecs : deux cases en avant, en arrière, à gauche ou à droite et une case à angle droit. C’est la seule pièce qui ne peut pas être bloquée. Il saute simplement par-dessus les pièces sur son chemin.

La tour s’appelle yahhta, une sorte de « chariot », la pièce est généralement représentée comme une hutte cérémonielle. Cette pièce se déplace exactement comme la tour familière : orthogonalement en avant et en arrière, à gauche ou à droite. Elle peut être bloquée par une pièce sur son passage, ou peut capturer une pièce ennemie si elle en rencontre une.

Le pion s’appelle , un nom inhabituellement honorable pour ce personnage, le plus faible de l’échiquier, évoquant un « seigneur féodal ». Ces petits seigneurs se déplacent comme nos pions modernes, une case en avant et en diagonale pour capturer. Seul le pion a un mouvement spécial pour capturer. Les autres pièces utilisent leurs mouvements normaux et atterrissent sur la case de la pièce adverse.

Voici ce qui caractérise la tradition des échecs birmans. D’abord, les pions sont bien avancés sur le plateau. Chaque joueur commence avec des pions à sa gauche sur la 3e rangée, et des pions à sa droite sur la 4e rangée. Les joueurs procèdent ensuite à la mise en place du reste des pièces dans leur propre arrangement choisi, en suivant quelques lignes directrices :

  • le joueur qui joue les « rouges » commence par installer toutes ses pièces ; le joueur jouant les « noirs » positionne ensuite ses pièces.
  • le premier rang de chaque côté du plateau est réservé aux tours. Elles sont placées n’importe où sur cette rangée.
  • les pièces restantes (min-gyi, myin, sit-ke et péché) sont mises en place selon le souhait du joueur, sur les deuxièmes et troisièmes rangées, derrière les pions. Ces pièces ne peuvent pas être placées sur la première rangée réservée aux tours.
  • le joueur avec les Noirs positionne ses pièces en second, ne pouvant placer une tour en une ligne directe avec le roi adverse, sauf s’il y a au moins une pièce, autre qu’un pion, s’interposant entre la tour et le roi. La pièce entre les deux peut être de l’une ou l’autre couleur. Cela réduit simplement l’avantage du deuxième joueur à établir une attaque immédiate, voyant comment les pièces de son adversaire ont été déployées.
  • après que toutes les pièces soient mises en place, les Rouges font le premier mouvement et les joueurs alternent en déplaçant une pièce à chaque coup tout au long de la partie.

Remarquez les longues diagonales créant un grand « X » sur le plateau. Ces lignes marquent les carrés de promotion. Quand un pion se déplace sur l’une de ces lignes dans le camp adverse, ce pion peut être promu en reine, uniquement si la reine a déjà été capturée. Si un joueur a un pion sur un de ces carrés de promotion pas encore promu, il peut choisir de le promouvoir à tout moment, tant qu’il reste sur la case de promotion et que la reine est hors de l’échiquier. Choisir de faire la promotion de cette manière constitue un mouvement, et le joueur ne bouge aucune pièce sur le plateau avant son prochain tour.

L’objectif du jeu est de piéger le roi ennemi afin qu’il soit menacé et ne puisse éviter la capture. Quand il est en échec, il doit impérativement se déplacer pour échapper à la menace. Si la fuite n’est pas possible, la partie est perdue. Une particularité cependant, le pat n’est pas permis. Si le roi ne peut pas se déplacer, sans aucune possibilité d’action légale, alors qu’il n’est pas en échec, le joueur attaquant doit effectuer un autre mouvement, ne créant pas le pat. S’il devient évident qu’aucun joueur n’a plus assez de matériel pour mater, la partie est alors déclarée nulle.

Le jeu de sittuyin existe depuis plus d’un millénaire sans un ensemble de règles unifiées dans toutes les régions. Les règles données ici sont basées sur les règles de la Fédération d’échecs birmans établies après la Seconde Guerre mondiale, mais elles ne sont en aucun cas universelles.