Tous les articles par Claudius

Du lolo pour l’elo

Horizon Organic est une société américaine fondée en 1991 qui produit du lait biologique et d’autres produits alimentaires biologiques. C’est le plus important fournisseur de lait biologique en Amérique du Nord. Ses produits sont vendus dans les supermarchés et les épiceries. Une fille et son grand-père jouent aux échecs. Horizon Organic est un sponsor de Disney Channel.

Le saviez-vous le lait est excellent pour l’elo. Du moins, c’est ce que semble penser les publicistes. Arla Foods est une coopérative internationale basée à Viby, au Danemark, le plus grand producteur de produits laitiers en Scandinavie.

Même le vieux Korchnoï paya cher son manque de préparation laitière !

Bas relief

Alan Boileau – Two Men Playing Chess, bas relief en bois

« À travers mon art, je souhaite montrer ma passion pour la beauté, la vie et les expériences de vie, d’abord sur un plan physique et vibratoire, puis sur un niveau subconscient où l’on répond à la matière et où naissent les relations aux formes et aux couleurs. Par-dessus tout, je m’efforce de célébrer et d’améliorer l’esprit vivant du bois dans chaque œuvre. »

Alan Boileau

Le Monarque ludique

Vito Campanella échecs
El monarca ludico – Vito Campanella

Vito Campanella (Monopoli, 1932 – Buenos Aires, 2014) était un peintre italien, résidant en Argentine. Son travail est principalement surréaliste et il fut l’un des artistes les plus éminents de ce mouvement, considéré comme “el poeta del surrealismo”, le poète du surréalisme au style bien personnel où se mêlent chevaux, pièce d’échecs et bois, créant un univers unique. À la présence du thème échiquéen dans ses œuvres, il répondait : « Il n’y a pas de signification. J’aime les échecs. C’est un jeu très individualiste, que vous pouvez jouer seul contre vous-même, et les pièces sont presque humaines, le roi, la reine, l’évêque, le pion. »

Désastre

desastre Kazuo Ishiguro échecs citation

« C’était comme quand vous vous déplacez aux échecs et que vous retirez votre doigt de la pièce, vous voyez l’erreur que vous avez commise, et il y a cette panique parce que vous ne savez pas encore l’ampleur du désastre que vous avez déclenché. »

Kazuo Ishiguro, Auprès de moi toujours

Plus d’une tour dans son sac

tour roc échecs médiéval
Roc (tour) 65 mm, pièce française ou anglaise, milieu du XIIIe siècle – Musée Vivenel à Compiègne

La tour actuelle s’est métamorphosée au cours de son voyage vers l’Occident chrétien, gardant toujours une importante force symbolique, mais connaissant des fortunes diverses. « C’est la plus puissante pièce du jeu indien, le char de guerre, corps d’armée spectaculaire grâce auquel les Aryens — ancêtres communs aux Indo-Européens — conquirent la vallée de l’Indus au IIe millénaire avant notre ère* », peut-on lire sur le site de la Bnf. En arrivant en Perse, le char est remplacé par le rukh, rapace fabuleux de la mythologie iranienne capable de capturer un éléphant dans ses griffes. Il s’est d’abord maintenu tel quel, puis se transforme en différents animaux (lion, dragon), ou en une scène montrant saint Michel tuant le dragon, voire en un couple de personnages (Adam et Ève, Abel et Caïn, deux chevaliers joutant, scène de chasse, etc.).

tour roc échecs médiéval
Roc, pièce française en ivoire d’éléphant, vers 1140-50, 64 mm. Une face montre deux cavaliers joutant à la lance,
l’autre face représente Adam et Ève mangeant le fruit défendu. Paris, Musée du Louvre.

La tour moderne est arrivée que tardivement sur l’échiquier, s’y installant définitivement que vers le XVe. La char arabe rukh fut traduit en latin par rochus, puis roc en français, se calquant sur le mot italien rocca, désignant une forteresse. « Comment la tour s’est-elle imposée ? Sans doute grâce à l’esthétique stylisée des pièces arabes et persanes. Ainsi les deux pointes profilées en arc de cercle du rukh arabo-persan ont-elles été considérées comme une tour crénelée. Enfin l’anglicisme rook signifiant château, elle prend rapidement la forme d’une tour outre-Manche. Les quatre tours d’angle sont adoptées au XIVe siècle, symboles à la fois du donjon féodal et du mur d’enceinte de la villeneuve  médiévale.* »

* Le jeu d’échecs, Bnf

Comment battre Kasparov

AltaVista (littéralement « vue haute » en espagnol) était un moteur de recherche mis en ligne à l’adresse web altavista.digital.com en décembre 1995 et développé par des chercheurs de Digital Equipment Corporation. Il fut le plus important moteur de recherche textuelle utilisé avant l’arrivée de Google qui le détrôna. Il fut racheté par Yahoo en 2003.

Légendes insulaires

Les pièces de Lewis sont largement reconnues pour être parmi les pièces les plus attrayantes de la sculpture médiévale. Ces figurines miniatures, toutes sculptées en ivoire, mesurant moins de 10 centimètres, possèdent charme et personnalité. Contrairement à d’autres pièces médiévales, délicatement ciselées mais fragiles, les Lewis Chessmen, solidement campés sur l’échiquier, son fonctionnellement bien conçus pour jouer aux échecs, bras, épées, crosses pourtant finement taillés dans la masse, ne font pas courir au joueur maladroit le risque de les briser.

pieces échecs lewis origine

Au temps de leur fabrication, vers la fin du XIIe siècle, le jeu d’échecs était relativement nouveau en Europe du Nord. Où et comment furent-elles trouvées ? Où furent-elles fabriquées. Pour qui ? Depuis le début du XIXe, les propositions scientifiques plus ou moins plausibles s’associent à de bonnes histoires.

Il est généralement admis que le trésor fut découvert en 1831 sur la plage d’Uig, sur la côte ouest de l’île de Lewis. Étonnamment, il existe peu de preuves contemporaines directes, et des recherches récentes ont proposé que Mèalasta, toujours sur la côte, mais à plusieurs kilomètres au sud d’Uig Strand, est probablement un site plus probable. Il ne fallut pas longtemps avant que naissent diverses légendes sur leur découverte. Maden, en 1832, raconte qu’elles furent trouvées par un « paysan en creusant le sable ». Wilson, vingt ans plus tard, ajoute que le paysan trouva les figurines dans une « petite construction souterraine en pierre, un peu comme un four, à peu de profondeur sous la surface ». En 1861, Thomas rapporte une histoire plus élaborée et plus dramatique qu’il tiendrait d’un certain Donald Morrison, mort en 1834 : au début du XVIIe siècle, un marin s’échappait d’un naufrage avec un sac contenant « les richesses de son navire. » Le marin, découvert, est tué, mais quand son meurtrier examine le contenu du sac, ces petits personnages lui paraissent trop incriminants et il parcours alors 10 miles pour les enterrer dans un banc de sable à Uig, où elles sont restées jusqu’en 1831 pour être découvertes par Malcolm Macleod. Dans certaines versions, une vache se joint à l’histoire.

pieces échecs lewis origine

Les questions soulevées par la horde de Lewis continuent d’intriguer les érudits et le public, tandis que les figurines conservent leurs expressions énigmatiques, résignées, inquiètes ou féroces.

L’Échiquier de Charlemagne

Échiquier Charlemagne
L’échiquier de Charlemagne, cabinet des Médailles. Crédit photo : Lulu’s photo blog

L’ensemble de pièces en ivoire, datant de la fin du XIe siècle, appartenant initialement au trésor de Saint-Denis, est actuellement conservé au Cabinet des médailles, à Paris. Charlemagne, né trop tôt et trop à l’ouest, ne joua jamais aux échecs, puisque ce jeu apparut en Occident qu’au pourtour de l’an mille. « De bonne heure, toutefois, explique Michel Pastoureau dans son ouvrage L’Échiquier de Charlemagne, la légende en a fait un adepte des échecs, un champion invincible et surtout le possesseur de pièces merveilleuses, que le calife de Bagdad Haroun el-Rachid lui aurait offert à l’occasion de son couronnement impérial en l’an 800. Très tôt, le roi des jeux était devenu le jeu des rois, et le souvenir du grand empereur ne pouvait pas ne pas y être associé.* »

Vers la fin du XIIIe, l’abbaye de Saint-Denis possédait dans son trésor un ensemble de pièces en ivoire provenant, croyait-on, de l’empereur Carolus Magnus, Charles Ier dit le Grand, notre Charlemagne. Peut-être est-il nécessaire de revenir sur cette notion de trésor au Moyen Âge. C’était l’ensemble des biens précieux (reliques, objets cultuels, métaux précieux, pièces de monnaie, bijoux, vaisselle, armes, harnachements, fourrures, etc.) que possédait toute personne détenant un pouvoir : souverain, prélat, abbaye. « Musée imaginaire, explique Michel Pastoureau, dont la mise en valeur, la conservation ou l’exposition publique font partie intégrante de la liturgie du pouvoir.* » Tout un bric-à-brac parfois hétéroclite, mais cependant marque symbolique de puissance que l’on montrait aux visiteurs de marque. Ces objets, aux origines légendaires, revêtaient parfois un caractère merveilleux, magique, thérapeutique. « Ce sont, poursuit Michel Pastoureau, en effet les croyances qui entourent ces objets et la richesse de leurs matériaux qui leur donnent toute leur efficacité. En revanche, le travail artistique ou intellectuel par lequel ils ont été produits compte peu. Ils ont pour les hommes du Moyen Âge, une forte dimension ontologique, économique et onirique, mais pas esthétique, du moins pas au sens où nous entendons ce mot aujourd’hui. Ils sont là, ils valent cher et ils font rêver.* »

C’est donc dans le trésor de l’abbaye de Saint-Denis, nécropole dynastique, qu’étaient conservées les pièces du jeu de Charlemagne, sans doute depuis la fin du XIIIe siècle jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Quand, comment et pourquoi, elle s’y retrouvèrent ? Nous l’ignorons. Nous ignorons également si ce jeu fut un jour complet, mais leur nombre s’amenuisa au cours des siècles, trente au début du XVIe, puis vingt-trois en 1598, elles ne sont plus que seize (deux rois, deux reines, quatre éléphants, quatre cavaliers, trois chars et un fantassin), le 13 décembre 1793, lors de la confiscation révolutionnaire où elles furent déposées au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale. Très proche du pouvoir royal, l’abbaye, cependant, s’appauvrit au fil des siècles, perdant peu à peu ses privilèges et le trésor s’amenuisa, les pièces furent peut-être vendues pour permettre la survie des moines. Aucune des pièces disparues ne fut retrouvée, mais des pièces semblables, provenant sans doute du même atelier italien, furent découvertes ici ou là, les plus célèbre sont les rois conservés au musée de Bargello à Florence.

* L’échiquier de Charlemagne de Michel Pastoureau, 1990 – Editeur Adam Biro, Collection Un Sur Un

La tête à Sarko

Deux dessins période Charlie, aimablement proposés par Jihel

Connu pour ses orientations politiques anarchistes, JIHEL à tout au long de son parcours pictural, exercé son talent à la réalisation de nombreux dessins, cartes postales et affiches en soutien à la cause libertaire. Il avait déjà, dans les années 90, réalisé une série de cartes sur le thème échiquéen. « J’ai beaucoup dessiné sur les échecs, me confia-t-il, c’est un sujet qui se prête agréablement à la satire, je me souviens même avoir fait une affiche en mai 68 ». Il se paye ici, pour Charlie Hebdo, la tête à Sarko.