Les pièces d’échecs de Fréteval

pièces échecs Fréteval
Le donjon photographié en 1889 par Séraphin-Médéric Mieusement.

La forteresse de Fréteval, construite au XIe siècle, de son éperon rocheux, domine la rive gauche de la vallée du Loir. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour, dans la haute-cour, quelques objets liés à l’agrément (flûte) et au jeu (dés, pièces d’échecs, pions de trictrac ou de mérelles). Dans la haute-cour se tenaient soldats et artisans, preuve sans doute d’une démocratisation du jeu d’Échecs, plus seulement limité à quelques cercles aristocratiques. Les archéologues constatent que dès la fin du Xe siècle, les échecs sont utilisés de façon courante pour exemple sur les mottes de Pineuilh en Gironde et sur celle de Loisy.

pièces échecs Fréteval
Deux pions et une Tour en bois de cerf, XI – XIIIe siècles

Les pions, plus rudimentaires, en pain de sucre, aux facettes irrégulières, sont taillés dans des pointes d’andouillers de cerf et ne présentent pas d’ornementation. De petite taille (17 mm de haut), mais élégante, la tour de Fréteval est originale de par ses deux pointes sommitales travaillées. L’échancrure classique en V est prolongée par deux traits de scie au-delà du fond de l’échancrure. Les deux pointes deviennent des têtes avec yeux et bouche stylisés. Des cannelures dessinent une chevelure attestent du glissement vers un style plus figuratif.

La Machine à remonter le Elo

Un chercheur vient de mettre au point une machine qui rend plus fort aux Échecs. Il songe à tester sa machine sur un être humain et propose à un copain de lui servir de cobaye.  Il va le rejoindre à son bar habituel où il le voit brailler avec ses potes, et ça discute foot, ça lit « l’Équipe » avec le coude scotché au zinc, le journal trempe à moitié dans la flotte, l’ambiance est chaleureuse et chargée d’un mélange de café, de cigarette et d’alcool.

Le scientifique l’accoste et lui dit :
—  Eh Maurice, j’aurais besoin d’un coup de main.
Oh putaiiiin ! Charles ! Wa con ça fait si longtemps que je t’ai pas vu ! T’as un problème ? Moi, tu sais, quand tu veux, je t’aide hé !
Non, je vais bien, c’est juste pour une expérience. Vois-tu, je viens de mettre au point une machine qui augmente le ELO. Bon, le Elo c’est une grandeur qui évalue le niveau de compréhension des Échecs d’un individu, et j’aimerais te faire profiter de ma création.

Maurice accepte et quitte tous ses potes pour se diriger vers le laboratoire du chercheur. Le chercheur fait rentrer Maurice dans un caisson d’où sortent des nappes de fils, des machines de partout et il commence à mettre la machine en marche.

Le chercheur pousse la manette et a les yeux rivés sur le compteur gradué de 1000 à 3000. 1000… 1050… 1200… 1500… Il interrompt la machine, ouvre le hublot et fait :

Maurice, ça va ?
Oui, je vais bien, je me sens un peu mieux en fait.
Bon alors, je continue, okay ?
Vas-y, procède à ton expérience, je me sens progresser.

1600… 1800… 2000… 2200…

Tu tiens le coup Maurice ? »
Hmmm… Mes idées s’éclaircissent. Je ne ressens aucun trouble.

2300… 2400… 2600… 2800… 3000… Là, le chercheur ouvre la porte et fait sortir son ami.

Maurice, comment te sens-tu ? 
Le bonhomme ressort et semble un peu plus agité :
Bien ! Mais excuse-moi, je pense avoir perdu bien trop de temps, j’ai des milliers de choses à accomplir, je dois corriger les analyses d’Alekhine et Fischer, réfuter la Française, revoir les écrits de Hubner, car je subodore une forte corrélation… 

Pendant plusieurs jours, Maurice disparaît. Après une semaine de travail acharné, il décide de retourner voir ses copains du bar. Mais il se sent bizarre. Il ne retrouve plus la même convivialité, il trouve que la compagnie de ses potes est moins drôle. Dépité, il retourne chez son ami scientifique et se plaint :
Charles, je suis heureux de te trouver dans ton labo. Vois-tu, depuis ton expérience, que je dois avouer fort fructueuse, je n’ai plus cette même joie de vivre, tout me paraît fade à côté des variantes ; aussi, je souhaiterai perdre un peu de mes capacités échiquéennes.
Écoute, ça tombe bien, je viens de terminer un module de ma machine qui permet une rétroaction du mécanisme cognitif. Monte donc dans la cabine.

Le chercheur abaisse la manette et l’aiguille descend progressivement : 2800… 2600… 2400… 2200… 2000… Le chercheur tente alors d’interrompre le processus, mais l’aiguille chute toujours et de plus en plus vite ! 1800… 1600… 1400… 1200… 1000… 600… Et puis s’arrête.

Charles ouvre avec appréhension la porte, et regarde fébrilement son ami sortir de la cabine.  Maurice va au milieu de la pièce, il met une cravate, bombe le torse et crie très fort :
Les Noirs appuient sur la pendule !