Échecs policier

Échecs policier

Lors de la 12e ronde du Championnat d’URSS, en 1957, Mikhail Tal ajourne sa partie contre Boleslavsky dans une position très difficile. Le jeune Tal, de vingt printemps, a un rancard avec une fille. Alors que ses collègues reconstituent leurs forces par un sommeil réparateur, Tal déambule dans les rues moscovites au bras de sa conquête. En face de la gare Bielorussky, tout à leur marivaudage, les amoureux traversent hors des clous et, sans ménagement, sont embarqués au poste. Le jeune lieutenant de service leur jette un regard noir, fâché d’interrompre sa tâche, puis revient à son travail : devant lui, un échiquier. Tal y jette un coup d’œil et ne réussit pas à réprimer un sourire. Le policier analyse sa partie ajournée contre Boleslavsky. De toute évidence, elle avait été dicté dans le bulletin sportif du soir à la radio. Tal n’y tenant plus, commente le coup effectué sur l’échiquier. Sans répondre, le lieutenant soupirant repousse le jeu loin de lui et, d’une voix ennuyée, demande :
Nom ?
Tal
Quoi ? Un autre ?
Vous allez rigoler, je sais ! rétorque Misha. Je ne suis pas un autre, mais Tal en personne !
Une minute plus tard, penchés sur l’échiquier, ils analysent avec passion jusqu’au petit matin. Mais, malgré l’aide de la police, la partie fut tout de même perdue lors de la reprise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *