L’esprit de Bobby Fischer

Beaucoup de joueurs ont espéré comprendre comment opérait l’esprit de Bobby pour l’appliquer dans leur propre approche du jeu. Cependant dans ses interviews et ses livres, Fischer ne révèle rien de plus inhabituel dans sa pensée que sa tendance à être terre-à-terre au point de manquer totalement de tact et sa précision paranoïaque à propos de ses erreurs.

Certains professeurs de Bobby ont évoqué le niveau très élevé de son QI (180) testé durant ses années lycée au Erasmus Hall de Brooklyn. D’autres professeurs l’ont revu largement à la baisse. Ce chiffre est sans doute irréaliste. Le manque apparent de réalisations intellectuelles de Fischer, en contraste avec les champions du passé, semble allez à l’encontre un QI élevé incroyable. Il est même considéré par beaucoup comme une sorte d’idiot savant.

intelligence bobby fischer

En 1963, Fischer remporte le New York State Open Championship à Poughkeepsie. « Au cours de la dernière ronde, j’ai joué, écrit Frank Brady, une finale compliquée contre Frank S. Meyer, qui devint plus tard le rédacteur en chef du National Review. Fischer, sur le chemin des toilettes, s’arrête brièvement à ma table — pour peut-être cinq secondes — puis s’en va. Quelques mois plus tard, il me rend visite à mon bureau, alors situé au Marshall Chess Club.

Au fait, comment ta partie s’est terminée ? me demande-t-il.
J’ai gagné, mais avec difficulté !
As-tu joué b5 ?

Je ne pouvais pas me rappeler ce que j’avais joué. Il a immédiatement mis en place la position exacte pour m’aider à me souvenir et ensuite m’a montré la variante que j’aurais dû jouer pour obtenir la victoire de façon beaucoup plus économique. Non seulement, il se souvenait de la position, mais aussi de l’analyse rapide qu’il avait effectuée au pied levé quelques mois plus tôt. »

Ces anecdotes montrent à quel point Fischer pouvait voir vite et loin. Les Maîtres qui ont pu blitzer avec lui affirment qu’à l’analyse Bobby, en une ou deux secondes, pouvait voir trois ou quatre coups en avance dans n’importe quelle situation. S’il étudiait la position quelques secondes de plus, il pouvait voir cinq ou six coups à l’avance. De temps en temps, pour s’amuser contre de forts joueurs, il mettait une minute à sa pendule contre dix pour ses adversaires et il gagnait invariablement avec du temps de reste.

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Plus remarquable encore est le fait que Fischer se souvenait de ses blitz. À l’issue d’un championnat du monde de blitz à Hercegnovi (Yougoslavie) en 1970, Fischer jouait de mémoire et à toute allure, ses vingt-deux parties (plus de 1000 coups) ! Et juste avant son match historique avec Taimanov, à Vancouver, en Colombie-Britannique, Fischer rencontrant le joueur russe Vasiukov, lui montra une partie de blitz qu’ils avaient joué à Moscou quinze ans auparavant.

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