Camas Ùig

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Un roi de Lewis sur les dunes de Uig et la stèle commémorant la découverte des fameuses pièces. Sculpture de Stephen Hayward, 2006.

La plage de Uig, Camas Ùig en gaélique, est surtout connue comme le site où les 78 grandes pièces de Lewis, Tàileasg Ùig, furent mises au jour en 1830 après une tempête. Lieu magique pour ces magnifiques pièces. Le fermier qui les découvrit fut, dit la légende, effrayé de ces personnages superbement sculptés dans l’ivoire de morse, croyant découvrir elfes et gnomes, ces minuscules esprits malins du folklore celtique. Ces pièces sont maintenant exposé au Museum of Scotland d’Édimbourg et au British Museum de Londres.

La plage de Uig, région éloignée de Lewis, est située sur la côte atlantique accidentée de l’île, paysage vallonné et dramatique, combinaison de myriades d’îlots, de falaises sauvages et de sable doré immaculé. Ces figurines de 2 à 10 cm, découvertes sur cette île éloignée des Hébrides, comme les créatures magiques de la mythologie nordique, apparurent de nulle part. Personne ne sait exactement quand elles furent trouvées. Les érudits ne savent pas exactement qui les a sculptées vers le XIIe siècle.

Même l’histoire de leur découverte sur cette île balayée par le vent dans les années 1700 ou 1800 est enveloppée d’un mystère aussi épais que le brouillard qui recouvre souvent les montagnes et les landes de l’extrême nord-ouest de l’Écosse. Selon des récits contradictoires, les Lewis Chessmen furent trouvés sur une plage à la suite d’une tempête violente, enterrés à 4 mètres sous terre dans un conteneur en pierre ou à l’intérieur d’une salle voûtée d’un ancien couvent. On raconte même qu’une paisible vache, creusant le sable avec sa corne, les aurait amenés au jour.

Les pièces concervées au National Museums Scotland

Le trésor comprenait 78 pièces d’échecs, 14 disques utilisés pour un autre jeu de plateau et une boucle qui provenait peut-être du sac qui les contenait. Façonnées à partir d’ivoire de morse récolté au Groenland (à l’exception de quatre pièces sculptées à partir de dents de baleine), les figurines pourraient faire partie d’au moins cinq jeux ensablés après un naufrage ou enterrés par un marchand ambulant ou un résident de l’île. Cependant, leur présence sur l’île de Lewis indique la forte interconnexion entre les îles britanniques et la Scandinavie au cours de l’âge viking et au-delà. Probablement fabriquées à Trondheim, en Norvège, qui au XIIe siècle abritait des artisans hautement qualifiés, riches patrons, qui pouvaient se permettre l’achat de défenses de morse coûteuses et des sculptures semblables. En 2010, les Islandais Gudmundur Thorarinsson et Einar Einarsson ont fait la une des journaux en soulignant le rôle clé joué par les Islandais dans le commerce de l’ivoire. Nancy Marie Brown dans son livre Ivory Vikings pense, elle aussi, qu’il est tout à fait possible que ses pièces furent fabriquées en Islande, commandées par Pall Jonsson, un évêque de Skalholt, éduqué en Angleterre, et conçu par une femme nommée Marget l’Adroite, qui selon les sagas islandaises sculptait l’ivoire de morse « si habilement que personne en Islande n’avait vu un tel art auparavant. »

Aucune preuve archéologique prouve que les Vikings jouaient aux échecs, mais les sagas les décrivent cependant jouant à ce jeu. Quand les Scandinaves attaquaient l’Europe, les échecs y étaient déjà fermement implantés et ils ont certainement pu les apprendre et les ramener avec eux.

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