Tristes joueurs

Paul Vanier-Beaulieu échecs
Paul Vanier Beaulieu – Les Joueurs d’Échecs, 1956 huile sur toile 73 x 92 cm

Paul Vanier-Beaulieu (1910-1996) étudia l’art à Montréal et à Paris avant la Seconde Guerre mondiale. Le ferment politique, intellectuel et artistique contribua ensuite à façonner ses idées esthétiques, à l’instar des grands artistes de l’époque, dont Picasso, que Beaulieu a fréquemment visité dans son atelier, jusqu’à son internement en tant qu’ennemi par les Allemands. Après la libération en 44, Beaulieu continue d’être influencé par le mouvement moderniste. Il commence une série de personnages comme des acrobates et des travailleurs de cirque, peut-être influencé par les premières peintures d’arlequins de Picasso, jongleurs, joueurs de cartes, clowns et autres qui vivaient dans un environnement de cirque ou de music-hall.

Les Joueurs d’Échecs, pensifs, affichent une indifférence énigmatique au jeu dans lequel ils sont engagés. Peut-être, comme le suggère Germain Lefèbvre, rappelle-t-il ainsi la mélancolie de sa vie durant sa longue incarcération sous l’occupation. Sur le mur, une marionnette, qui, par une traction de la ficelle, pourrait danser. Les fenêtres sont bâchées, isolant les personnages dans la pièce ; aucune sortie n’est visible. Leurs chemises colorées contrastent avec leurs pieds nus et leur calvitie, référence encore une fois peut-être à la vie de Beaulieu interné. L’attention est attirée sur l’échiquier, et l’on a l’impression que la brillance et la stratégie du jeu peuvent surmonter les conditions les plus humbles et les plus pauvres, que nous pouvons utiliser le jeu, la pensée et l’imagination pour survivre, et même prospérer.

La même année, il peint Saltimbanque aux échecs avec encore les thèmes de la marionnette et du jeu.

Paul Vanier-Beaulieu échecs
Saltimbanque aux échecs, 1954 huile sur toile 101,60 x 73,66 cm

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