La grande famille des Jadoubovic

Je vous présente aujourd’hui, le petit frère Garry Jadoubovic surnommé Garry Kasparov.

kasparov

À Linares en 1994, Judith Polgar, 17 ans, participe pour la première fois à ce prestigieux tournoi pour y affronter les joueurs les plus forts du monde. Après quatre rondes, elle obtient déjà 4 points, excellent résultat puisqu’elle a un des plus faibles elos du tournoi, tout de même 2630 ! À la cinquième ronde, elle rencontre Garry Jadoubovic avec les Blancs.

Au 36e coup, Kasparov lâche son N sur c5, mais s’apercevant aussitôt que 37.Bc6 gagne la Tour, il reprend son Cavalier, le redépose en d7, puis quelques secondes plus tard le jouera en f8 ! À l’exception de Judith, personne ne fut témoin de la tricherie. Judith étonnée cherche des yeux l’arbitre, mais n’ose, de ses petits dix-sept ans, se plaindre. « Je jouais contre le champion du monde, expliqua-t-elle plus tard, et je ne voulais pas causer des désagréments lors de ma première invitation à un événement aussi important. J’avais aussi peur que si ma plainte était rejetée, je sois pénalisée à la pendule alors que nous étions déjà en Zeitnot. »

Elle ne savait pas, alors, que l’indélicatesse de Garry Jadoubovic avait été immortalisée par la télévision espagnole. La vidéo montra que Garry avait lâché son Cavalier pendant un quart de seconde ! Le directeur du tournoi fut critiqué pour ne pas avoir donné le gain à la jeune Judith, quand la preuve lui fut montrée. Judith, plus tard, au bar de l’hôtel, aurait demandé à Kasparov : « Comment as-tu pu me faire ça ? ». Kasparov déclara aux journalistes que sa conscience était claire, n’ayant pas eu conscience de lâcher sa pièce. Judith quelque peu déprimée par cette attitude ne put gagner qu’un demi-point durant les six rondes suivantes.

James Eade commenta : « Si même les champions du monde enfreignent les règles, que peut-on espérer du reste d’entre nous ? » Et bien, justement, ne pas jouer comme des champions du monde : jouer mal, mais honnêtement !