Archives de catégorie : Cinéma

Échecs très spéciaux

Agents très spéciaux de Guy Ritchie, avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, est  l’adaptation cinématographique de la série télévisée The Man from UNCLE (Des agents très spéciaux) diffusée de 1964 à 1968 sur le réseau NBC.

Cette scène est une variation de plus sur les échecs comme métaphore du jeu amoureux, présente depuis le Moyen Âge. Scène quelque peu tapageuse, bien de notre époque, loin des galanteries médiévales d’antan ou, plus proches de nous, de l’érotisme feutré de L’Affaire Thomas Crown. Comment les échecs du Moyen Âge se sont-ils associés à l’amour ? Courtoisie, galanterie et mots tendres ne vont plus de pair avec ce combat moderne intense entre adversaires compétitifs, généralement masculins et mal rasés. Et pourtant, pour une période de quatre à cinq cents ans, ce jeu de guerre fut la métaphore du jeu amoureux. Peu de temps après que la reine apparût sur l’échiquier, au tournant du XIIe, remplaçant le vizir oriental, l’échiquier devint le champ de conquêtes romantiques autant que militaires.

At Land

At Land (1944) est un film expérimental muet écrit et réalisé par Maya Deren. Récit d’un voyage onirique d’une femme, jouée par Deren, échouée sur une plage et rencontrant d’autres personnes et d’autres versions d’elle-même, « la lutte pour maintenir son identité personnelle », selon l’auteur. Le compositeur John Cage et le poète et critique de cinéma Parker Tyler participèrent à la réalisation et apparurent dans le film, qui fut tourné à Amagansett, Long Island.

« Maya Deren trouve un nouvel espace d’expérimentation, écrit Janos Valuska dans Sens Critique, une plage mentale puisque son personnage (elle-même) est d’abord là, étendu sur le sable, comme ayant été rejeté par les vagues, accouchées par l’océan. Et c’est toute une vie qui est racontée dans son odyssée où d’une scène à l’autre, le plan donc l’espace dans lequel elle évolue, change constamment : en grimpant un arbre décharné, son corps débarque sur une table de convives ; rampant sur la longue nappe (comme un enfant le ferait sous la table) elle entre dans une forêt de feuillage avant de devoir s’extirper d’une abrupte falaise, de s’en aller à travers des dunes, de retrouver une plage déserte. On y croise deux fois un jeu d’échec, comme si déjà, dix ans avant Bergman, la mort accordait un peu de répit au personnage. Deren trouve des idées dans chaque plan : le plan des dunes, stoppé puis repris, mais donnant l’impression de continuité pour faire rétrécir le personnage ; les élégantes transitions (en guise de faux raccords) entre les changements de lieux ; et ce moment glaçant, vers la fin, où le personnage court à travers le passé, se croisant à divers moments de sa vie, dans chacune des situations que l’on vient de voir. Film-rêve, somnambulique avec ces répétitions des mouvements, succession incohérente de plans de façon à accentuer le trouble de personnalité constant. Très beau. Doux et tragique à la fois. »

Le film intégral

Le Joueur d’Échecs


Acteur, puis réalisateur des comédies de son père, Tristan Bernard, le cinéaste Raymond Bernard créa, en 1924, la société des Films historiques et connut un grand succès avec Le Miracle des loups d’après un roman mi-fiction, mi-chronique historique d’Henry Dupuy-Mazuel. En 1927, Raymond Bernard réalise le film muet à grande échelle Le Joueur d’Échecs d’après le roman du même auteur, paru en 1926. Le tournage durera presque un an et le coût total du film atteint 6 millions de francs. Wolfgang von Kempelen met au point un prodigieux automate joueur d’échecs battant avec régularité ses adversaires les plus titrés. Catherine II de Russie souhaite l’affronter, mais le mannequin mécanique cache en réalité un patriote polonais ennemi de l’empire. Pour venir en aide à un ami qui lutte contre la Russie, le baron le dissimule dans le corps de l’automate. Catherine II dispute une partie et perd. Par dépit, elle ordonne l’exécution de la machine. Le baron parvient à faire évader son ami, mais il devra prendre sa place et tombe sous le feu du peloton.

« On construit au studio de Joinville un décor gigantesque de 5 000 mètres carrés représentant la cour du Palais d’hiver de Saint-Petersbourg à l’époque de Catherine II, peut-on lire sur Dvdclassik . Puis les acteurs et les techniciens se rendent en Pologne pour filmer la charge de cavalerie avec la coopération de l’armée polonaise. Albert Préjean est à nouveau du voyage comme figurant et cascadeur. L’équipe de tournage et Pierre Blanchar partent pour Ostrolenka, un petit patelin éloigné de Varsovie. L’armée polonaise vient les recevoir à l’arrivée et leur organise une soirée bien arrosée à la vodka. Le lendemain, les cameramen sont placés en plein milieu de la charge. Préjean est inquiet avec raison. Lorsque la charge est lancée, le réalisateur et les cameramen sont renversés par les chevaux. Bujard a un bras cassé et Mundviller est évanoui. Il revient à lui, mais il est amnésique. Ils s’en sont tirés à bon compte. Raymond Bernard est ravi de voir les superbes gros plans obtenus, malgré le danger. »

Avec : Pierre Blanchar, Edith Jehanne, Charles Dullin, Marcelle Charles Dullin, Pierre Batcheff, Camille Bert, Albert Préjean

En 1938, Jean Dréville en réalisa une nouvelle version sonore avec Françoise Rosay, Conrad Veidt et Paul Cambo.

Le Coup du Berger

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Virginie Vitry dans une scène du Coup du Berger de Jacques Rivette

Le Coup du berger est un film français de la « Nouvelle Vague » réalisé par Jacques Rivette, sorti en 1956. L´expression « La Nouvelle Vague », communément utilisée pour décrire la nouvelle génération de cinéastes français qui émergea à la fin des années 50, un véritable raz-de-marée de jeunes cinéastes anti-conformistes qui vont bousculer les codes très établis du cinéma français et permettre ainsi à un nouveau cinéma d´émerger : le cinéma d´auteur.

Claire, mariée à Jean, a un amant, Claude. Ce dernier lui offre un manteau en fourrure. Mais, pour Claire, il y a un problème : comment ramener la fourrure au domicile conjugal sans que son mari ne suspecte la liaison. Claude échafaude le stratagème suivant : il va aller déposer le manteau dans une consigne, donner le ticket de consigne à Claire qui feindra de l’avoir trouvé dans un taxi et enverra son mari voir ce qui s’y trouve, et ainsi, ramener lui-même le manteau à la maison. Quand Jean rentre de la gare, il n’y a qu’une peau de lapin dans la valise. Jean s’est joué d’eux : lorsque Solange, la sœur de Claire, arrive le soir pour la petite fête improvisée, c’est elle qui porte la fourrure.

Une voix off commente : « Voici la morale de cette histoire, le meilleur joueur d’échec est celui qui prévoit un coup d’avance sur son adversaire. Nous prendrons l’exemple classique le coup dit du berger. Seule une débutante peut s’y laisser prendre. À elle de jouer… Voici donc la peau qui sera l’enjeu de la partie. Claire attaque. Leur plan est simple mettre la fourrure dans une valise, allez à n’importe quelle gare et imiter le voyageur… Le lendemain matin, la partie continue. Claire avance son fou. C’est ici que tourne le vent et que l’échiquier se renverse. Voici le premier coup du mat. Et voilà le dernier coup, Claire comprend qui l’a jouée, trop tard. »

Avec Virginie Vitry (Claire), Jacques Doniol-Valcroze (Jean), Jean-Claude Brialy (Claude), Anne Doat (Solange), Claude Chabrol (un invité), Jean-Luc Godard (un invité), François Truffaut (un invité).

Le Joueur d’échecs

Le Joueur d’Échecs est un film réalisé par Jean Dréville de 1938, inspiré de l’histoire du Turc automate. Célèbre canular construit à la fin du XVIIIe siècle, il s’agissait d’un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs. Il fut partiellement détruit dans un incendie. En compagnie de sa fiancée, le prince Boleslas, un jeune patriote polonais, se réfugie chez le baron de Kempelen. Celui-ci est l’inventeur d’un fabuleux automate joueur d’échecs, dans lequel il décide de se dissimuler afin de quitter la Russie. Mais lorsque le robot bat l’impératrice Catherine II, celle-ci exige qu’il soit fusillé sur-le-champ, mais le baron de Kempelen prend héroïquement sa place. Avec Françoise Rosay (Catherine II) , Conrad Veidt (le baron de Kempelen) , Paul Cambo (le prince Boleslas).

Les Joueurs d’échecs

Regardez les mains des puissants généraux qui déploient leurs forces sur le champ de bataille.
Nous ne savons pas si ces mains n’ont jamais tenu des armes.
Mais ce n’est pas une vraie bataille où le sang coule et où se joue le destin des empires.
M. Mir et M. Mirza ne font que jouer à la guerre.
Leurs armées sont constituées de pièces en ivoire et leur champ de bataille est un bout de tissu carré.

Satyajit Ray echecsShatranj Ke Khilari est un film indien (1977) du réalisateur bengali Satyajit Ray, considéré de son vivant et à titre posthume comme le plus grand cinéaste classique indien de son temps. C’est le premier film en couleurs du réalisateur. On y apprend l’origine du jeu des échecs, et les différences qui existent avec son modèle anglais. Il raconte surtout la déliquescence d’un monde anciennement prestigieux, brillant autrefois de mille feux qui s’éteint lentement sur d’anciennes gloires et de futures tensions à venir.

L’intrigue se déroule en 1856 et illustre la vie et les coutumes du XIXe siècle en Inde à la veille de la rébellion indienne de 1857. Au royaume musulman d’Oudh, le souverain Wajid Ali Shah occupe son temps entre la poésie et la musique. Non loin du palais royal, deux propriétaires terriens jouent d’interminables parties d’échecs. Plongés dans leurs passions, ils ignorent les visées colonisatrices de la puissante Compagnie des Indes dont l’armée est aux portes du royaume.

Contrôle

Sur le plateau de Dr. Folamour (1964),  Kubrick joue  avec George C. Scott.

Parmi les nombreuses autres choses que les échecs vous enseignent, c’est a contrôler l’excitation initiale que vous ressentez quand vous voyez quelque chose qui a l’air bien. Cela vous entraîne à réfléchir avant de vous en emparer et aussi, à penser objectivement lorsque vous avez des problèmes.

Stanley Kubrick

Un Cavalier qui surgit…

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Guy Williams alias Zorro et son épouse Janice

Guy Williams (1924 – 1989), qui incarnera à jamais le visage de Zorro, était joueur d’échecs passionné. Né de parents siciliens immigrés aux États-Unis peu avant sa naissance, sa belle prestance et ses talents d’escrimeur lui valent d’être retenu pour ce rôle mythique. Au début des années cinquante, il vit à New-York, en bordure de Central Park, où il peut quotidiennement s’adonner à sa passion : les échecs. Membre du fameux Manhattan Chess Club, il était également suffisamment bon escrimeur sur l’échiquier pour affronter de forts joueurs. Plus tard, il joua contre une grande variété de programmes d’échecs.

Le voici dans l’épisode Amnistie pour Zorro bizarrement devant un échiquier vide :