L’Échiquier médiéval

Haft Awrang
Jeune Persan jouant aux Échecs avec deux prétendants. Illustration tirée de Haft Awrang  de Djami

À l’origine, l’échiquier oriental était composé d’un carré de huit cases sur huit. Ce chiffre, sacré pour les Hindous, intervient dans la construction de l’univers : la somme des carrés des soixante-quatre cases explique la marche du temps et des siècles. Cette symbolique échappait aux Occidentaux (les bizarres Byzantins utilisèrent même quelque temps un échiquier circulaire), mais ils conservèrent cependant ce champ de bataille aux soixante-quatre cases, formant un carré moyen de 40 sur 40 cm.

Au cours de ses tribulations, l’échiquier put s’agrandir de quatre cases pour offrir aux combattants un plus vaste champ de manœuvre, ou au contraire se réduire à six cases sur six, voire sept sur sept, ou encore formera un rectangle de six cases sur huit.

Les Orientaux (Indiens, Perses et Arabes) jouaient sur une table unie, parfois sur une simple grille tracée sur le sol. Pour mieux se repérer ou peut-être, par seuls soucis esthétiques, le damier apparaît tardivement en occident. Mais dès le XIIIe, il prendra une dimension symbolique dans ce religieux Moyen-âge : « Le monde ressemble à un échiquier dont les cases sont alternativement blanches et noires, pour figurer les deux états de la vie et de la mort, de la grâce et du péché » peut-on lire dans Innocente Moralité, attribué à Innocent III, pape de 1198 à 1216.

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