Les Eschéz d’Amours

Eschéz Amours

Les Eschéz d’Amours constituent une vaste allégorie encyclopédique, l’une des plus longues de l’ère médiévale, dans la tradition du Roman de la Rose, traitant des questions d’amour, de politique, d’économie, de musique, de médecine, d’apprentissage courtois et de loisirs à l’époque de Charles Quint. Dans le prologue, le narrateur consacre son travail à ceux qui aiment « le jeu agréable et délicieux ».

A tous les amoureux gentilz,
Especialment aux soubtilz
Qui aiment le beau jeu nottable,
Le jeu plaisant et delitable,
Le jeu tres soubtil et tres gent
Des eschéz, sur tout aultre gent,
Vueil envoyer et leur presente
Ceste escripture cy presente,
Car il y trouveront comment
Je fuy au jeu, n’a pas granment,
D’une fierge en l’angle matéz
Par les trais-tant fuy pros hastéz
De celle qui, au voir retraire,
Si gracïeusement scet traire
Au jeu que je dy des eschés,
C’onques tant n’en sot Ulixes.

À tous les amants nobles,
Spécialement aux subtils
Qui aiment le beau jeu,
Le jeu agréable et délicieux,
Le jeu d’échecs très subtil et très noble,
Au-dessus de tous les autres,
Je souhaite leur envoyer et leur présenter ce texte,
Car ils trouveront comment
J’étais, il n’y a pas longtemps,
D’une Reine dans un angle maté
Par les coups — tant rapidement fut expédié
D’une femme qui, à vrai dire,
Si gracieusement sait jouer
Au jeu que j’ai mentionné, les échecs,
Que même Ulysse n’en sait autant.

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