La superstition : une lutte contre le déséquilibre social

Un autre grand superstitieux fut le légendaire Alekine et sa passion bien connue pour les chats. Le plus fameux était Chess un siamois, un champion également, qui comme son maître avait gagné de nombreux prix de beauté et qui parfois, avec le parfait accord de son maître, s’approchait de l’échiquier pour flairer les pièces. Existe-t-il d’autres animaux qui éveillent autant de superstitions que le chat ? Durant le match de revanche pour le Championnat du Monde contre le hollandais Max Euwe, sachant que son adversaire les détestait, Alekhine joua une des parties avec un de ses chats sur les genoux, qu’il caressait ostensiblement de temps en temps. Alekhine savait qu’il n’existait aucune règle à ce sujet et que Euwe ne pouvait déposer aucune plainte. On demanda à Max Euwe s’il n’était pas dérangé par tous ces chats vagabondant autour de lui : « Ils ne font pas trop de sottises », se contenta-t-il de répondre.

déséquilibre social
Max Euwe, en présence d’Alekhine et de sa femme, caressant Chess.

Jan Timman décrit Euwe comme le joueur le moins sensible à ce genre de superstitions. « Une fois la décision prise de devenir professionnel, dit-il, vous perdez complètement un équilibre social et vous vous retrouvez agressé en permanence par des facteurs aléatoires influençant votre si nécessaire bonne forme échiquéenne. Le plus souvent, ces facteurs sont liés à la superstition ou semblent en être l’expression directe. Euwe, cependant, était l’un des rares joueurs de haut niveau qui est resté un amateur tout au long de sa vie, et c’est peut-être pourquoi il ne se laissa jamais affecter par ces choses. »

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