Archives de catégorie : Citation

Art Mystérieux

Nabokov Loujine

Et le jeu d’échecs, peut-être parce qu’elle n’y entendait rien, lui apparaissait non pas comme une distraction familiale,  un passe-temps agréable, mais comme un art mystérieux, comparable à tous les arts universellement reconnus.

Vladimir Nabokov, La défense Loujine

Un jeu pour rêver

echecs rever
Somebody to blame par the-surreal-arts, Deviant Art

« Car le jeu d’échecs n’est pas vraiment fait pour jouer. Il est fait pour rêver. Rêver à la marche des pièces et à la structure de l’échiquier. Rêver à l’ordre du monde et au destin des hommes. Rêver à tout ce qui se cache derrière la réalité apparente des êtres et des choses ».

Michel Pastoureau, Le jeu d’échec médiéval – Une histoire symbolique.

Méfiance

Siegbert Tarrasch et Emanuel Lasker

La méfiance est la caractéristique la plus nécessaire du joueur d’échecs.

Siegbert Tarrasch

« La force du Dr Tarrasch ou sa faiblesse si l’on veut, écrivait de lui Emanuel Lasker dans le Lasker’s Chess Magazine de janvier 1906, est son amour-propre prononcé. Sans lui, il aurait été un joueur d’Échecs très médiocre ; doué à un degré anormal, il est devenu un géant ».

Jouer à l’aveugle

« … on n’avait pas à faire à des pièces visibles, audibles, palpables, dont la ciselure précieuse et la matérialité le gênaient toujours et qui lui semblaient la grossière enveloppe terrestre de forces invisibles et merveilleuses. C’est quand il jouait à l’aveugle qu’il ressentait ces forces diverses dans leur pureté originelle. Alors, il ne voyait plus ni la crinière roide des chevaux, ni les petites têtes luisantes des pions, mais sentait que telle ou telle case imaginée était occupée par une force qui s’y concentrait, de sorte que le mouvement de la pièce se présentait à lui comme une décharge, un coup de foudre ; tout le champ de l’échiquier frémissait d’une tension dont il était maître, accumulant ou libérant à sa guise la force électrique. »

Vladimir Nabokov, La défense Loujine

Prince et citoyens

Prince citoyens

« C’est aux échecs que le simple citoyen apprend ce qu’il doit à la société dont il est membre, ce qu’il doit au Prince dont il est le sujet ; il y voit que dans les relations sociales, il faut honorer les rangs et les services […] que la personne du Souverain est inviolable, et que de sa conservation dépendent la sûreté et le bonheur d’un peuple entier. C’est aux échecs que les Princes apprennent que leur puissance a besoin, pour se maintenir, du concours de leurs sujets, que l’autorité du plus grand des Rois est toujours précaire, si le zèle et le dévouement de son peuple ne lui forment un rempart contre ses ennemis ».

Anonyme, sans doute un émigré  français pendant la Révolution.

Se bien garder de vaincre son maître

Baltasar Gracián

Un Seigneur Espagnol, ayant joué très longtemps aux Échecs avec Filippe II et gagné toutes les parties, s’aperçut au sortir du jeu, que le Roi avait un profond chagrin. C’est pourquoi, dès qu’il fut de retour à la maison : « Mes enfants, dit-il, nous n’avons plus que faire à la Cour, il n’y fera jamais bon pour nous, car le Roi est offensé de ne m’avoir pu gagner aux Échecs » (jeu, où tout dépend de l’esprit des joueurs, et non du sort).

Baltasar Gracián, L’homme de Cour,  traduit et commenté par le sieur  Amelot  de la Houssaie.