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Le jeu d’échecs politique

jeu echecs politique estampe
Le jeu d’échecs politique – Estampe 1701-1788, J. Martin Will éditeur, Bnf.

Parfois, l’art imite la vie ; certains jeux aussi et les échecs en particulier. Les parallèles avec la politique sont nombreux et persistant au cours des siècles. Du Moyen Âge à nos jours, les échecs apportent leur témoignage sur le rapport que les hommes entretiennent avec le monde, sur l’histoire des idées et des mentalités. Il existe, pour Jacques Bernard, un « lien entre les transformations du jeu d’échecs et les évolutions sociales au sens large, entre l’apparition de nouvelles théories échiquéennes et l’évolution de la structure de pensée des contemporains de ces transformations […] la stratégie du jeu, dans son aspect le plus technique, est d’ordre essentiellement social ou plutôt, pour respecter le lien de causalité, que les évolutions et les nouveautés dans des ordres aussi divers que la politique, la philosophie, la littérature, la peinture, la musique, ont des répercussions sur les nouvelles stratégies imaginées, en leur temps, par les grands champions d’échecs.¹ »

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¹ Jacques Bernard, Socio-anthropologie des joueurs d’Échecs (Paris, L’Harmattan, 2005).

Voir l’échiquier

Whitaker echecs
Forest Whitaker dans Phenomenon de Jon Turteltaub

« J’aime jouer aux échecs. Une des dernières fois que j’y ai joué, j’ai commencé à vraiment voir l’échiquier. Je ne veux pas dire juste voir quelques mouvements en avant, mais quelque chose d’autre. Mon jeu a commencé à s’améliorer. C’était les motifs, les modèles sont universels. »

Expertise

« Les maîtres d’échecs n’évaluent pas tous les mouvements possibles. Ils savent comment se débarrasser de 98 % de ce qu’ils pourraient faire pour se concentrer sur le meilleur choix du lot restant. C’est ainsi que l’expertise fonctionne également dans d’autres domaines : les praticiens avisés reconnaissent les schémas familiers et mettent leur créativité, leur improvisation et leurs compétences au service des cas marginaux. »

John Dickerson

Coulez mes larmes…

Dick Coulez mes larmes

« … l’instinct de survie est toujours perdant. C’est vrai pour toutes les créatures vivantes – les taupes, les chauves-souris, les humains, les grenouilles. Même les grenouilles qui fument le cigare et jouent aux échecs. On ne peut jamais réaliser ce que l’instinct de survivance cherche à obtenir. Alors, en définitive, tous nos efforts font long feu, on succombe devant la mort et c’est fini. Mais, quand on aime, on se retire et on observe. »

Philip K. Dick, Coulez mes larmes, dit le policier

Échecs au parc

Emerson echecs
Vue stéréoscopique de Ralph Waldo Emerson jouant aux échecs dans un parc, fin XIXe

Ralph Waldo Emerson, (1803 – 1882), essayiste, philosophe et poète américain, chef de file du mouvement transcendantaliste du début du XIIe siècle, joue, à gauche, dans un parc entouré d’amis et de membres de sa famille.

Emerson cita les échecs dans ses œuvres à diverses occasions, en particulier Morphy pour expliciter la différence entre le regard du professionnel quel qu’il soit et le regard du spectateur amateur : « Morphy a un jeu très audacieux : mais l’audace n’est qu’une illusion du spectateur, car ses coups sont forts et sûrs.* »

* Ralph Waldo Emerson, Les œuvres complètes. 1904. Vol VII. Société et Solitude.

Échiquier mural

échiquier mural marcel duchamp
Marcel Duchamp – Maquette pour pièce d’échecs pour un échiquier mural, vers 1930 (7 cm)

Marcel Duchamp, passionné d’échecs, se fabrique un échiquier murale avec du papier coloré collé sur un disque en carton. « Objectivement, déclarait-il au banquet de l’association d’échecs de New-York, en 1952, une partie d’échecs ressemble beaucoup à un dessin à la plume, avec cette différence que le joueur d’échecs peint avec les formes blanches et noires déjà prêtes, au lieu d’inventer des formes comme le fait l’artiste. Le dessin ainsi élaboré sur l’échiquier n’a apparemment pas de valeur esthétique visuelle, et ressemble d’avantage à une partition de musique, qui peut être jouée et rejouée. Dans les échecs, la beauté n’est pas une expérience visuelle comme en peinture. C’est une beauté plus proche de celle qu’offre la poésie : les pièces d’échecs sont l’alphabet majuscule qui donne forme aux pensées ; et ces pensées, bien qu’elles composent un dessin visuel sur l’échiquier, expriment leur beauté, comme un poème. En fait, je crois que tout joueur d’échecs connaît deux plaisirs esthétiques mélangés : l’image abstraite apparentée à l’écriture, et le plaisir sensuel de l’exécution idéographique de cette image sur l’échiquier. Mes contacts étroits avec les artistes et les joueurs d’échecs m’ont induit à conclure que, si tous les artistes ne sont pas des joueurs d’échecs, tous les joueurs d’échecs sont des artistes ».

Partition échiquéenne

Mankell Wallander capablanca« En ce moment, je suis plongé dans une étude sur les fins de partie virtuoses de Capablanca. Parfois je me dis que ce devrait être possible de transcrire les coups, aux échecs, sous forme de notes. Dans ce cas, les parties de Capablanca seraient des fugues. Ou des messes. »

Henning Mankell, Wallander VI – Avant le gel