Archives de catégorie : Cinéma

Queen of Katwe

Pour Phiona, âgée de 10 ans, et sa famille, la vie dans le bidonville pauvre de Katwe à Kampala, en Ouganda, est une lutte constante. Sa mère, Harriet, farouchement déterminée à prendre soin de sa famille, travaille sans relâche, vendant des légumes sur le marché pour assurer la survie de ses enfants. Lorsque Phiona rencontre Robert Katende, ingénieur qui enseigne aux enfants l’art des échecs, elle est se passionne pour ce jeu et devient vite une excellente joueuse, gagnant quelques tournois africains, permettant ainsi à sa famille à sortir de la misère.

Le film, loin des mélodie sirupeuses habituelles de Disney, dégage, grâce à l’excellence et à la sincérité des acteurs, une réelle émotion, délivrant un message d’espoir : « Sur un échiquier, c’est comme la vie dans un bidonville. Il y a des défis et des surprises partout, mais si vous regardez attentivement, vous trouverez des opportunités et le moyen de vous en sortir. »

Un petit reproche, la jeune fille est présentée comme un jeune prodige des échecs, ce qui n’est pas le cas. Obtenant cependant les 50 % requis en neuf parties aux 40e Olympiades d’échecs à Istanbul, en Turquie, elle obtient le titre de candidat maître féminin. Commentant cet événement, le journaliste britannique d’échecs John Saunders écrit : « le niveau de jeu actuel de Phiona est celui d’un joueur de club modeste (1623), mais placé dans le contexte de son dénuement environnemental et éducatif, sa réussite fut impressionnante. » Voici la partie représentée en clôture du film :

L’échiquier politique

Outlander est une série télévisée américaine créée en 2014 par Ronald D. Moore d’après les romans de Diana Gabaldon, relatant les aventures de Claire, une infirmière de la Seconde Guerre Mondiale qui se retrouve accidentellement propulsée en pleine campagne écossaise de 1743. Un succès sur les écrans et un triomphe en librairies.

Un guerrier des Highlands, Jamie Fraser, utilise la passion de son ami, un ministre français, pour obtenir son aide. « Qu’est-ce que la politique, sinon une partie d’échecs à très grande échelle ? »

L’Aigle des mers

L’Aigle des mers, The Sea Hawk, de Michael Curtiz de 1940 est un joyau du cinéma d’aventures. « Cinq ans après Capitaine Blood, voici l’apogée de la collaboration entre Michael Curtiz et Errol Flynn au sein de la Warner, studio à l’exceptionnel savoir-faire. Le rythme et le panache de la mise en scène, la richesse visuelle de la reconstitution historique, les partis pris esthétiques (un duel final marqué par l’expressionnisme d’Europe centrale), l’enthousiasme de l’interprétation : tout tient du miracle, d’une alchimie volatile, et suscite à chaque vision le même enthousiasme. Le sujet du film évoque, à mots plus ou moins couverts, l’inéluctable entrée en guerre des Etats-Unis¹. » Voici une scène ou une partie d’échecs intervient comme simple figurant.

¹ Aurélien Ferenczi, Télérama

Le chat noir

Joan et Peter rencontrent, au cours de leur voyage de noces en Hongrie, le docteur Vitus Verdegast, rescapé d’un camp de prisonniers russes et s’apprêtant à retrouver un vieil ami. Un incident de parcours les oblige à trouver refuge dans le manoir construit par l’énigmatique et effrayant ami du docteur, Hjalmar Poelzig, qui vit entouré de chats noirs. Ce film de Edgar G. Ulmer datant de 1934 est une très lointaine adaptation de l’œuvre d’Edgar Allan Poe par les studios Universal « est surtout l’occasion de réunir pour la première fois à l’écran les deux sacrés monstres (à défaut d’être des monstres sacrés) que sont Bela Lugosi et Boris Karloff¹ ». Dans cette scène, ils s’affrontent aux Échecs.

¹ Damien Taymans, Cinemafantastique.net

Malombra

La première version de Malombra d’après le roman d’Antonio Fogazzaro, dans une mise en scène de Carmine Gallone. Marina di Malombra, interprétée par Lyda Borelli, vit recluse au château de son oncle, en attendant son mariage. Elle découvre dans des lettres écrites par sa tante Cecilia que celle-ci fut poussé au suicide par son oncle. S’identifiant à Cecilia et sombrant dans la folie, elle l’assassine pour la venger et se donne la mort. Au milieu de ce long film muet, datant de 1917, une partie d’échecs, nouvelle déclinaison des échecs amoureux ou le jeu devient métaphore du combat des amants.

Un modèle de président

Nancy Berg échecs
Nancy Berg, 1956 – Pthopgraphie de Inge Morath, Magnum

Nancy Berg, modèle et actrice américaine, née en 1931, commença sa carrière, après s’être enfuie de chez elle à 16 ans, dans des publicités télévisées pour les appareils ménagers. Le 4 août 1954, le chroniqueur Leonard Lyons la décrivait comme un « modèle à prix élevé » qui rapporte quarante dollars de l’heure. Le jeu n’est pas un élément du décor, passionnée des échecs, elle fut la présidente de l’Actors Studio Chess Club.

    Nancy Berg échecs    Nancy Berg échecs

Avec son mari, l’acteur Geoffrey Horne – Dino Jarach, 1958 et photographiée par Anthony Calvacca en 1955

Échec à la mort

Échec à la mort, Sherlock Holmes Faces Death, réalisé par Roy William Neill, sorti en 1943, est le sixième film mettant en scène Basil Rathbone (Sherlock Holmes) et Nigel Bruce (le docteur Watson). Le film est librement inspiré de la nouvelle Le Rituel des Musgrave. Le célèbre détective londonien mène l’enquête sur le meurtre de deux frères, tués dans leur manoir. Il décide d’explorer la piste d’une tradition familiale. Utilisant le carrelage du hall du manoir comme un jeu d’échecs géant, avec des membres du personnel comme pièces, Holmes découvre une ancienne crypte funéraire.

La Folle Histoire du monde

Dans La Folle Histoire du Monde, plongée délirante dans l’Histoire mondiale et farce satirique burlesque autant que dévastatrice, Mel Brooks met en scène une partie vivante pour le moins foldingue qui dégénère en partouze : « Le Cavalier prend la Dame, le Fou prend la Dame, les prions prennent la Dame ! »

De la vie des marionnettes

« De la vie des marionnettes », Aus dem Leben der Marionetten, est un téléfilm tourné en Allemagne par Ingmar Bergman en 1980. Enfermé dans une maison close, un client tue la prostituée avec laquelle il devait passer la nuit. Le film reconstitue par fragments les jours qui précèdent afin d’essayer de comprendre la raison de cet acte. « Le film commence en couleur, écrit Jacques Aumont, principalement en rouge, par la fin de la scène avec la prostituée. Mais lorsqu’elle meurt étranglée par Peter, la couleur laisse la place au noir et blanc. Avec la couleur, c’est le rouge qui disparaît, le rouge de la vie et de l’émotion. Ensuite, Ka est morte, mais Peter aussi : il est devenu juste bon à jouer aux échecs, le jeu abstrait et inhumain du noir et du blanc qui, chez Bergman, est aussi le jeu suprême, avec ou contre la mort. » Il illustra ce thème dans son célèbre film, Le Septième sceau.

Fenêtre sur cour

James Stewart échecs
James Stewart était-il joueur d’échecs ? Cela sent la pose pour les photographes.

Immobilisé à cause d’une fracture de la jambe, Jeff, photographe, tue le temps en observant la cour de son immeuble. Il est vite persuadé que le voisin d’en face, qui se disputait fréquemment avec sa femme, l’a tuée… Un ami détective ne le croit pas, mais sa fiancée, Lisa, accepte d’enquêter. C’est l’un des plus grands films de Hitchcock, qui est à la fois une réflexion sur l’amour et sur le cinéma.

« Pendant le tournage de ce nouveau thriller d’Hitchcock, Fenêtre sur cour (Rear Window) qui, comme tous ses films, est plein de suspens et d’intrigues, James Stewart et Wendell Corey se détendent en jouant aux échecs sous le regard avisé de la charmante Grace Kelly. C’est le seul sport que Jimmy peut pratiquer — sa jambe est plâtrée durant tout le film », peut-on lire sur cette coupure de presse. Jimmy Stewart était-il passionné d’échecs ? Je n’ai retrouvé aucune mention d’un quelconque intérêt pour le jeu des rois. Sans doute, les acteurs prennent une pose âpreté pour les photographes avec un élément du décor.