Un roi endormi

Roi en ivoire de morse, fabriqué au Danemark ou en Allemagne du Nord vers 1400

Curieusement, la forme des yeux donne l’impression que tous les personnages sont endormis. L’effet d’un maléfice, peut-être ? Ce type de pièces appartient à un groupe très particulier (rois, reines, fous et cavaliers) similaires de forme, de style et de taille (de 8 cm à 14 cm). Nonobstant les relations étroites les uns avec les autres, il n’y a pas suffisamment de preuves pour prouver que ces pièces appartenaient au même ensemble. Leurs lieux de découverte indiquent qu’ils étaient largement dispersés en Europe, bien qu’on les retrouve plus particulièrement en Allemagne.

Images : © Victoria and Albert Museum, London

En 1200, les échecs étaient un jeu populaire en Europe, ayant été apporté de l’Inde via le Moyen-Orient dans la période médiévale. Aux XIIIe et XIVe siècles, le jeu d’échecs s’est imposé comme le passe-temps courtois par excellence, comme en témoignent de nombreuses références dans les romans courtois, les illustrations de manuscrits et les œuvres d’art. Au début de la période gothique, les pièces principales avaient déjà pris forme humaine. La Tour ne semble cependant avoir pris la forme d’un bâtiment qu’au XVIe siècle, et elle est le plus souvent représentée comme une figure équestre semblable à un cavalier. Il est indéniable que presque aucun échiquier n’a survécu.

 Les ateliers les plus actifs étaient basés au nord, en Scandinavie, en Allemagne et en Angleterre. Le jeu d’échecs a dès son origine porté des associations chevaleresques et militaires. Ces qualités ont fait du jeu un passe-temps intellectuel approprié pour l’élite de l’Europe de la Renaissance. Les échiquiers de luxe et les pièces d’échecs finement sculptées devinrent courants dans les palais et comme aujourd’hui, la couleur était utilisée pour distinguer les pièces d’échecs adverses.

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