Le vampire vaincu par la croix

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XIXe siècle, en plein romantisme. Un écrivain, grand amateur d’échecs, tous les soirs allait à l’auberge voisine jouer sa partie. Pour dire la vérité, ce n’est pas que le jeu qui le motivait. Il y avait rencontré une fort jolie femme dont il était amoureux éperdu. Et il jouait avec cette étrange et pâle jeune fille aux cheveux noirs de chastes parties jusqu’à très tard dans la nuit. La belle inconnue jouait calmement, les yeux rougis apparemment par son intense concentration sur l’échiquier. Mais une nuit, elle parut nerveuse, ce qu’il, aveugle d’amour, remarqua à peine. Soudainement, portant sa main vers la fenêtre dans un accès de nervosité, elle érafla la vitre. Et frissonnant, le jeune homme vit apparaître deux crocs affilés aux commissures de ses jolies lèvres pulpeuses.

Je suis désolé pour toi mais je dois te mordre, dit-elle, j’ai faim et je n’ai pas dîné. Comment s’était-il laissé berner par un vampire ?
Que puis-je faire ? pensa-t-il, palissant d’effroi.
N’essaie pas de fuir, ajouta-t-elle, le voyant tourner son regard vers la porte. Dès que tu sortiras d’ici, je te rattraperai.

Essayant de gagner du temps, comme dernière volonté, il demande à la créature de le laisser vivre jusqu’à la fin de la partie. La goule accepte. Faisant traîner, l’écrivain tente de grappiller quelques minutes en vain. À son tour de jouer, elle le fait rapidement pour en finir au plus tôt. Peu lui importe le résultat. Le prix, pour elle, sera le sang de sa victime. Le vampire s’agace et, l’air malheureux, l’écrivain fait quelques coups rapides jusqu’à cette position :

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