l’Épitre d’Othea

Bodmer Épître Othea échecs pisan
Christine de Pisan, Épitre d’Othea · 150 ff. · 28 x 20 cm – Fondation Martin Bodmer, Cologny Suisse

Ce manuscrit de langue française, Le Codex Bodmer, fut commandité par le grand bibliophile Antoine de Bourgogne au modèle de son père Philippe Le Bon. Il contient l’Épître d’Othea, texte écrit par la première femme à vivre de sa plume, Christine de Pisan. Vers 1460, sans doute à Bruges, un copiste et un enlumineur réalisent une magnifique version d’un texte écrit soixante ans plus tôt par la première femme écrivain professionnel en français, Christine de Pizan, qui le destinait à de riches mécènes. Cette épître est la lettre d’une femme, Othéa, déesse de la prudence, derrière laquelle se cache l’auteur. Il est orné par une centaine de magnifiques peintures (le cycle complet), dont l’enluminure de dédicace, où l’on voit quatre personnages que l’on a identifiés comme Philippe le Bon, Charles le Téméraire et les deux bâtards David et Antoine de Bourgogne.
Bodmer Épître Othea échecs pisan

Le manuscrit compte 99 vignettes de 105 mm sur 75 mm, au début de chaque chapitre à l’exception du premier. En grisailles avec des pointes de vert, de bleu, de rouge et d’or. La grisaille était une technique utilisant plusieurs niveaux de gris, du blanc jusqu’au noir, ton sur ton. Le premier à utiliser cette technique sera Giotto au XIV siècle. Elle sera utilisée autant en peinture, en miniature que dans le vitrail.