Coffret en ivoire

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Coffret, face droite (64 x 88 mm) – © Victoria and Albert Museum, London

Coffret en ivoire d’éléphant fabriqué à Paris dans le milieu du XIVe siècle. Les montures, de date postérieure, sont en cuivre doré serti de pâtes de verre. À partir de 1320 environ, des coffrets en ivoire présentant des sujet séculier sont produits en grand nombre, visant une clientèle riche, partageant souvent les modèles retrouvés sur les valves de miroir.

coffrets échecs ivoireLa nature des sujets, l’amour courtois, la chevalerie, indique que ces objets étaient utilisés comme présent de cour et de mariage. Les faces représentent des scènes domestiques et courtoises : chevaliers et nobles dames en conversation ou jouant des instruments de musique, jouant aux échecs. Les  pièces dans la main de la jeune femme sont un motif récurant de ce genre de scènes et devaient être porteur de sens pour l’homme médiéval : sans doute qu’au jeu de l’amour, la femme gagne toujours.

Il est assez semblable à ce coffret de mariage du XIVe siècle, originaire du Nord de la France, où un couple joue dans un jardin. Au tournant du XIIe siècle, les mœurs s’adoucissent sous l’influence de l’Église, qui instaure sa Paix de Dieu et « ce divertissement au départ guerrier, s’adapte à l’émergence de nouvelles valeurs et porte, pour les esprits éclairés de l’époque, à l’acquisition de qualités éminemment courtoises, telles que la modestie et le contrôle de soi, la modération du geste et la domination des mouvements passionnels¹. » Les échecs ne sont plus seulement une distraction militaire, mais aussi le divertissement raffiné de cette élite aristocratique où s’incarne la supériorité de ses rites et de ses codes. Le jeu d’échecs devient dès lors le symbole d’un raffinement moral et intellectuel, représentant l’affrontement symbolique des amants sur le terrain du jeu et de la séduction.

Coffret de mariage – Museum of Fine Arts, Boston

¹ Maxime Kamin, revue L’Éléphant N° 14, 2016.