Archives de catégorie : Cinéma

Le dictateur

« Les Échecs, le seul d’entre tous les jeux qui échappe à la tyrannie du hasard », écrivait Stephan Zweig, c’est bien le seul lien (sinon l’utilisation politique que put en faire la tyrannie soviétique) que l’on peut faire entre notre jeu et la dictature. Cependant, Chaplin introduit une partie d’échecs dans une scène du Great Dictator. Je ne résiste pas à ajouter, la scène mythique d’Hynkel dansant avec le monde, où Chaplin, jouant de sa ressemblance physique avec Hitler – même petite moustache brune – ridiculise le dictateur.

Pawnographie

Chess Mating, écrit, dessiné et réalisé par Ivan Dixon, nous offre un épisode glauque de la vie secrète des pièces d’échecs. Rubber House est un studio d’animation basé à Melbourne et à Sydney, dirigé par les réalisateurs Greg Sharp et Ivan Dixon. Rubber House crée des animations dessinées à la main pour des publicités, des vidéos musicales, des séries pour enfants et des jeux.

Le pacte

Dans le Pacte (Seeking Justice) de Roger Donaldson, le héros, Will Gerard, interprété par Nicolas Cage joue un blitz endiablé pendant que sa femme, musicienne, répète avec son orchestre, puis se fait violemment agresser. Will est contacté par une mystérieuse organisation. Face à une police inefficace et incompétente, un groupe de citoyens s’est réuni pour faire respecter la justice. Ils proposent à Will de venger sa femme en éliminant le coupable en échange d’un petit service qu’il devra leur rendre plus tard. Lorsqu’il comprend que pour effacer sa dette, il devra lui aussi tuer un homme, il réalise qu’il est pris au piège et que les membres de cette organisation sont implantés à tous les niveaux de la société. Une autre partie d’échecs commence…

Échecs très spéciaux

Agents très spéciaux de Guy Ritchie, avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, est  l’adaptation cinématographique de la série télévisée The Man from UNCLE (Des agents très spéciaux) diffusée de 1964 à 1968 sur le réseau NBC.

Cette scène est une variation de plus sur les échecs comme métaphore du jeu amoureux, présente depuis le Moyen Âge. Scène quelque peu tapageuse, bien de notre époque, loin des galanteries médiévales d’antan ou, plus proches de nous, de l’érotisme feutré de L’Affaire Thomas Crown. Comment les échecs du Moyen Âge se sont-ils associés à l’amour ? Courtoisie, galanterie et mots tendres ne vont plus de pair avec ce combat moderne intense entre adversaires compétitifs, généralement masculins et mal rasés. Et pourtant, pour une période de quatre à cinq cents ans, ce jeu de guerre fut la métaphore du jeu amoureux. Peu de temps après que la reine apparût sur l’échiquier, au tournant du XIIe, remplaçant le vizir oriental, l’échiquier devint le champ de conquêtes romantiques autant que militaires.

At Land

At Land (1944) est un film expérimental muet écrit et réalisé par Maya Deren. Récit d’un voyage onirique d’une femme, jouée par Deren, échouée sur une plage et rencontrant d’autres personnes et d’autres versions d’elle-même, « la lutte pour maintenir son identité personnelle », selon l’auteur. Le compositeur John Cage et le poète et critique de cinéma Parker Tyler participèrent à la réalisation et apparurent dans le film, qui fut tourné à Amagansett, Long Island.

« Maya Deren trouve un nouvel espace d’expérimentation, écrit Janos Valuska dans Sens Critique, une plage mentale puisque son personnage (elle-même) est d’abord là, étendu sur le sable, comme ayant été rejeté par les vagues, accouchées par l’océan. Et c’est toute une vie qui est racontée dans son odyssée où d’une scène à l’autre, le plan donc l’espace dans lequel elle évolue, change constamment : en grimpant un arbre décharné, son corps débarque sur une table de convives ; rampant sur la longue nappe (comme un enfant le ferait sous la table) elle entre dans une forêt de feuillage avant de devoir s’extirper d’une abrupte falaise, de s’en aller à travers des dunes, de retrouver une plage déserte. On y croise deux fois un jeu d’échec, comme si déjà, dix ans avant Bergman, la mort accordait un peu de répit au personnage. Deren trouve des idées dans chaque plan : le plan des dunes, stoppé puis repris, mais donnant l’impression de continuité pour faire rétrécir le personnage ; les élégantes transitions (en guise de faux raccords) entre les changements de lieux ; et ce moment glaçant, vers la fin, où le personnage court à travers le passé, se croisant à divers moments de sa vie, dans chacune des situations que l’on vient de voir. Film-rêve, somnambulique avec ces répétitions des mouvements, succession incohérente de plans de façon à accentuer le trouble de personnalité constant. Très beau. Doux et tragique à la fois. »

Le film intégral

Le Joueur d’Échecs


Acteur, puis réalisateur des comédies de son père, Tristan Bernard, le cinéaste Raymond Bernard créa, en 1924, la société des Films historiques et connut un grand succès avec Le Miracle des loups d’après un roman mi-fiction, mi-chronique historique d’Henry Dupuy-Mazuel. En 1927, Raymond Bernard réalise le film muet à grande échelle Le Joueur d’Échecs d’après le roman du même auteur, paru en 1926. Le tournage durera presque un an et le coût total du film atteint 6 millions de francs. Wolfgang von Kempelen met au point un prodigieux automate joueur d’échecs battant avec régularité ses adversaires les plus titrés. Catherine II de Russie souhaite l’affronter, mais le mannequin mécanique cache en réalité un patriote polonais ennemi de l’empire. Pour venir en aide à un ami qui lutte contre la Russie, le baron le dissimule dans le corps de l’automate. Catherine II dispute une partie et perd. Par dépit, elle ordonne l’exécution de la machine. Le baron parvient à faire évader son ami, mais il devra prendre sa place et tombe sous le feu du peloton.

« On construit au studio de Joinville un décor gigantesque de 5 000 mètres carrés représentant la cour du Palais d’hiver de Saint-Petersbourg à l’époque de Catherine II, peut-on lire sur Dvdclassik . Puis les acteurs et les techniciens se rendent en Pologne pour filmer la charge de cavalerie avec la coopération de l’armée polonaise. Albert Préjean est à nouveau du voyage comme figurant et cascadeur. L’équipe de tournage et Pierre Blanchar partent pour Ostrolenka, un petit patelin éloigné de Varsovie. L’armée polonaise vient les recevoir à l’arrivée et leur organise une soirée bien arrosée à la vodka. Le lendemain, les cameramen sont placés en plein milieu de la charge. Préjean est inquiet avec raison. Lorsque la charge est lancée, le réalisateur et les cameramen sont renversés par les chevaux. Bujard a un bras cassé et Mundviller est évanoui. Il revient à lui, mais il est amnésique. Ils s’en sont tirés à bon compte. Raymond Bernard est ravi de voir les superbes gros plans obtenus, malgré le danger. »

Avec : Pierre Blanchar, Edith Jehanne, Charles Dullin, Marcelle Charles Dullin, Pierre Batcheff, Camille Bert, Albert Préjean

En 1938, Jean Dréville en réalisa une nouvelle version sonore avec Françoise Rosay, Conrad Veidt et Paul Cambo.

Le Coup du Berger

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Virginie Vitry dans une scène du Coup du Berger de Jacques Rivette

Le Coup du berger est un film français de la « Nouvelle Vague » réalisé par Jacques Rivette, sorti en 1956. L´expression « La Nouvelle Vague », communément utilisée pour décrire la nouvelle génération de cinéastes français qui émergea à la fin des années 50, un véritable raz-de-marée de jeunes cinéastes anti-conformistes qui vont bousculer les codes très établis du cinéma français et permettre ainsi à un nouveau cinéma d´émerger : le cinéma d´auteur.

Claire, mariée à Jean, a un amant, Claude. Ce dernier lui offre un manteau en fourrure. Mais, pour Claire, il y a un problème : comment ramener la fourrure au domicile conjugal sans que son mari ne suspecte la liaison. Claude échafaude le stratagème suivant : il va aller déposer le manteau dans une consigne, donner le ticket de consigne à Claire qui feindra de l’avoir trouvé dans un taxi et enverra son mari voir ce qui s’y trouve, et ainsi, ramener lui-même le manteau à la maison. Quand Jean rentre de la gare, il n’y a qu’une peau de lapin dans la valise. Jean s’est joué d’eux : lorsque Solange, la sœur de Claire, arrive le soir pour la petite fête improvisée, c’est elle qui porte la fourrure.

Une voix off commente : « Voici la morale de cette histoire, le meilleur joueur d’échec est celui qui prévoit un coup d’avance sur son adversaire. Nous prendrons l’exemple classique le coup dit du berger. Seule une débutante peut s’y laisser prendre. À elle de jouer… Voici donc la peau qui sera l’enjeu de la partie. Claire attaque. Leur plan est simple mettre la fourrure dans une valise, allez à n’importe quelle gare et imiter le voyageur… Le lendemain matin, la partie continue. Claire avance son fou. C’est ici que tourne le vent et que l’échiquier se renverse. Voici le premier coup du mat. Et voilà le dernier coup, Claire comprend qui l’a jouée, trop tard. »

Avec Virginie Vitry (Claire), Jacques Doniol-Valcroze (Jean), Jean-Claude Brialy (Claude), Anne Doat (Solange), Claude Chabrol (un invité), Jean-Luc Godard (un invité), François Truffaut (un invité).