Le roman de Troie

Le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure, un clerc tourangeau au service d’Henri II Plantagenêt, fut écrit vers 1160 et relate la prise de Troie. Le succès, que l’on mesure au vu des cinquante-deux manuscrits conservés, fut énorme. Plusieurs récits mythiques sur l’origine des échecs circulaient au Moyen Âge. L’on connaissait parfaitement l’origine orientale du jeu, mais, pour leur assurer un prestige et une légitimité plus grande, l’homme médiéval liait leur invention à l’Antiquité, biblique ou classique. Palamède, le guerrier grec, déjà inventeur mythique de l’alphabet, l’aurait conçu pour désennuyer ses soldats au pied des muraille de Troie durant le siège.

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Manuscrit probablement de Bruxelles vers 1450

Dans le texte de Benoît de Sainte-Maure « contrairement à la légende qui le fait inventer de l’autre côté des remparts par l’un ou l’autre chef grec, le jeu d’échecs n’est pas alors mis au point pour lutter contre l’ennui provoqué par la longueur du siège, mais bien plus tôt, à l’issue de la reconstruction de la ville par Priam, dans un moment de joie et de célébration : la réédification de la cité et la réorganisation du royaume sont couronnées par cette invention, avec laquelle Benoît termine sa description de la nouvelle Troie.¹ »

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« Devant la sale de la tor,
Fors des arvous del parleor,
Ot une place grant e lee,
De haut mur tote avironee ;
Le trait durot a un archier :
La joërent maint chevalier
As dez, as eschès e as tables,
E as autres gieus deportables. »

¹ Les échecs et la cité de Troie, Anne Rochebouet et Anne Salamon, Questes.

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