Satras

Witchampton Manor échecs
Les pièce de Witchampton Manor du Xe – XIe siècle, découvertes en 1927 par McGeagh

Ces pièces d’échecs du début ou milieu du XIe siècle en os de baleine furent découvertes durant des fouilles à Witchampton Manor dans le Dorset en Angleterre, certaines sur le sol d’un édifice rectangulaire médiéval avec d’autres objets du XII et XIIIe siècle, les autres à l’extérieur, mais à proximité de l’édifice.

De forme traditionnelle introduite en Europe par les Arabes, le cheval bicéphale est sans doute un alfinus, un fou plutôt qu’un cavalier. Les deux ergots supérieurs des éléphants orientaux stylisant les défenses de l’animal ne sont pas encore interprétés comme les pointes de mitre de l’évêque ou du bonnet du fou, mais, dans un début de figuration, comme des têtes d’animaux. Le dos est orné de saltiers ((motifs géométriques en X). Celle, avec une seul projection sommitale, est bien un cavalier. La plus petite pièce, au sommet en dôme et facettes verticales, est un pion assez semblable à ceux découverts dans l’Île de Lewis.

Cette dernière pièce, en piteux état, mais de grande valeur archéologique, est plus difficile à identifier. Elle fut délibérément noircie par une exposition à la chaleur et à la fumée pour la distinguer des pièce adverses. Sur ce fragment est gravé en lettres capitales ..TRAS. La première lettre étant sans doute un S, ce mot est très certainement « SATRAS », corruption du sankrit chaturanga que les Perses adaptèrent en chatrang et les Arabe en ash-shatranj, puis, arrivant aux portes de l’Europe, devint ajedrez en Espagne et xadrez au Portugal et qui se prononçaient aux premiers temps respectivement ashedrès et shadrès. Le style des lettres daterait cette pièce plutôt du Xe que du XIe siècle. Elle est sans doute une des plus anciennes pièces découverte en Angleterre et la preuve de l’introduction du jeu dans les îles anglo-saxonne au Xe siècle.