Échecs à Napoléon

« Les échecs, c’est trop difficile pour n’être qu’un jeu, et pas assez sérieux pour être une science ou un art » aurait dit Napoléon Bonaparte. Lorsque le 14 septembre 1812, son armée atteint la capitale russe, Moscou est déserte, sans vivres et brûlée par les Russes eux-mêmes. Dans une ville en ruines, sans obtenir la reddition du Tsar de Russie, Napoléon se rend compte que rester là, c’est mourir de faim et de froid. La retraite de Russie commence. Les soldats français, affamés et mal équipés, auront à parcourir des centaines de miles, harcelés par l’armée russe, qui profitera de l’avantage de la connaissance du terrain pour humilier Napoléon.

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La Campagne de Russie, 1812

À la rivière Bérésina, c’est un désastre total. Les Russes ont miné le pont avec de la poudre à canon, et le font exploser quand les Français traversent. Les cosaques attaquent de tous côtés. C’est une boucherie ! Si les Russes avaient voulu, ils pouvaient détruire complètement l’armée d’invasion et capturer Napoléon lui-même, mais ils le laissèrent se retirer, vaincu pour la première fois de sa glorieuse carrière militaire. Sur plus de 600 000 hommes qui pénétrèrent sur le territoire russe, seulement 58 000 revinrent.

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Bernard Edouard Swebach – Retraite de Russie

Alexander Dmitrievich Petrov (1794-1867) avait 18 ans quand Napoléon envahit le pays. Joueur d’échecs et compositeur d’études et de problèmes, il fut le premier grand maître d’échecs russe. Il analysa avec Carl Jaenisch, la défense 1. e4 e5 2. Nf3 Nf6 encore jouée aujourd’hui. Sa plus célèbre étude, La Retraite de Napoléon Bonaparte de Moscou, est une métaphore échiquéenne, racontant comment la cavalerie cosaque du maréchal Koutouzov bouta Napoléon hors du sol russe.

       

Position initiale de l’étude : en rouge Moscou, en vert Paris et la Bérézina en jaune.

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