Archives de catégorie : Cinéma

Malombra

La première version de Malombra d’après le roman d’Antonio Fogazzaro, dans une mise en scène de Carmine Gallone. Marina di Malombra, interprétée par Lyda Borelli, vit recluse au château de son oncle, en attendant son mariage. Elle découvre dans des lettres écrites par sa tante Cecilia que celle-ci fut poussé au suicide par son oncle. S’identifiant à Cecilia et sombrant dans la folie, elle l’assassine pour la venger et se donne la mort. Au milieu de ce long film muet, datant de 1917, une partie d’échecs, nouvelle déclinaison des échecs amoureux ou le jeu devient métaphore du combat des amants.

Un modèle de président

Nancy Berg échecs
Nancy Berg, 1956 – Pthopgraphie de Inge Morath, Magnum

Nancy Berg, modèle et actrice américaine, née en 1931, commença sa carrière, après s’être enfuie de chez elle à 16 ans, dans des publicités télévisées pour les appareils ménagers. Le 4 août 1954, le chroniqueur Leonard Lyons la décrivait comme un « modèle à prix élevé » qui rapporte quarante dollars de l’heure. Le jeu n’est pas un élément du décor, passionnée des échecs, elle fut la présidente de l’Actors Studio Chess Club.

    Nancy Berg échecs    Nancy Berg échecs

Avec son mari, l’acteur Geoffrey Horne – Dino Jarach, 1958 et photographiée par Anthony Calvacca en 1955

Échec à la mort

Échec à la mort, Sherlock Holmes Faces Death, réalisé par Roy William Neill, sorti en 1943, est le sixième film mettant en scène Basil Rathbone (Sherlock Holmes) et Nigel Bruce (le docteur Watson). Le film est librement inspiré de la nouvelle Le Rituel des Musgrave. Le célèbre détective londonien mène l’enquête sur le meurtre de deux frères, tués dans leur manoir. Il décide d’explorer la piste d’une tradition familiale. Utilisant le carrelage du hall du manoir comme un jeu d’échecs géant, avec des membres du personnel comme pièces, Holmes découvre une ancienne crypte funéraire.

La Folle Histoire du monde

Dans La Folle Histoire du Monde, plongée délirante dans l’Histoire mondiale et farce satirique burlesque autant que dévastatrice, Mel Brooks met en scène une partie vivante pour le moins foldingue qui dégénère en partouze : « Le Cavalier prend la Dame, le Fou prend la Dame, les prions prennent la Dame ! »

De la vie des marionnettes

« De la vie des marionnettes », Aus dem Leben der Marionetten, est un téléfilm tourné en Allemagne par Ingmar Bergman en 1980. Enfermé dans une maison close, un client tue la prostituée avec laquelle il devait passer la nuit. Le film reconstitue par fragments les jours qui précèdent afin d’essayer de comprendre la raison de cet acte. « Le film commence en couleur, écrit Jacques Aumont, principalement en rouge, par la fin de la scène avec la prostituée. Mais lorsqu’elle meurt étranglée par Peter, la couleur laisse la place au noir et blanc. Avec la couleur, c’est le rouge qui disparaît, le rouge de la vie et de l’émotion. Ensuite, Ka est morte, mais Peter aussi : il est devenu juste bon à jouer aux échecs, le jeu abstrait et inhumain du noir et du blanc qui, chez Bergman, est aussi le jeu suprême, avec ou contre la mort. » Il illustra ce thème dans son célèbre film, Le Septième sceau.

Fenêtre sur cour

James Stewart échecs
James Stewart était-il joueur d’échecs ? Cela sent la pose pour les photographes.

Immobilisé à cause d’une fracture de la jambe, Jeff, photographe, tue le temps en observant la cour de son immeuble. Il est vite persuadé que le voisin d’en face, qui se disputait fréquemment avec sa femme, l’a tuée… Un ami détective ne le croit pas, mais sa fiancée, Lisa, accepte d’enquêter. C’est l’un des plus grands films de Hitchcock, qui est à la fois une réflexion sur l’amour et sur le cinéma.

« Pendant le tournage de ce nouveau thriller d’Hitchcock, Fenêtre sur cour (Rear Window) qui, comme tous ses films, est plein de suspens et d’intrigues, James Stewart et Wendell Corey se détendent en jouant aux échecs sous le regard avisé de la charmante Grace Kelly. C’est le seul sport que Jimmy peut pratiquer — sa jambe est plâtrée durant tout le film », peut-on lire sur cette coupure de presse. Jimmy Stewart était-il passionné d’échecs ? Je n’ai retrouvé aucune mention d’un quelconque intérêt pour le jeu des rois. Sans doute, les acteurs prennent une pose âpreté pour les photographes avec un élément du décor.

Les tontons-flingueurs

Aujourd’hui considéré comme culte, Les Tontons flingueurs, le film réalisé par Georges Lautner, sur un scénario d’Albert Simonin et des dialogues de Michel Audiard, n’a pourtant pas fait grand bruit lors de sa sortie, en 1963. Dans une scène, Francis Blanche prend son petit-déjeuner devant un échiquier, étudiant le livre Pour Apprendre À Jouer Aux Échecs de Maurice Beaucaire, livre d’initiation de toute une génération.

La Fièvre des échecs

Le jeu d’échecs a toujours inspiré le cinéma. Un des premiers films réalisé autour de la thématique du jeu d’échecs fut La Fièvre des échecs, de Vsevolod Pudovkin, tourné durant le tournoi de Moscou de 1925. Mais l’apparition des échecs la plus ancienne est sans doute dans cette courte saynète Chess Dispute, film britannique réalisé par Robert William Paul en 1903 qui utilisa pour la première fois au cinéma le hors-champ.

« Quel rapport entre Will Smith, Patrick Bruel, Jude Law, Yves Montand ? Des acteurs ? Non, des joueurs d’échecs, écrivait Stéphane Escafre dans la revue « Échec et mat » N° 86 de 2006. L’histoire d’amour passionnée que les échecs et le cinéma entretiennent est plus que centenaire. Entre La Dispute et X-Men 3, plus de deux mille films évoquent les échecs. » La suite de l’article …

Le dictateur

« Les Échecs, le seul d’entre tous les jeux qui échappe à la tyrannie du hasard », écrivait Stephan Zweig, c’est bien le seul lien (sinon l’utilisation politique que put en faire la tyrannie soviétique) que l’on peut faire entre notre jeu et la dictature. Cependant, Chaplin introduit une partie d’échecs dans une scène du Great Dictator. Je ne résiste pas à ajouter, la scène mythique d’Hynkel dansant avec le monde, où Chaplin, jouant de sa ressemblance physique avec Hitler – même petite moustache brune – ridiculise le dictateur.