Des Échecs et du rugby

échecs rugby
Ballon Damier, huile sur toile 50 x 50 cm par Aline.

Ce « sport de voyous pratiqué par des gentlemen, écrit Pierre Ballester évoquant le rugby, l’aristocratie britannique s’envoyait insultes et bourre-pifs sur un terrain de boue en toute légalité arbitrale. Oui, un sport iconoclaste, et même anachronique, qui ne répond à rien de convenu et de convenable, des interdits refoulés, mais qui peuvent se libérer : un ballon pointu aux rebonds injustes, qui doit passer par l’arrière pour aller de l’avant, qui se nourrit en chemin de chairs tuméfiées et d’os qui craquent avant d’étancher ses soifs dans une beuverie entre vainqueurs et perdants ; un jeu d’opposition qui allie force animale et esprit génial, tactile suintant et subtil cérébral. Un échiquier vert en quatre pans de gradins bariolés, un mélange de jeu d’échecs et de guerre de tranchées, sur lequel le cheval peut se faire cravater, la reine se faire trousser et le roi blackbouler en toute impunité¹ ».

On imagine rarement, en voyant 30 mastards crapahuter dans la boue, un lien entre le Noble Jeu d’Échecs et le Rugby. Et si on avait tort ? Michael Hooper, la star des Wallabies explique : « Si on devait comparer les joueurs de rugby aux pièces d’un échiquier, je dirais que les avants sont les pions, ce sont ceux qui font le boulot que personne d’autre ne veut faire. Les arrières seraient les pièces les plus importantes. Le demi d’ouverture serait la reine, le demi de mêlée serait le roi et les ailiers seraient la tour. Mais, si les pions ne gagnent pas de l’espace, il est impossible de vaincre ».

¹ Pierre Ballester, Rugby à charges. Editions de la Martinière, 2015

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