Un chevalier en armure

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Cavalier en ivoire d’éléphant, Europe de l’est (6 x 6,4 cm), vers 1350 – Metropolitan Museum

Ce remarquable Cavalier en ivoire, le survivant solitaire d’un ensemble disparu, fournit une description rare d’une armure complète de la fin du XIVe siècle à la fois pour l’homme et le cheval. En outre, il est l’une des plus anciennes représentations avant le XVIe siècle.

L’armure de l’homme et du cheval peuvent être datées de la seconde moitié du XIVe siècle. Celle de l’homme d’armes se compose d’un bassinet à visière avec une protection du cou (camaille en côte de maille), d’une chemise à manches longues, de gantelets en forme de sablier, de genouillères et de jambières. Le personnage se protège de son bouclier de cavalier, une targe. L’épée de guerre ou « grande épée » est suspendue à son flanc gauche, tandis que sa main droite tenait autrefois une lance reposant devant l’arc de selle ; seule la partie inférieure de la lance a survécu.

cavalier ivoire échecs pièce médiévalL’élément le plus notable du harnachement est le grand chamfron (ou chanfrein), la large pièce de fer qui entoure toute la tête de l’animal. Le chamfron s’étend avec habileté de l’arrière jusqu’à la pointe du museau, où il est percé pour la ventilation. La zone des oreilles est trop usée pour révéler toute défense, mais les yeux sont couverts par des protections en forme de coupes. Une ligne étagée de chaque côté de la tête suggère que la grande plaque principale est reliée par des charnières à d’autres plaques protégeant le dessous de la mâchoire inférieure du cheval. Le chanfrein est prolongé à l’arrière par deux nervures qui semblent entourer complètement le cou. Une côte de maille protège le bas du cou, la poitrine et l’arrière-train et s’étend à l’origine jusqu’au genou et au jarret de l’animal, aujourd’hui manquants.

En plus, le cheval porte quatre panneaux. Le premier, en forme de pectoral est suspendu à la base du cou, protégeant la poitrine ; un panneau carré de chaque côté des quartiers arrières et un panneau en forme de bouclier à l’arrière, cachant complètement la queue, sont suspendus à un système de sangles au travers la croupe. Ces panneaux, servant à la fois de protections supplémentaires et de parures, étaient en cuir durci recouvert de textiles peints ou brodés avec les armoiries du chevalier.

L’absence d’armure de plaque pour le torse et les bras de l’homme, ou d’un revêtement textile pour son corps, est inhabituel pour la fin du XIVe siècle, mais les représentations de ce type particulier de chamfron peuvent être trouvées dans la dernière moitié du XIVe jusqu’au moins la deuxième décade du XVe. Les protège-yeux du destrier en forme de cuillère, le manque d’armure de plaque pour le cavalier et le fait que les côtes de mailles recouvrant les chevaux sont rapidement tombés en désuétude après le début du XVe siècle, plaident pour une datation de cette pièce au quatorzième siècle.

Au début du haut Moyen Âge, les épées sont portées au côté gauche au moyen d’un double pontet vertical (sorte de boucle rigide).

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