Archives de catégorie : Enluminures

Cheval de Troie

pizan échecs Épître Othéa
Christine de Pizan, Épître d’Othéa  (1363 -1431) Bnf

L’Épître Othéa, rédigée sans doute vers 1399-1400, est le premier ouvrage en prose de Christine de Pizan. C’est une allégorie, présentée sous la fiction d’une lettre qu’Othéa, déesse de Sapience et de Prudence inventée par Christine, aurait envoyée au jeune prince troyen Hector à l’époque de ses quinze ans. L’Épître est divisée en un prologue et cent chapitres et présente cent « textes » ou courts poèmes évoquant un moment de la guerre de Troie ou un aspect de la mythologie grecque, sujets très appréciés à l’époque. Sous la plume de Christine défilent les dieux et déesses principaux de l’Olympe, ainsi que d’autres personnages mythologiques comme Hercule, Narcisse, Écho, Hermaphrodite, Pyrame et Thisbé, et les acteurs principaux de la guerre de Troie : Hector, Achille, Ulysse, Priam, Hécube, Pâris, Hélène, Cassandre, Patrocle, Andromaque, Anténor, et Troïlus, parmi d’autres. Chaque « texte » est accompagné d’une interprétation morale, intitulée « glose », conseillant l’exercice d’une vertu chevaleresque et contenant une citation philosophique en français.

pizan échecs Épître Othéa
Ulysse jouant aux échecs. Il est clair qu’aucun Grec, fut-il Troyen, ne joua au Échecs !

« Christine de Pizan se fait l’écho d’une légende selon laquelle l’ingénieux Ulysse aurait inventé le jeu d’échecs sous les murs de Troie pour divertir l’armée grecque. Parmi les héros de L’Iliade, Palamède et Achille disputent à Ulysse cette illustre paternité dans l’imaginaire médiéval. » Bnf

l’Épitre d’Othea

Bodmer Épître Othea échecs pisan
Christine de Pisan, Épitre d’Othea · 150 ff. · 28 x 20 cm – Fondation Martin Bodmer, Cologny Suisse

Ce manuscrit de langue française, Le Codex Bodmer, fut commandité par le grand bibliophile Antoine de Bourgogne au modèle de son père Philippe Le Bon. Il contient l’Épître d’Othea, texte écrit par la première femme à vivre de sa plume, Christine de Pisan. Vers 1460, sans doute à Bruges, un copiste et un enlumineur réalisent une magnifique version d’un texte écrit soixante ans plus tôt par la première femme écrivain professionnel en français, Christine de Pizan, qui le destinait à de riches mécènes. Cette épître est la lettre d’une femme, Othéa, déesse de la prudence, derrière laquelle se cache l’auteur. Il est orné par une centaine de magnifiques peintures (le cycle complet), dont l’enluminure de dédicace, où l’on voit quatre personnages que l’on a identifiés comme Philippe le Bon, Charles le Téméraire et les deux bâtards David et Antoine de Bourgogne.
Bodmer Épître Othea échecs pisan

Le manuscrit compte 99 vignettes de 105 mm sur 75 mm, au début de chaque chapitre à l’exception du premier. En grisailles avec des pointes de vert, de bleu, de rouge et d’or. La grisaille était une technique utilisant plusieurs niveaux de gris, du blanc jusqu’au noir, ton sur ton. Le premier à utiliser cette technique sera Giotto au XIV siècle. Elle sera utilisée autant en peinture, en miniature que dans le vitrail.

Le Jeu des eschés moralisé

Un autre manuscrit, parmi les quatre-vingt connus, du Jeu des échecs moralisés de Jacques de Cessoles, traduit ici par Jean de Vignay.  Deux siècles de traduction et éditions dans presque toutes les langues européennes. Il existe trois versions françaises, à peu près contemporaines. Entre 1335 et 1350, Jacques de Vignay se charge de la première traduction. Le texte de Cessoles s’intitule désormais le Jeu des eschés moralisé. De cette traduction, 48 manuscrits et éditions du XVIe furent conservés.

Ce manuscrit, de 88 feuillets ( 257 × 192 mm), a appartenu à Jean de Berry, frère de Charles V. Au folio 88 vo, cette note autographe : « Ce livre est au duc de Berry. — Signé : Jehan. » Écriture de la fin du XIVe siècle, à longues lignes. Initiales ornées en or et couleur et titres rouges

Entre incarnation et abstraction, les échecs fascinent, en témoignent leurs représentations dans la littérature et les arts. La puissance métaphorique des échecs fut perçue dès leur implantation en Occident. Le Moyen Âge exploite en effet les possibilités du jeu en proposant plusieurs types d’interprétations symboliques : les pièces de l’échiquier peuvent reproduire la société civile, être à l’image de la stratégie militaire, représenter les combinaisons infinies du ciel et des planètes, ou servir d’allégorie aux batailles amoureuses. L’image du jeu sert une représentation harmonieuse de la société, le jeu devenant un instrument d’une propagande royale. Panorama sociale original, mais naïf et quelque peu artificiel.

Croisade

Guillaume de Tyr, né à Jérusalem vers 1130 parmi les Latins d’Orient de la seconde génération, fut éduqué à Jérusalem, mais à la fin de l’année 1145 ou au début de 1146, il part finir ses études en Europe, à l’époque où les chevaliers et souverains occidentaux s’apprêtent à partir dans la seconde croisade. Son plus grand ouvrage est une Historia rerum in partibus transmarinis gestarum en vingt-trois livres, mais inachevé.

croisade échecs guillaume tyr
Histoire de la guerre sainte par Guillaume de Tyr, traduction et continuation, 1201-1300 – Bnf

Au départ, un pape du XIXe siècle canalise la violence des grands barons envers les chrétiens d’Occident pour la détourner sur les infidèles d’Orient. Urbain s’adressa à la foule en français : « Ô peuple des Francs ! Peuple aimé et élu de Dieu ! De Jérusalem et de Constantinople, s’est répandue la grave nouvelle qu’une race maudite, totalement étrangère à Dieu, a envahi les terres chrétiennes, les dépeuplant par le fer et le feu. Les envahisseurs ont fait des prisonniers : ils en prennent une partie comme esclaves sur leurs terres, les autres sont mis à mort après de cruelles tortures. Ils ont détruit les autels après les avoir profanés. Cessez de vous haïr ! Mettez fin à vos querelles Prenez le chemin du Saint-Sépulcre, arrachez cette terre à une race maligne, soumettez-là ! Jérusalem est une terre fertile, un paradis de délices. Cette cité royale, au centre de la terre, vous implore de venir à son aide. Partez promptement, et vous obtiendrez le pardon de vos fautes ! Souvenez-vous aussi que vous recevrez pour cela des honneurs et la gloire éternelle au royaume des cieux. »
croisade échecs guillaume tyr

Le résultat, des milliers de croisés s’engagent, pour la plupart avec sincérité, la foi ancrée au plus profond d’eux-mêmes, afin de reconquérir Jérusalem. Ils y affrontèrent les infidèles, mais découvrirent également ce jeu étrange qu’ils emmenèrent dans leurs fontes à leur retour vers la France.

Les quatre frères Aymon

Lors d’une partie d’échecs, Berthelot, neveu de Charlemagne, donne un soufflet à Renaut, l’aîné des fils Aymon. Gravure sur bois vers 1485.-1486, Bibliothèque de Rennes

Aucun texte épique médiéval n’a bénéficié d’une telle fortune populaire que Renaut de Montauban. Les quatre frères Aymon, Allard, Renaud, Guichard et Richard, leur cousin l’enchanteur Maugis et le cheval faé Bayard, se révoltent contre Charlemagne.  L’empereur à la barbe fleurie est ici loin d’incarner les valeurs qui s’attachent à son rang et à sa renommée traditionnelle. Voici une autre version de la partie agitée de Renaut contre le neveu impérial, Berthelot.

Le coup de l’échiquier

quatre fils Aymon échecs
Les quatre fils Aymon de Huon de Villeneuve (auteur présumé du texte), 1483-1485

Renaud est l’un des quatre fils d’Aymon de Dordogne du noble lignage des grands vassaux de l’empereur Charlemagne. Deux de ses frères, Girard de Roussillon et Beuves d’Aigremont, se sont révoltés contre l’autorité impériale. Le prologue de la chanson raconte la révolte de Beuves, trouvant que l’effort de guerre infligé aux grands vassaux est inique. Il fait sécession, grave manquement vassalique. Aussitôt, un ambassadeur impérial est dépêché à sa cour pour l’obliger à remplir ses obligations militaires. Beuves accepte de faire allégeance et se rend à la cour de l’empereur. Mais en chemin, il tombe dans un guet-apens mortel. Ses frères se vengent en dévastant les terres impériales, c’est la faide (vengeance légale), puis ils se réconcilient avec Charlemagne. Aymon parvient à retrouver son rang à la cour et à faire adouber ses quatre fils. Mais, après la cérémonie, Renaud tue un neveu de Charlemagne, lors d’une querelle d’échecs. Pour échapper à la peine capitale, il décide de s’enfuir avec ses trois frères dans la forêt d’Ardenne.

quatre fils Aymon échecs

Regnault de Montauban

Regnault Montauban échecs enluminure
Manuscrit« Regnault de Montauban » tome 3, rédaction en prose, 1451-1500 – Bnf

Renaud de Montauban, l’un des Quatre Fils Aymon et connu en italien sous le nom de Rinaldo di Montalbano, est dans la littérature médiévale le héros légendaire d’une chanson de geste française du XII«  siècle. Ses exploits forment une partie du cycle de chansons de Doon de Mayence, celle des barons rebelles. À l’inverse de ses trois frères Alard, Richard et Guichard, Renaud a été le héros de poèmes épiques italiens traitant de chevalerie, avec son destrier magique Bayard.

Regnault Montauban échecs enluminure

Dans le volume II, Regnault, au cours dune rixe dans une taverne, assassine le neveu de Charlemagne. Cette enluminure est, sans aucun doute, le reflet d’une violence médiévale liée au jeu, attestée par de nombreux témoignages : en 1530, dans une taverne flamande, Jean Amoen utilise une partie de dés pour chercher querelle à un joueur qui avait blessé son cousin et le tuer.

Regnault Montauban échecs enluminure
Manuscrit« Regnault de Montauban », rédaction en prose, tome 2 – Bnf

Si, à son arrivée en Europe, le jeu d’échecs était un jeu noble, réservé à l’élite et se jouant avec lenteur et componction dans les demeures nobles, vers le milieu du Moyen Âge, il s’encanaille dans les tripots, souvent encore joué avec les dés, sources de tricheries et de conflits.

Regnault Montauban échecs enluminure
Comment Regnault occit Berthoulet, le neveu de Charlemagne en jouant au échecs.

Tractatus de ludo scacorum

Tractatus de ludo scacorum : Scacorum ludum ab Ulixe inuentum, entre 1400 et 1499 (Traité du jeu d’échecs – Le jeu d’échecs inventé par Ulysse)

Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque Nationale d’Espagne contient une version abrégée du célèbre texte latin du Liber de moribus hominum et officiis nobilium sive super ludum scaccorum écrit par Jacques de Cessoles au début du XIVe siècle. Il avait auparavant appartenu au cardinal bibliothécaire du Vatican, Francisco Javier Zelada (1717-1801). Au folio 47, nous pouvons lire F Innocenzo Romano, qui était probablement possesseur du codex avant le cardinal Zelada. Son élégante écriture gothique, certaines modalités de ses abréviations, ainsi que ses miniatures délicates, suggèrent une origine dans le cercle de la Bohême, qui avait son centre à Prague sous Venceslas IV (1378-1419).

Ce traité de moralité, d’une immense popularité dans toute l’Europe de la fin du Moyen Age, prend comme base le jeu des échecs, allégorie de la société, les différentes pièces et leurs mouvements ayant un sens moral ou militaire. Cependant, malgré l’analogie évidente avec l’œuvre de Jacobo de Cessolis, le Tractatus de Ludo Scacorum ne doit pas être considéré comme un simple résumé, car il existe des divergences importantes qui pourraient faire penser à une source différente.

Tractatus ludo scacorum

Divisé en huit chapitres, le premier traite de l’invention du jeu à Babylone. Dans le second, l’échiquier représente cette ville ; le troisième décrit comment l’échiquier est similaire à deux royaumes ennemis. Le troisième traite de la signification des figures. Le texte du quatrième porte sur la signification morale des pièces d’échecs et en particulier du roi et de la reine, leurs nobles, les évêques, les chevaliers et des hommes de loi. Les pièces sont ainsi personnifiées. De la même façon, les roturiers sont représentés par les pions : l’officier qui garde la ville et collecte les péages, l’aubergiste, le propriétaire, l’agriculteur, le commerçant, etc.

Dans le cinquième chapitre, le déplacement des figures montre comment établir les camps. Les derniers chapitres sont consacrés à la signification des mouvements des figures, nous enseignant les « œuvres justes et louables », la manière de commander aux armées en bataille et, au huitième, comment les mouvements des pièces symbolisent la rencontrent de ces deux armées.

Le Jeu des échecs moralisé

cessoles échecs moralisé manuscit
Le Jeu des échecs moralisé de Jacques de Cessoles XIVe, University of Chicago

« Destiné à l’origine aux prédicateurs, l’ouvrage connaît un immense succès. Le jeu d’échecs est alors d’un usage courant et figure dans l’éducation des jeunes aristocrates des deux sexes. Tout en précisant les règles du jeu, le texte de Jacques de Cessoles sert de base à l’instruction civique des nobles féodaux, mais aussi des clercs cultivés, des grands bourgeois et des étudiants qui prennent ainsi connaissance et conscience des différentes catégories sociales de la société médiévale. En établissant un parallèle entre figures du jeu et états du monde, mouvement des pièces et rapports sociaux, l’ouvrage offre à ses lecteurs passionnés une représentation du monde où s’exprime l’utopie médiévale d’un pouvoir idéalisé.¹ »

Ce manuscrit du Jeu des échecs moralisé conservé à l’Université de Chicago date de 1365, environ 100 ans avant l’invention de l’imprimerie. Au XIVe siècle, existait un commerce de livres bien développé en dehors des scriptoria monastiques, fournissant des Bibles, des Livres d’Heures, ou des livres de prières pour la dévotion privée, et d’autres livres liturgiques, des textes juridiques, médicaux, philosophiques et autres pour les étudiants, mais aussi des manuscrits d’œuvres profanes. Des métiers s’étaient développés pour chaque composante spécialisée de la production de manuscrits, y compris la fabrication d’encre et de pigments ; préparer du parchemin à partir de peau d’animal ; et écrire et décorer le texte par des scribes, des enlumineurs, des rubricateurs², des doreurs.

cessoles échecs moralisé manuscit

Bien plus qu’un pur divertissement de la pensée, les échecs sont là pour désigner autre chose, un ailleurs, un au-delà qui refléterait, fidèlement ou en le déformant, le monde réel. Cette puissance allégorique des échecs a été perçue dès leur implantation en Occident. Le Moyen Âge exploite en effet les possibilités du jeu en proposant plusieurs types d’interprétations symboliques : les pièces de l’échiquier peuvent reproduire la société civile, être à l’image de la stratégie militaire, représenter les combinaisons infinies du ciel et des planètes, ou servir d’allégorie aux batailles amoureuses.

¹ Le Jeu d’Échecs, Bnf
² La rubrication est l’une des étapes du processus médiéval de réalisation de manuscrit. Ceux qui pratiquaient la rubrication, appelés « rubricateurs », étaient des scribes spécialisés qui recevaient un texte de l’auteur original du manuscrit et l’enrichissaient de textes additionnels à l’encre rouge pour plus d’intensité. Le terme rubrication vient du mot latin rubrico, « colorer en rouge ».

Au jeu des échecs et de l’amour

Le Jeu des eschez moralisé de Jacques de Cessoles, imprimé en 1504

Un couple royal jouant aux échecs (sur un échiquier à trente-six cases, mais avec des pièces allongées très « modernes ». Dans les compartiments latéraux, on voit différents personnages symbolisant tout ensemble les pièces et plusieurs métiers ou états de la société. Bnf

« Dans la lyrique des troubadours, écrit Merritt R. Blakeslee dans son article Lo dous jocx sotils paru dans les Cahiers de civilisation médiévale en 1985, la métaphore de la partie d’échecs amoureuse, qui se range sous la rubrique générale des métaphores du jeu érotique, traduit d’une part l’idée d’un combat entre deux adversaires de haute valeur et d’autre part celle de l’amour comme un rite astreint à des règles complexes et rigides. La métaphore de la partie de dés traduit l’idée de l’amour malheureux ou désordonné. À la spontanéité du coup de dés, qui incite à la licence et à la jouissance immédiate, s’opposent la lenteur, la cérémonie, les contraintes de l’amour dont le symbole est la partie d’échecs, qualités qui imposent un certain ordre au désordre du désir sexuel et à l’imprévu des rapports affectifs ».

enluminure échecs manuscrit cessoles
Jacques de Cessoles, Le Livre de la moralité des nobles hommes et des gens du peuple sur le jeu des échecs (Liber de moribus…). Trad. Jean du Vignay. Paris, fin du XIVe siècle ou début du XVe. Parchemin (305 feuillets). BNF, Manuscrits (fr. 1166 f° 14v°)

Il est certain que notre jeu, reflet de la société féodale hiérarchisée et de la prédominance de la noblesse, tenait une place privilégiée dans la vie aristocratique médiévale. Il passait pour exiger de l’intelligence et de l’instruction, « convenir aux vieillards et aux sages, mais aussi à une jeunesse précoce et brillante. C’était probablement un ju de Cambre (jeu de chambre), un divertissement inaccessible aux basses classes qui avait lieu dans la chambre de la dame, ce théâtre conventionnel des passe-temps cultivés de la société courtoise médiévale — lecture, conversation, jeux — et bien sûr, celui des scènes d’amour* ».

Le combat échiquéen évoque de plus doux combats, renforcée par la position de la jambe gauche du joueur
(allusions phalliques). Métaphore pour nous aujourd’hui étrangère, mais qui n’échappait pas à l’homme du  Moyen Âge.

La pensée médiévale, éminemment symbolique, pouvait trouver dans ce jeu mettant en scène rois, reines, cavaliers et pions un espace riche de projection métaphorique. La partie d’Échecs amoureuse, comme la partie de dé, était l’image du jeu érotique , du joc coni selon l’expression de Marcabru, écrivain et troubadour du XIIe siècle. « La métaphore du jeu de l’amour, lo dous joc qu’entre amigua et aman se fai, figure sous une forme ou une autre dans environ onze pour cent des pièces des troubadours* ». La partie d’Échecs évoque deux idées médiévales fondamentales : l’amour comme lutte entre deux adversaires de hautes valeurs et l’amour comme un rituel aux règles subtiles, mais aussi rigides. « Les échecs, qui anoblissent ceux qui s’y adonnent selon les règles prescrites, sont à la fois représentation, divertissement, et contestation où les tensions du désir sexuel s’incarnent sous forme d’un rite dans les tensions du jeu* ».

* Lo dous jocx sotils : la partie d’échecs amoureuse dans la poésie des troubadours, Merritt R. Blakeslee – Cahiers de Civilisation Médiévale Année 1985 28-110-111 pp. 213-222