Le castrum d’Andone

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Tour et deux pions du Castrum d’Andone

« Moi, Guillaume, comte, il m’est venu à l’idée d’édifier un château appelé Montignac, à la place du château d’Andone. » C’est ainsi qu’en 1020, le vieux comte Guillaume IV d’Angoulême abandonne le castrum construit par son père Arnaud Manzer, soixante an plus tôt. Le site ne fut jamais réoccupé.

échecs andonneCette résidence médiévale est établie dans la seconde moitié du Xe siècle, dans les années 970-980, par les comtes d’Angoulême de la dynastie des Taillefer, aristocrates apparentés aux Carolingiens. Le très riche mobilier associé à ces structures (plus de 100 000 pièces) permet de saisir la vie quotidienne d’un groupe aristocratique, essentiellement des cavaliers.

Le bâtiment résidentiel et ses abords immédiats ont livré quelques pièces d’échecs, confectionnées dans des bois de cerf, parmi les plus anciennes découvertes en Occident. La tour est de modèle islamique, échancrée en V, afin de dégager deux pointes latérales habituelles et moins courant, un petit ergot central. De profondes cannelures verticales creusent ses faces. Deux pions furent également découverts, grossièrement taillés dans des segments d’andouillers. La dernière pièce, pyramide à quatre pans, est plus atypique et n’appartient peut-être pas à un jeu d’échecs. « Comme d’autres objets en matières osseuses (pièces d’arbalètes, placages de coffrets), ces jeux semblent avoir été en partie confectionnés dans l’enceinte de la résidence¹ ».

¹ Luc Bourgeois : Introduction et mutations du jeu d’échecs en Occident (Xe -XIIIe siècles) dans Échecs et trictrac, catalogue de l’exposition présentée du 23 juin au 18 novembre 2012 au musée du château de Mayenne.

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