Des joueurs début de siècle

Albert Marquet et Louis Jou jouant aux échecs, 1933 fusain et pastel sur papier 13 x 19,5 cm.

Charles Camoin (1879 – 1965), est un peintre français rattaché au fauvisme. Il représente ici deux de ses amis : le peintre Albert Marquet avec qui, il parcourait les rues de Paris à la recherche de jolis points de vue à peindre et Luis Felipe-Vicente Jou i Senabre, dit Louis Jou, peintre, graveur et typographe catalan.

Jeu de carrosse

Ces jeux, en os ou en ivoire, étaient conçus pour être fichés dans un coussin brodé d’un échiquier ou bien encore pour jouer dans le sable où l’échiquier était rapidement tracé. Pour distinguer les cases, les « cases noires » étaient humidifiées. Le développement des communications et des voyages aux XVIIIe et XIXe siècles entraînent la création de diverses stations thermales climatiques sur la côte atlantique française. Les plages étaient envahies l’été par l’aristocratie française et anglaise, qui consacrait une partie du temps aux échecs.

Premier pique-sable retrouvé par Jean Maunoury, fin du XVIIIe.

 Ces silhouettes de voyage, principalement fabriquées aux XVIIIe et XIXe siècles à Dieppe, célèbre pour son traitement de l’ivoire depuis le XVe, étaient mieux sculptées dans la partie avant, aplaties et peu reconnaissables sur l’arrière. Elles étaient prolongées d’une tige portant leur hauteur à 10-15 cm. Les aristocrates français, lors de longs voyages en calèche, aimaient jouer aux échecs avec de telles pièces. Lorsqu’il voyageait, le roi Louis XIII jouait ainsi.

Ils peuvent être parfois confondus avec le jeu de jonchets, composé de bâtonnets d’os ou d’ivoire, dont certains figurés, qu’il faut retirer un à un sans faire bouger les autres. Il est possible que ces pièces aient pu être interchangeables.

Les joueurs d’échecs d’Émil Filla

Les Joueurs d’Échecs d’Émil Fila, 1908

Émil Filla était l’un des principaux artistes d’avant-garde tchèques. Bien que la majeure partie de son œuvre relève du cubiste, elle fut fortement influencée à ses débuts par Edward Munch, les Fauves français et les expressionnistes allemands du groupe Die Brücke. Les joueurs d’échecs, peints en 1908 appartiennent à son œuvre la plus expressionniste.

Bronze d’échecs

Cavalier – Avec l’aimable autorisation de Michel Faget

Michel Faget, se définissant comme un vitisculpteur, puise son inspiration dans l’univers de la vigne et travaille le bronze. Il abandonne ici le monde viticole pour ce superbe jeu d’échecs, dans un style contemporain, stylisé et dépouillé. « Pas de moule mais une empreinte pour chaque tirage, chaque pièce est ainsi unique ; unique aussi puisque travaillée à la main à chaque étape de sa finition », explique-t-il.

Michel Faget sur et

Saint-Étienne jouant aux échecs

St. Stephen playing chess, manuscrit anglais vers 1300 – © The Walters Art Museum

On se demande bien pourquoi ce brave Saint-Étienne, prédicateur juif du premier siècle, joue à ce jeu encore inconnu du monde antique. Il est vrai qu’au début du XIVe siècle, sous l’influence de Jacques de Cessoles, le jeu se moralise. Les échecs ont quitté les maisons nobles pour s’encanailler dans les tripots et se jouent encore avec les dés (et parfois pour de l’argent). Les mauvais perdants cherchent querelle et des rixes éclatent. Ils ne sont guère en odeur de sainteté auprès des autorités ecclésiastiques qui réprouvent les jeux de hasard. Les moinillons enlumineurs, qui ne sont pas les derniers à pousser du bois, cherchent sans doute à leur refaire une honnêteté plus catholique.

… et encore l’échiquier inversé !

Les échecs de John Opie

John Opie – The Game of Chess vers 1790, huile sur toile .

John Opie (1761-1807), portraitiste britannique des célébrités de son époque, y compris des membres de la famille royale. Dans ce tableau enchanteur, deux petits garçons jouent aux échecs tandis qu’un troisième les regarde, attendant peut-être de jouer le vainqueur. L’échiquier s’avance dans notre espace, nous invitant également dans le jeu. L’artiste, lui-même enfant prodige, a capturé la joie pure du jeu, reflétant une nouvelle philosophie révolutionnaire sur l’importance du jeu dans l’enfance qui se développait dans toute l’Europe à la fin du XVIIIe siècle. Au lieu de vêtements corsetés et raides, des vêtements plus amples et sans contrainte, telle que la tenue verte portée ici, permettaient aux enfants de jouer enfin librement. Cependant, une nouvelle fois, l’inversion des cases de l’échiquier. Curieux en cette fin de siècle, où la gent cultivée jouait aux échecs.