Sit-tu-yin

Pièces d’échecs birmanes XIXe (24.8 x 22.2 cm) – Philadelphia Museum of Art

Au sit-tu-yin (en birman : စစ်တုရင်), le jeu d’échecs traditionnel de la Birmanie (maintenant Myanmar), descendant direct du chaturanga indien, chaque joueur a un roi, un général, deux tours, deux cavaliers, deux éléphants et huit pions. Ces pièces sont exceptionnelles par leurs tailles et leurs décorations colorées. Le chameau monté est probablement une forme variante de l’éléphant sittuyin (l’équivalent du fou dans les échecs occidentaux).

Les échecs traditionnels de Birmanie ont de nombreuses similitudes avec les anciennes formes d’échecs indiens et offrent une particularité unique : contrairement à la plupart des jeux d’échecs, les pièces birmanes ne se sont jamais installés dans un modèle simplifié et abstrait, mais sont presque toujours des figures soigneusement sculptées, représentant des personnages, des animaux et parfois des personnages légendaires sur le champ de bataille. Ces ensembles uniques sont très prisés par les collectionneurs.

Comme dans les autres formes d’échecs, chacune des six différentes pièces a son propre mouvement sur l’échiquier. Certains sont similaires aux échecs modernes et internationaux et certains sont plus anciens.


Le roi est appelé min-gyi, le mot birman pour « roi ». Son mouvement nous est également familier, une case dans n’importe quelle direction. Comme dans d’autres formes d’échecs, le roi ne peut pas aller là où il est menacé de capture, car sa préservation est primordiale.

La reine, sit-ke, est un « général ». Il se déplace seulement d’une case en diagonale, mouvement très commun retrouvé dans les formes d’échecs antiques et asiatiques. Il est identique au firz, le wizir, quand il arriva en Europe, mais très différent de la reine toute puissante apparue au Moyen Âge en Europe.

L’Éléphant, péché, notre Fou, peut se déplacer d’une case dans cinq directions. C’est-à-dire, une direction pour chacun de ses appendices, y compris le tronc. En conséquence, se déplaçant dans l’une des quatre directions diagonales (pour les jambes) ou d’une case vers l’avant (pour le tronc). Ce déplacement fut très répandu dans les anciennes formes des échecs, et repéré en Inde au début du XIe siècle.

Le Cavalier est appelé myin, « cheval ». Il se déplace de ce mouvement particulier en forme de L vu dans d’autres types d’échecs : deux cases en avant, en arrière, à gauche ou à droite et une case à angle droit. C’est la seule pièce qui ne peut pas être bloquée. Il saute simplement par-dessus les pièces sur son chemin.

La tour s’appelle yahhta, une sorte de « chariot », la pièce est généralement représentée comme une hutte cérémonielle. Cette pièce se déplace exactement comme la tour familière : orthogonalement en avant et en arrière, à gauche ou à droite. Elle peut être bloquée par une pièce sur son passage, ou peut capturer une pièce ennemie si elle en rencontre une.

Le pion s’appelle , un nom inhabituellement honorable pour ce personnage, le plus faible de l’échiquier, évoquant un « seigneur féodal ». Ces petits seigneurs se déplacent comme nos pions modernes, une case en avant et en diagonale pour capturer. Seul le pion a un mouvement spécial pour capturer. Les autres pièces utilisent leurs mouvements normaux et atterrissent sur la case de la pièce adverse.

Voici ce qui caractérise la tradition des échecs birmans. D’abord, les pions sont bien avancés sur le plateau. Chaque joueur commence avec des pions à sa gauche sur la 3e rangée, et des pions à sa droite sur la 4e rangée. Les joueurs procèdent ensuite à la mise en place du reste des pièces dans leur propre arrangement choisi, en suivant quelques lignes directrices :

  • le joueur qui joue les « rouges » commence par installer toutes ses pièces ; le joueur jouant les « noirs » positionne ensuite ses pièces.
  • le premier rang de chaque côté du plateau est réservé aux tours. Elles sont placées n’importe où sur cette rangée.
  • les pièces restantes (min-gyi, myin, sit-ke et péché) sont mises en place selon le souhait du joueur, sur les deuxièmes et troisièmes rangées, derrière les pions. Ces pièces ne peuvent pas être placées sur la première rangée réservée aux tours.
  • le joueur avec les Noirs positionne ses pièces en second, ne pouvant placer une tour en une ligne directe avec le roi adverse, sauf s’il y a au moins une pièce, autre qu’un pion, s’interposant entre la tour et le roi. La pièce entre les deux peut être de l’une ou l’autre couleur. Cela réduit simplement l’avantage du deuxième joueur à établir une attaque immédiate, voyant comment les pièces de son adversaire ont été déployées.
  • après que toutes les pièces soient mises en place, les Rouges font le premier mouvement et les joueurs alternent en déplaçant une pièce à chaque coup tout au long de la partie.

Remarquez les longues diagonales créant un grand « X » sur le plateau. Ces lignes marquent les carrés de promotion. Quand un pion se déplace sur l’une de ces lignes dans le camp adverse, ce pion peut être promu en reine, uniquement si la reine a déjà été capturée. Si un joueur a un pion sur un de ces carrés de promotion pas encore promu, il peut choisir de le promouvoir à tout moment, tant qu’il reste sur la case de promotion et que la reine est hors de l’échiquier. Choisir de faire la promotion de cette manière constitue un mouvement, et le joueur ne bouge aucune pièce sur le plateau avant son prochain tour.

L’objectif du jeu est de piéger le roi ennemi afin qu’il soit menacé et ne puisse éviter la capture. Quand il est en échec, il doit impérativement se déplacer pour échapper à la menace. Si la fuite n’est pas possible, la partie est perdue. Une particularité cependant, le pat n’est pas permis. Si le roi ne peut pas se déplacer, sans aucune possibilité d’action légale, alors qu’il n’est pas en échec, le joueur attaquant doit effectuer un autre mouvement, ne créant pas le pat. S’il devient évident qu’aucun joueur n’a plus assez de matériel pour mater, la partie est alors déclarée nulle.

Le jeu de sittuyin existe depuis plus d’un millénaire sans un ensemble de règles unifiées dans toutes les régions. Les règles données ici sont basées sur les règles de la Fédération d’échecs birmans établies après la Seconde Guerre mondiale, mais elles ne sont en aucun cas universelles.

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