Un jeu d’échecs rare

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Jeu d’échecs samanide découvert à Nishapur (Iran) Xe siècle, la plus grande pièce : 3,5 cm et la plus petite : 1,7 cm.

Il est exceptionnel de trouver un jeu d’échecs presque complet de cette première période, comme le souligne le Dr. Thomas Thomsen, président de Chess Collectors International : « Durant mes quarante années d’expérience, je ne suis au courant d’aucun autre jeu complet de cette période ». Composé de seize pièces en ivoire : les Rois et les Reines représentés par des figurines « animales » stylisées, les chevaliers et les tours sont également de forme stylisée, alors que la loi coranique interdit habituellement les représentations d’êtres vivants ; les pions, de forme abstraite, avec des têtes sphériques, sont très proches de nos pions actuels.

Les origines du jeu d’échecs sont identifiées étymologiquement au sous-continent indien, bien qu’aucune pièce d’échecs n’ait encore été découverte dans le sous-continent, d’où le chaturanga sanskrit aurait été plus tard adapté en persan, devenant le shatranj. Les échecs sont mentionnés dans les écrits de l’époque, notamment par le poète persan Abū-l-Qāsim Manṣūr ibn Ḥasan al-Ṭūṣī, nommé également Firdausi (934-1020) qui décrit le jeu comme venant de l’Inde. Le poète Omar Khayyam (1048-1131) compare lyriquement le jeu d’échecs au destin :

Tout est un échiquier de nuits et de jours
Où le destin joue des hommes comme des pièces
Les poussant çà et là, puis vient le mat et la mort
Et, un par un, ils finiront dans la boîte.

Rapidement devenus le jeu d’intérieur le plus populaire sous la dynastie abbasside, les échecs se répandent vers le Levant, en Afrique du Nord et dans l’Empire Byzantin via les conquêtes islamiques. Aux XIe et XIIe siècles, les échecs n’étaient joués que dans les cercles nobles et royaux, et les pièces et échiquiers étaient fabriqués dans des matériaux précieux tels que l’ivoire et le cristal de roche. Sa valeur est estimée à 30 000 €.