Health & Chess

Jeux d’Échecs et Santé, « rencontre d’univers plus proches qu’on ne le pense, écrit-on dans Kaissa, cabinet de conseil santé. Les ponts entre ces mondes sont, en effet, nombreux. Parce qu’il demande concentration, mémoire, réflexion, stratégie, créativité, le jeu d’échecs participe au développement et au maintien des facultés cérébrales des joueurs. Il valorise l’intelligence d’enfants différents, parfois malades ou rencontrant de grandes difficultés à communiquer. Il rend combatif et persévérant dans l’adversité. Le jeu d’échecs cultive des qualités morales utiles dans l’épreuve de la maladie. Plus encore, il participe à une bonne plasticité cérébrale grâce à la démarche intellectuelle qu’il demande. Alors, peut-on en conclure que le jeu d’échecs constitue un outil thérapeutique ? »

Xavier Parmentier, ex-entraîneur de l’équipe de France espoir, âgé de 52 ans donnait encore des cours par Skype sur son lit d’hôpital, quelques jours avant sa mort, le 30 avril 2016. « Pendant que vous jouez, vous oubliez la maladie », expliqua le Dr Alexandre Alcaïs, chercheur en génétique humaine à l’université Paris Descartes, lors des premières rencontres Health & Chess en 2016, à l’Institut Imagine, à Paris. « Cela vous oblige à vous projeter dans l’avenir de façon concrète, en vous fixant des objectifs et en mettant en œuvre des stratégies pour les atteindre. C’est utile quand on lutte contre la maladie ».

Au cours du jeu, ajoute le Professeur de radiologie Francis Brunelle « le réseau cérébral est focalisé sur une tâche précise. » « Quand je joue, je ne vois que l’échiquier », affirmait Garry Kasparov. Toutes sortes de processus cérébraux sont activées : perception visuo-spatiale, mémoire de travail, prise de décision. À un moment donné, quelle que soit la force du joueur, vous entrez dans l’inconnu. « C’est justement l’activation des réseaux cognitifs qui permet leur survie, assure le Pr Brunelle. Les échecs pourraient probablement devenir un outil de rééducation après un accident vasculaire cérébral au même titre que la musicothérapie. » Pas de malade Alzheimer parmi les grands-maîtres ! Mais toutefois, les études scientifiques manquent encore pour confirmer cette intuition. Étonnant pour un jeu dont les bases sont vieilles de plusieurs milliers d’années.