Le style Régence

pièces échecs style regence

Il fut longtemps le standard international avant d’être supplanté par le modèle « Staunton » qui devint le standard de la FIDE dans les années trente. Créer au XVIIIe, peut-être par le grand ébéniste Charles Cressent (1685-1768), associé à l’époque de la Régence (1715-1723), il est le plus français de tous les jeux d’Échecs. Encore produit aujourd’hui, particulièrement en Espagne, il n’est habituellement ni feutré, ni plombé.

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Les pièces, aux proportions harmonieuses, sont élégantes et élancées, le roi deux fois plus haut que le pion, de diamètre restreint par souci d’économie du bois précieux, souvent le fruitier, et pour limiter la taille des échiquiers afin de ne pas encombrer les tables des cafés où se jouaient notre jeu à cette époque. Les caractéristiques : la base du Roi et de la reine est évasée, alors que celle du Cavalier et du fou est sphérique ; la Reine, le Fou et le Pion se terminent de la même façon, une collerette surmontée d’une petite sphère ; la seule pièce sculptée serra le Cavalier, une tête de cheval sur sa base sphérique.

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« Ce qui frappe d’abord, écrit-t-on dans CCI France, c’est la stabilité du style qui évoluera très peu en 200 ans. Par exemple, le Roi et la Reine ne changent pratiquement pas. Il faut regarder les pions qui auront une évolution plus notable pour pouvoir situer un jeu. Ils passeront d’une partie haute pratiquement sans collerette jusqu’à une collerette de la taille de la base qui progressivement se courbera. La partie arrondie du sommet pour sa part ne cessera de prendre de l’importance. Autre pièce facilitant la situation dans le temps, la tour. C’est la pièce qui a subi les plus grandes évolutions. Dans les versions les plus anciennes du style, la tour reprend une base similaire à celle du Roi et de la Reine surmontée d’une tour de forme tronconique. Par la suite, la base évoluera vers une base sur pied surmonté d’un anneau arrondi. Enfin, dans les versions les plus récentes, la tour n’a plus de pied, mais repose directement sur sa base et prend une forme tronconique presque cylindrique. Enfin, les cavaliers verront la représentation stylisée de la tête du cheval des premières périodes se transformer progressivement vers des représentations plus réalistes et précises ».