The Game and Playe of Chesse

The Game and Playe of Chesse est un livre de William Caxton, le premier imprimeur anglais. Publié dans les années 1474, il fut considéré pendant un certain temps comme le premier livre publié en anglais, mais ce titre est désormais attribué à Recuyell des Historyes of Troye, également de Caxton. Il était basé sur le Liber de moribus hominum et officiis nobilium popularium ac super ludo scachorum (Le Livre des Mœurs des hommes et les devoirs des nobles et des roturiers, sur le jeu des échecs) de Jacobus de Cessolis. En dépit de son titre, ce livre n’avait en fait que peu à dire sur le jeu d’échecs. C’était une allégorie des structures sociales où chaque rang avait son rôle attribué.

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Ce texte, le plus diffusé de la fin du Moyen Âge, s’ouvre avec l’histoire d’un roi nommé Evil-Merodach régnant sur Babylone en tyran. Selon la tradition babylonienne, il  gouvernait mal, ne respectant pas les droits de ses sujets, n’écoutant pas les avis de son entourage. Il arrive au pouvoir en tuant son père, Nabuchodonosor II, découpant son corps en trois cents pièces, les donnant en pâture à trois cents oiseaux. Cet assassinat violent trouble Philomètre, un philosophe de la cité de Babylone. À la demande du peuple, il acceptent d’instruire le roi dans l’art de gouverner. À cette fin, Philomètre crée le jeu d’échecs, qu’il apprend d’abord aux courtisans. Quand le souverain voit ses hommes jouer, il veut participer et le sage lui enseigne les règles. Evil-Merodach demande alors à Philomètre :
— Pourquoi as-tu créé ce jeu ?
— Ce jeu t’apprendra à vivre une vie vertueuse, répond le philosophe. Jouer aux échecs, t’enseigneras l’art de la bonne gouvernance.

Les lecteurs rencontrent d’abord le roi, la reine, les évêques (fous), imaginés comme juges, les chevaliers et les tours, représentées ici comme les émissaires du roi. Puis les huit différents pions, qui représentent des métiers allant des agriculteurs aux messagers, en passant par les aubergistes, les changeurs de monnaie, les médecins, les notaires, les forgerons et plusieurs autres artisans et commerçants. Jumelée avec chaque profession, une liste énonce les codes moraux. Le pion qui représente le changeur d’argent, par exemple, manipule de l’or, de l’argent et des biens de valeur et doit ainsi « fuir l’avarice et la convoitise ». Le chevalier, chargé de la sécurité du royaume, doit être « sage, libéral, fort et plein de pitié ». La reine, chargée de donner naissance au futur dirigeant de la communauté, devra veiller à être chaste, sage, honnête, bienveillante », etc. Un royaume doit s’organiser autour de liens et d’associations professionnelles, eux-mêmes régis par la loi morale plutôt que par la parenté.

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1474, le premier livre imprimé sur les échecs

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