Vivant échecs

Pastoureau échecs vivant
Échiquier de Charlemagne – Reine, fin du XIe siècle

« En fait, par rapport à l’esprit même du jeu, le véritable sacrilège n’est pas de jouer aux échecs avec des pièces humaines, mais avec des pièces en plastique, n’ayant aucune âme et ne laissant passer aucun fluide. De ce point de vue, jouer contre l’ordinateur, c’est-à-dire avec l’électricité, vaut peut-être mieux que de pousser sur l’échiquier des pièces de bakélite ou de celluloïd, matériaux froids et morts. »

Michel Pastoureau, L’échiquier de Charlemagne

Michel Pastoureau, médiéviste, évoque ici l’importance pour les hommes du Moyen Âge du choix des matériaux qu’ils utilisaient. L’ivoire, par exemple, était riche de vertus provenant de l’animal qui l’avait fourni. Et même le bois, arrivé plus tardivement dans la confection des échiquiers et pièces, n’étaient pas choisi au hasard, mais en fonction des énergies positives et négatives attribuées à telle ou telle essence. « Le jeu d’échecs resta longtemps associé à l’idée et à l’utilisation de pièces vivant sur l’échiquier de leurs matériaux même, qu’il soit animal ou végétal. »