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Recette Miracle

Carlos Torre RepettoLe jeune Maître mexicain Carlos Torre Repetto jouait son premier tournoi international et l’appariement de la première ronde ne l’oppose à rien de moins qu’à Alekhine. Le voyant préoccupé, le Dr Tarrasch lui dit :
Mon jeune ami, voulez-vous savoir comment vaincre Alekhine et gagner toutes les autres parties ?
Le jeune homme désir ardemment connaître un tel secret et Tarrasch lui propose une petite promenade, parlant de choses et d’autres, mais sans évoquer son extraordinaire méthode. Sur des charbons ardents, Torre le presse de lui révéler le secret de la victoire. Et Tarrasch de dire :
L’unique chose que vous avez à faire est d’observer une règle bien simple : jouez toujours le meilleur coup !

Je ne sais si cette rencontre avec Alekhine fut au tournoi de Baden Baden en 1925, mais si c’est le cas, le conseil du Dr Tarrasch fut suffisamment efficace pour lui permettre la nulle :

Une vie étrange que la vie de Carlos Torre Repetto, né dans le Yucatan en 1904 et mort, obscur maître d’Échecs, dans la pauvreté en 1978. Torre arrête les Échecs en 1926, à l’âge de 22 ans, après seulement deux années en professionnel et promettant d’être un challenger sérieux pour le prochain Championnat du monde. Jouant contre trois champions, Alekhine, Capablanca et Lasker, Torre obtient un score positif (+1 =2). Il reçut rétrospectivement le titre de grand maître international de la Fédération internationale des échecs en 1977 pour ses résultats des années 1920.

Remotivation

Rudolph Spielmann

Lorsque Rudolph Spielmann perdait ses parties, il avait l’habitude de sombrer dans un complet découragement. Cela lui arriva ainsi à Carlsbad en 1923. Dans la troisièmement ronde, il battit Reti, mais il perdit la quatrième contre Rubinstein et commença à tout perdre.

Un soir, Reti le culpabilisa : « Mon vieux Spielmann, vous qui êtes l’un des plus grands joueurs d’attaque de tous les temps, je me sens presque enclin à me demander si c’était joli de votre part de m’avoir battu si brillamment à la troisième ronde pour ensuite si simplement faire cadeau de mes points à mes concurrents ! »

Cela du émouvoir Spielmann qui assura :

Bon, demain, je vais gagner ! Ce qui étonna beaucoup Reti.
Mais vous jouer contre Alekhine !
Cela ne fait rien.
Et vous avez les noirs !
D’autant mieux.

Reti ne fut pas convaincu et pensa sincèrement que Spielmann allait se faire massacrer. Ce qui donna cette partie :

Rudolf Spielmann, né en 1883 à Vienne et mort le 20 août 1942 à Stockholm, était surnommé « le maître de l’attaque » et « le dernier chevalier du gambit du roi ». Par son jeu, ponctué de sacrifices et de thèmes nouveaux, il imposait à son adversaire de jouer pour le gain. Lors du tournoi de Carlsbad, aucune de ses parties ne s’est terminée par une nulle. « Un bon sacrifice n’est pas nécessairement celui qui est correct, mais celui qui laissera votre adversaire ahuri et confus », disait-il. Pragmatique, il conseillait : « Ne cherchez pas toujours et objectivement le meilleur coup. Il n’existe pas. Tout cela est question de goûts. Cherchez simplement celui qui vous convient ».

Tronches d’Échecs

David Friedmann
David Friedman travaillant au fusain, en 1964, sur un dessin intitulé « Libération ? », de la série « Parce qu’ils étaient juifs ! »

David Friedmann est né en 1893, à Mährisch Ostrau, maintenant Ostrava en République tchèque. À l’âge de dix-sept ans, il se hasarda à Berlin, à étudier la peinture avec Lovis Corinth et les arts graphiques avec Hermann Struck. Au cours de la Première Guerre mondiale, Friedmann a servi principalement comme artiste militaire dans l’armée austro-hongroise. Friedmann était un peintre reconnu pour ses portraits tirés de la vie. Il perfectionna sa technique tout en travaillant comme artiste indépendant pour les grands journaux de Berlin, produisant des centaines de portraits de personnalités célèbres contemporains.

Son talent pour le portrait a joué un rôle central tout au long de sa carrière et lui a sauvé la vie pendant l’Holocauste. La famille Friedman fut déportée en octobre 1941 de Prague au ghetto de Lodz en Pologne. Ses esquisses des leaders du ghetto en échange de provisions sauvèrent sa vie et celle de sa famille.

En 1923, il apprend qu’un important tournoi aura lieu dans sa ville. Il rencontre Emanuel Lasker qui s’enthousiasme pour cette idée de publier un portfolio de 14 portraits de grands maîtres.



Frank Marshall

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Frank James Marshall (1877 – 1944), joueur d’échecs américain, l’un des plus forts du début du XXe siècle, fut champion des États-Unis de 1909 à 1936. En 1900, Frank Marshall s’assied pour jouer un match contre le joueur britannique Amos Burn (1848-1925) au tournoi international de Paris. Burn était un fumeur impénitent et aimait tirer sur sa bouffarde pendant qu’il étudiait l’échiquier. Après deux mouvements, Burn commence à fouiller ses poches à la recherche de sa pipe et de son tabac. Au quatrième coup, Burn a enfin trouvé sa pipe, mais recherche son cure-pipe. Au huitième coup, il bourre sa pipe de tabac. Marshall joue quelques coups rapidement et au douzième coup, Burn cherche ses allumettes. Au quatorzième coup, il a gratté sa première allumette, mais se concentrant sur la position, se brûle les doigts. Au quinzième, Burn a trouvé une autre allumette et l’a allumé. Au seizième coup, il a finalement allumé sa pipe, mais il est trop tard. Burn est échec et mat au dix-huitième coup. Il ne put jamais fumer sa pipe.