The King of Kirkstall Abbey

Kirkstall Abbey
Le roi de Kirkstall Abbey (1140-60)

Cette pièce en ivoire de morse, d’origine anglaise, fut publiée pour la première fois en 1849, quand elle était en possession de John Dixon de Leeds. Probablement un roi ou une reine. Un couple monté sur une chèvre est une parodie du progrès royal ou un avertissement contre le danger de la luxure. Elle fut découverte vingt années plus tôt, en 1829, dans les ruines de l’abbaye de Kirkstall, dans le Yorkshire. En ce milieu du XIIe siècle, elle appartenait sans doute à d’un trésor ecclésiastique.

La notion de « trésor » est une notion clef du pouvoir féodal, écrit Michel Pastoureau. C’est l’ensemble des biens précieux que doit posséder un souverain, un grand seigneur, un prélat, « partie intégrante de la liturgie du pouvoir », mise en scène de leur puissance. C’est une sorte de « musée imaginaire », bric-à-brac hétéroclite : reliques, pièces de monnaie d’orient, vaisselles, bijoux, les armes bien sûr dans ce monde guerrier, livres, instruments scientifiques, de musique et des jeux. La présence de pièces d’échecs dans le trésor d’une abbaye n’est donc pas chose rare au Moyen Âge. D’essence diabolique, les échecs sont condamnés par l’Église. Mais ce jeu la fascine et les pièces en sont thésaurisées et, parfois même,  vouée à un culte voisin de celui des saintes reliques.

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