Impatience

Staunton Williams échecs
Howard Staunton

Une anecdote : « Le champion du monde officieux Howard Staunton était invincible à l’époque, de sorte que sa défaite contre son compatriote et ancien élève Elijah Williams surpris beaucoup. Staunton abandonna le match quand il menait 6 à 2 ! L’explication de cette abdication : Williams connaissait son mauvais caractère et, pour agacer son adversaire, utilisa énormément de temps pour jouer chaque coup,  les pendules n’existant pas encore. Ce qui lui valut le surnom de Bristol la Paresse. Excédé, ne supportant plus la ruse de son malicieux rival, Howard Staunton quitte le match. À la décharge de Williams, d’autres sources contredisent sa malignité. En effet, très orgueilleux, il n’était pas rare que Staunton attribue ses défaites au jeu dilatoire et intolérable de ses adversaires. »

Comme souvent, ces anecdotes travestissent la réalité pour la rendre plus spectaculaire. Elle fait sans doute référence au London tournament de 1851 qui réunit seize des meilleurs joueurs européens, parmi lesquels : Adolf Anderssen, Pierre Charles Fournier de Saint-Amant, Lionel Kieseritzky et Alexander Petrov. Tournoi à élimination directe, Staunton fut éjecté de la troisième place par Williams (Williams 4½ – Staunton 3½). Il fut accusé par Staunton d’avoir pris en moyenne deux heures et demie par coup pendant certains matches, une stratégie, disait-il, pour amener ses adversaires à perdre leur concentration. Staunton, au cours d’une partie lui fit cette remarque :

Elijah, vous n’êtes pas seulement supposé rester assis là. Vous êtes censé vous asseoir là et penser !

Des plaisantins évoquèrent la manière de jouer d’Elijah comme la sitzkrieg*. Une limite de 20 minutes par coup fut adoptée l’année suivante. Le pauvre Williams mourut quelques années plus tard à l’âge de 44 ans, au cours de l’épidémie de choléra qui sévit à Londres en 1854.

* sitzen en allemand signifie s’asseoir.