Échec au mauvais esprits

Reine et fou en platre, fin du XIXe (vers 1850), Lincolnshire

Ces pièces, une reine et un fou (bishop), moulées dans du plâtre et probablement plongées dans de la résine, furent découvertes lors de la rénovation d’une grange dans le Lincolnshire. La reine est assise sur un trône fleuri, portant une couronne à cinq tourelles. Ses cheveux coulent doucement sur les oreilles de chaque côté de la tête et reposent sur les épaules. Son visage ovale exprime la peur ou l’inquiétude, à l’image des reines de Lewis. L’évêque est assis sur une chaise ornée dans une pose solennelle de prière, les doigts appuyés sur le menton.

Dissimulées dans la charpente, elles assuraient la protection du bétail, témoignant d’une pratique courante de l’époque victorienne : des objets ordinaires dissimulés sous forme de totems défensifs. Bien que l’utilisation de pièces d’échecs soit jusqu’ici non documentée, le contexte de la découverte semble appuyer leur utilisation en tant qu’amulettes protectrices. En effet, le choix délibéré d’un évêque priant et de la reine — cette dernière pouvant jouer le rôle de Marie — semble également ajouter du poids à cette interprétation. Ces pièces furent sans doute fabriquées à partir de moules médiévaux aujourd’hui perdus.