Reliquaire ou Reine d’échecs ?

reine reliquaire échecs cluny
Dernier quart du XIe siècle. Ivoire d’éléphant.

Cette pièce du bas Moyen-Âge, XIIe siècle, proviendrait du trésor de la cathédrale de Reims. Le vrai trésor, pour l’Église, est bien sûr celui que l’on se constitue dans les cieux ; sur terre, le trésor de reliques est le seul qui reçoive une approbation inconditionnée — du moins dans les positions les plus rigoureuses, même si, pour la fin du Moyen Âge, on pourrait sans doute trouver des attitudes plus nuancées. Un trésor au Moyen-Âge et un « musée imaginaire, explique Michel Pastoureau, dont la mise en valeur, la conservation ou l’exposition publique font partie intégrante de la liturgie du pouvoir.* » Tout un bric-à-brac parfois hétéroclite, mais cependant marque symbolique de puissance que l’on montrait aux visiteurs de marque.

Le soubassement représente une scène de l’enfance du Christ et son baptême. La partie supérieure, la légende du baptême de Clovis.

* L’échiquier de Charlemagne de Michel Pastoureau, 1990 – Editeur Adam Biro, Collection Un Sur Un