Le Joueur d’Échecs


Acteur, puis réalisateur des comédies de son père, Tristan Bernard, le cinéaste Raymond Bernard créa, en 1924, la société des Films historiques et connut un grand succès avec Le Miracle des loups d’après un roman mi-fiction, mi-chronique historique d’Henry Dupuy-Mazuel. En 1927, Raymond Bernard réalise le film muet à grande échelle Le Joueur d’Échecs d’après le roman du même auteur, paru en 1926. Le tournage durera presque un an et le coût total du film atteint 6 millions de francs. Wolfgang von Kempelen met au point un prodigieux automate joueur d’échecs battant avec régularité ses adversaires les plus titrés. Catherine II de Russie souhaite l’affronter, mais le mannequin mécanique cache en réalité un patriote polonais ennemi de l’empire. Pour venir en aide à un ami qui lutte contre la Russie, le baron le dissimule dans le corps de l’automate. Catherine II dispute une partie et perd. Par dépit, elle ordonne l’exécution de la machine. Le baron parvient à faire évader son ami, mais il devra prendre sa place et tombe sous le feu du peloton.

« On construit au studio de Joinville un décor gigantesque de 5 000 mètres carrés représentant la cour du Palais d’hiver de Saint-Petersbourg à l’époque de Catherine II, peut-on lire sur Dvdclassik . Puis les acteurs et les techniciens se rendent en Pologne pour filmer la charge de cavalerie avec la coopération de l’armée polonaise. Albert Préjean est à nouveau du voyage comme figurant et cascadeur. L’équipe de tournage et Pierre Blanchar partent pour Ostrolenka, un petit patelin éloigné de Varsovie. L’armée polonaise vient les recevoir à l’arrivée et leur organise une soirée bien arrosée à la vodka. Le lendemain, les cameramen sont placés en plein milieu de la charge. Préjean est inquiet avec raison. Lorsque la charge est lancée, le réalisateur et les cameramen sont renversés par les chevaux. Bujard a un bras cassé et Mundviller est évanoui. Il revient à lui, mais il est amnésique. Ils s’en sont tirés à bon compte. Raymond Bernard est ravi de voir les superbes gros plans obtenus, malgré le danger. »

Avec : Pierre Blanchar, Edith Jehanne, Charles Dullin, Marcelle Charles Dullin, Pierre Batcheff, Camille Bert, Albert Préjean

En 1938, Jean Dréville en réalisa une nouvelle version sonore avec Françoise Rosay, Conrad Veidt et Paul Cambo.