Archives de catégorie : Cartes Postales

Les caricatures d’Halldór Pétursson

Halldór Petursson Spassky Fischer

Bobby Fischer et Boris Spassky jouèrent, à Reikjavyk en 1972, le match du siècle, le championnat du monde d’échecs, un affrontement Est-Ouest qui dépassa largement l’échiquier. Un artiste et illustrateur islandais, Halldór Pétursson, crée la fameuse série de dessins malicieux sur les deux héros du moment. Ses caricatures montrent le face-à-face entre le capitalisme et le communisme, entre le pouvoir de l’argent et l’idéologie, une autre conception de la vie.

La tête à Sarko

Deux dessins période Charlie, aimablement proposés par Jihel

Connu pour ses orientations politiques anarchistes, JIHEL, de son vrai nom Jacques Camille Lardie, à tout au long de son parcours pictural, exercé son talent à la réalisation de nombreux dessins, cartes postales et affiches en soutien à la cause libertaire. Il avait déjà, dans les années 90, réalisé une série de cartes sur le thème échiquéen. « J’ai beaucoup dessiné sur les échecs, me confia-t-il, c’est un sujet qui se prête agréablement à la satire, je me souviens même avoir fait une affiche en mai 68 ». Il se paye ici, pour Charlie Hebdo, la tête à Sarko.

« Au vu de l’abondance de cartes de Marilyn créées par Jihel, écrit Aurore Rouzeau, on peut sans conteste dire qu’elle est une des muses les plus inspiratrice pour l’artiste » qui l’affiche ici avec Kennedy. Ces cartes m’ont été aimablement envoyez par JIHEL. En le remerciant de sa gentillesse.

La Réclame

chromo échecs
Une série de chromo du XIXe siècle sur le jeu

L’histoire des chromos débuta dans les années 1850, contemporaine d’une révolution industrielle qui apporte de nouveaux produits et fait naître la publicité, la « réclame », permettant aux fabricants de conquérir ces marchés récent. Les commerçants distribuaient ces images naïves afin de promouvoir leurs produits. Chaque semaine, les enfants recevaient gratuitement un chromo différent, complétant peu à peu leur collection. Certes, pour le plaisir des enfants, mais surtout pour faire entrer la publicité dans les foyers et une fidélisation de la clientèle.

Faisons semblant…

carroll alice échecs miroir

« Ce qu’il y a de sûr, c’est que la petite chatte blanche n’y fut pour rien : c’est la petite chatte noire qui fut la cause de tout. En effet, il y avait un bon quart d’heure que la chatte blanche se laissait laver la figure par la vieille chatte (et, somme toute, elle supportait cela assez bien) ; de sorte que, voyez-vous, il lui aurait été absolument impossible de tremper dans cette méchante affaire […] Kitty, sais-tu jouer aux échecs ? Ne souris pas, ma chérie, je parle très sérieusement. Tout à l’heure, pendant que nous étions en train de jouer, tu as suivi la partie comme si tu comprenais : et quand j’ai dit : « Échec ! » tu t’es mise à ronronner ! Ma foi, c’était un échec très réussi, et je suis sûre que j’aurais pu gagner si ce méchant Cavalier n’était pas venu se faufiler au milieu de mes pièces. Kitty, ma chérie, faisons semblant… ».

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir

Échecs et Tapioca

chromo échecs Champenois
Chromo publicitaire de la seconde moitié du XIXe, 6.5 x10  cm

En 1875, Ferdinand Champenois reprend l’imprimerie parisienne Testu et Massin. En 1878, la nouvelle imprimerie est installée au 66 du boulevard Saint-Michel à Paris, l’annuaire du commerce Didot-Bottin la répertorie sous l’étiquette de « fabricant d’images pour le commerce ». Ces cartes chromo étaient offertes avec la marchandise et représentaient le plus souvent des scènes d’enfant. 

Les thèmes différents permettaient la collection.

Les gamins de l’époque les collectionnaient et devaient sans doute tanner les parents pour qu’ils achètent la marque. Le début du merchandising que l’on appelait encore la réclame. En tout cas, quel étrange échiquier. Le dessinateur s’est laissé emporter par son élan ou bien, ne connaissait rien aux échecs. Pas moins de dix-sept rangées !

chromo échecs Champenois

Échecs et Billard

echecs billard
Si le jeu d’échecs fut longtemps le passe-temps de la classe noble et cultivée, il alla, à la fin du Moyen Âge, s’encanailler dans les tavernes et les tripots. Il y rencontra souvent un autre compère de « débauche » : le billard. Compagnonnage paisible, malgré la bille venant perturbée la partie de nos deux pousseurs de bois, ces deux jeux demandant des qualités communes : calme et concentration.

echecs billard
Paul Morphy lors d’une séance de simultanée à l’aveugle au Café de la Régence à Paris, 1858.

Au XIXe, le fameux Café de la Régence les réunissait encore. « Si un militaire, un artiste, un savant, un administrateur, écrivait-on dans Les cafés artistiques et littéraires de Paris, paru en 1882, peuvent arriver à la célébrité ou au moins à la notoriété grâce au courage, au talent, à la science, à l’habileté que chacun d’eux aura déployés, il ne faudrait point conclure que les moyens d’atteindre la réputation soient limités. Danseurs de corde, joueurs de billard ou d’échecs peuvent attirer la foule, soulever des discussions passionnées tout comme un général qui a gagné une bataille ou un orateur applaudi à la Chambre. M. Vignaux, le roi du billard, a toujours autour de lui un public haletant qui regarde avec émotion les billes d’ivoire rouler sur le tapis vert et applaudit fiévreusement les carambolages bien réussis ; enfin le joueur d’échecs, M. Murphy, est aussi connu que son illustre compatriote, le courageux voyageur Stanley*. »

* L’auteur se trompe. Il croit sans doute Morphy (dont il orthographie mal le nom) anglais comme l’explorateur Henry Stanley.